Bienvenue sur le site du monastère des dominicaines de Lourdes!

 

Juillet

17 juillet


 

 

Prier le Rosaire avec la bienheureuse Agnès de Langeac
(dominicaine)

Mystères douloureux

Agnès Galand, en religion Agnès de Jésus dite Agnès de Langeac (1602-1634), était une moniale dominicaine réputée pour sa charité et ses vertus.

L’Agonie

Prenant avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, Jésus commença à s’attrister et à ressentir de l’angoisse (Mt 26,37).

C'est au Jardin des Oliviers que Jésus a le plus enduré, lorsque la vue de mes crimes lui tira le sang des veines. Aux autres stations, ce précieux sang sortait par la violence des fouets, des épines ou des clous. Mais dans cette sanglante agonie, ce fut la vue de mes péchés qui produisit cet effet.

Que ta miséricorde perce notre cœur Seigneur pour que nous prenions conscience de notre péché.

 

La Flagellation

Pilate prit Jésus et il le fit fouetter (Jn 19,1).

Elle vit Notre Seigneur dépouillé, puis attaché à la colonne, avec une douceur aussi grande de sa part, encore plus grande même, s'il se peut, que n'était la rage des tigres, à figure d'homme, qui le frappaient.

Nous te prions, Seigneur, pour tous ceux qui sont condamnés à mort, pour ceux qui sont torturés. Que ta grâce les rejoigne.

 

Le Couronnement d’épines

Les soldats tressant une couronne avec des épines, la placèrent sur la tête de Jésus (Jn 19,2).

Considérant son divin Epoux, soumis dans sa passion, à des douleurs si excessives pour l'amour d'elle, elle entrait en des sentiments inconcevables d'admiration, d'amour et de compassion, qui étaient toujours accompagnés d'un torrent de larmes.

Prions pour que le Seigneur accorde la paix aux régions du monde les plus atteintes par la guerre et la violence.

 

Le Portement de croix

Portant lui-même la croix, Jésus sortit vers le lieu dit du Crâne (Jn 19,17).

Une fois, ayant pris pour sujet d'oraison le Fils de Dieu portant sa croix, elle vit une grande salle toute en feu, et le Sauveur qui sortait de ce feu avec sa croix sur l'épaule et qui, passant par une petite porte fort étroite, appelait Agnès à sa suite.

Prions pour tous ceux dont la dignité est blessée par le chômage.

 

Le crucifiement et la mort de Jésus

Lorsqu'ils vinrent au lieu appelé Calvaire, ils le crucifièrent là (Lc 23,33).

Agnès choisissait surtout la passion de Notre Seigneur comme matière de son oraison. C'est dans les plaies de son Sauveur qu'elle s'est arrêtée, qu'elle s'est perdue; c'est là qu'elle a puisé tant de belles vertus et qu'elle a mérité d'endurer tant de peines et de douleurs.

Que l'amour du Seigneur qui a souffert tant de souffrance pour nous, grandisse dans notre cœur.

14 juillet

15ème dimanche du Temps ordinaire

« Qui est mon prochain ? »
Lc 10, 25-37


Que faire pour vivre? (Lc 10, 25-29)

25 Et voici: un légiste se dressa, le mettant à l'épreuve il dit: Maître, ayant fait quoi, hériterai-je la vie éternelle? 26 Or celui-ci lui dit: Qu'y a-t-il d'écrit dans la Loi? Que lis-tu? 27 Or ayant répondu, il dit: Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme et de toute ta force et de toute ta pensée, et le prochain comme toi-même. 28 Or il lui dit: Tu as répondu de façon droite; fais cela et tu vivras. 29 Or voulant se justifier lui-même, il dit à Jésus: Et qui est mon prochain?

Un scribe, un expert dans la connaissance de la Loi et de ses applications, se lève; il était donc assis, probablement dans une synagogue. Il s'adresse à Jésus en l'appelant: «Maître», ce qui marque la déférence et la reconnaissance de sa compétence en matière d'Ecriture. Il cherche à mettre Jésus à l'épreuve, comme le diable l'avait fait au désert (4, 12) après que le Père l'ait révélé comme son Fils: comment allait-il vivre la mission confiée par son Père? Maintenant, lui-même s'est révélé comme le Fils du Père qui conduit ses envoyés au Père; comment vit-il cette mission? Aussi, pour le mettre à l'épreuve, pour vérifier l'authenticité de sa parole, le scribe lui pose une question qui porte sur l'enjeu essentiel de l'existence: la vie éternelle. L'homme se demande ce qu'il faut faire pour la recevoir en héritage. La certitude qu'une vie éternelle nous est donnée se trouve déjà dans le livre de Daniel: «Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s'éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelle» (Dn 12, 2). Les prêtres et les lévites avaient bien un héritage ici-bas (Nb 18, 20; Ps 15, 5-6), mais ce scribe aspire à avoir en héritage la vie de Dieu pour l'éternité, il aspire à la récompense qui sera celle des justes; il désire donc grandir dans la justice. Cette vie de Dieu, Jésus vient de dire qu'elle est partage de l'intimité qui existe entre lui et le Père.
La question sur le faire — qui dénote un fidèle observateur de la Loi — est une question pratique qui peut, pense-t-il, mettre Jésus dans l'embarras. Jésus répond en se mettant sur le plan de son interlocuteur; il ne se met pas au-dessus de la Loi: il renvoie le scribe à la Loi en lui demandant de répondre lui-même à sa question. Comme scribe, il était capable de discerner le précepte à choisir parmi les six cent treize commandements. Effectivement, il cite un verset du Shema Israël (Dt 6, 4-6): «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et de toute ta pensée» (Dt 6, 5). Cette réponse était en partie induite par la question posée par Jésus. Qu'y a-t-il d'écrit? que lis-tu? sont les formules consacrées pour introduire un verset de l'Ecriture. Ce qui est étonnant par contre, c'est d'avoir ajouté au Shema Israël un verset du Lévitique sur le commandement de l'amour du prochain (Lv 19, 16), complété par «comme toi-même», ce qui renvoie à l'amour de l'étranger vivant au milieu du peuple juif (Lv 19, 34); il doit être aimé comme ceux qui vivent en Alliance avec Dieu.
Jésus approuve la réponse, déjouant ainsi le piège. Il ajoute que c'est bien la réponse à ce qui a mis en route la discussion: que faire? Le scribe n'a qu'à faire cela pour vivre. Jésus s'inspire ici de Lv 18, 5: «Vous observerez mes décrets et mes ordonnances; l’homme qui les mettra en pratique y trouvera la vie. Je suis le Seigneur».
Mais le scribe est embarrassé d'avoir permis à Jésus d'avoir le dernier mot. Il veut donc montrer la pertinence de ce qu'il a demandé en ciblant le point sur lequel Jésus et lui n'ont probablement pas la même vision des choses: «Qui est mon prochain?», qui peut être aimé à l'égal d'un coreligionnaire? Jésus lui explique alors sa pensée à l'aide d'une parabole où il met en scène non un simple étranger, mais un samaritain c'est-à-dire un frère ennemi.


Le miséricordieux voit et s'approche (Lc 10, 30-37)

30 Reprenant, Jésus dit: Un humain descendit de Jérusalem à Jéricho, et il tomba entre les mains de brigands, et ceux-ci l'ayant dépouillé et chargé de coups, s'éloignèrent [le] laissant à demi-mort. 31 Or par hasard un prêtre descendait par ce chemin et, l'ayant vu, il passa outre, 32 et de même un lévite, étant venu au même endroit et ayant vu, passa outre. 33 Or un samaritain, faisant route près de lui et ayant vu, fut ému aux entrailles, 34 et s'étant approché, pensa ses plaies versant huile et vin; or [l']ayant placé sur sa propre monture il le mena vers une hôtellerie et prit soin de lui. 35 Et le lendemain, ayant tiré deux deniers, il les donna à l'hôtelier et dit: Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, moi, lors de mon retour, je te [le] rendrai.

36 Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui est tombé entre les mains des brigands? 37 Celui-ci dit: Celui [qui] a fait la miséricorde avec lui. Jésus lui dit: Fais route et toi fais de même.

Jésus met en scène dans sa parabole un homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho, donc très certainement un Juif. Il voyage dans le désert de Judée infesté de brigands, à l'affût pour piller ceux qui empruntent ce chemin. L'homme est donc non seulement dépouillé de ses biens, mais aussi roué de coups et laissé à demi-mort. Passent alors successivement un prêtre et un lévite. Tous deux sont soumis à des lois de pureté en lien avec leur fonction et ces prescriptions peuvent entrer en conflit avec d'autres préceptes de la Loi, en particulier celui de l'amour du prochain. Le prêtre, en effet, ne pouvait toucher un homme «à demi-mort» (Lv 21, 1), et le lévite se rendait impur par le contact d'un mourant (Nb 19, 11-13, 16). Ainsi s'explique leur attitude: ils voient l'homme et passent leur chemin. Passe alors un samaritain, étranger et ennemi des Juifs, qui faisait route: il voit, il est ému aux entrailles, il s'approche, soigne le moribond puis passe le relais à un hôtelier jusqu'à son retour, car il doit poursuivre son voyage.

Jésus interroge alors à nouveau le scribe en lui renvoyant sa seconde question, mais modifiée; «qui est mon prochain», est devenu: qui s'est montré le prochain? Le scribe a compris le sens de la parabole, et il ne peut que dire: celui qui a fait miséricorde. Jésus voit que le scribe a cheminé et lui propose de faire encore route et de faire de même. C'est l'inviter à mette ses pas dans ceux du samaritain qui n'est autre qu'une figure de ce qu'il est en personne: l'envoyé du Dieu qui, lorsque son peuple était esclave en Egypte, a vu sa misère et s'est approché pour le délivré (Ex 3, 7-8). En ayant montré que le samaritain a été ému aux entrailles, Jésus a renvoyé son interlocuteur à l'attitude qui a été la sienne lors de l'enterrement du fils de la veuve de Naïn (7, 13); il réagit comme son Père. Il reviendra sur cette attitude de son Père dans la parabole où le père de l'enfant prodigue est ému aux entrailles en voyant revenir son fils qui était mort (15, 20). Jésus est l'envoyé du Père miséricordieux qui s'approche des hommes pour les sauver de la mort. Ceux qu'il envoie doivent faire de même.

11 juillet


 

 

Prier le Rosaire avec la bienheureuse Agnès de Langeac
(dominicaine)

Mystères lumineux

Agnès Galand, en religion Agnès de Jésus dite Agnès de Langeac (1602-1634), était une moniale dominicaine réputée pour sa charité et ses vertus.

Le Baptême

Jean voit Jésus venir à lui et dit: «Voici l'agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde» (Jn 1,29).

Par l'effet de son pur amour, le Seigneur vous a donné une âme qu'il a lavée dans les eaux du saint baptême, et rendue ainsi parfaitement pure et belle devant ses yeux, désirant infiniment que vous la conserviez toujours dans cette candeur, comme vous pouvez le faire avec le secours de sa grâce.

Que le sacrement de réconciliation nous aide rester dans la grâce de notre baptême.

 

Cana

Faites tout ce qu'il vous dira (Jn 2,5).

Son ange vint trouver Agnès et lui dit: «Eh bien! Etes-vous contente?» «Je le suis, en faisant la volonté de mon Epoux… Qu'il fasse en tout sa volonté».

Que Marie nous aide à écouter et à mettre en pratique la Parole de Dieu que nous entendons chaque dimanche à la messe.

 

L’Annonce du Royaume

L'Esprit du Seigneur est sur moi; il m'a oint pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé proclamer aux captifs la liberté (Lc 4,18).

Elle répandait autour d'elle lumière et tranquillité, à tout instant et sans diminution, parce qu'elle recevait ce qu'elle donnait d'une source infinie, qui est la Fontaine de toute plénitude.

Que notre vie soit un témoignage pour tous ceux qui nous rencontre, une vivante prédication.

 

La Transfiguration

Pierre prit la parole et dit à Jésus: «Seigneur, il est heureux que nous soyons ici! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie» (Mt 17,4).

Dans une vision, il lui semblait être à genoux devant le Sauveur, la bouche appliquée à son côté sacré. Elle fut tellement comblée de joie qu'elle dit en esprit ces paroles que saint Pierre prononça autrefois sur le Thabor: «Oh! qu'il fait bon être ici!» Et elle s'y trouvait si bien, en effet, que tout son désir était d'y demeurer.

Que les chrétiens sachent prendre du temps pour prier, pour goûter la joie de contempler leur Seigneur et la rayonner.

 

L’Eucharistie

Celui qui me mangera vivra par moi (Jn 6,58).

Elle puisait dans la divine eucharistie la vie de son âme avec ses accroissements merveilleux, la vie de son corps avec sa conservation, si bien qu'avec saint Paul elle pouvait dire: «Jésus est ma vie, et c'est lui qui est en moi.»

Que les sacrements de la foi soient au cœur de notre vie et au cœur de l'évangélisation.

9 juillet
130 ans de présence à Lourdes!

Il y a 130 ans, notre communauté entrait dans le monastère qui finissait d'être construit.
Les annales nous ont gardé le souvenir du 9 juillet 1889. Voici la copie du texte conservé dans les archives.

 

Installation de la communauté
dans le nouveau monastère

Il avait été décidé, avec l'approbation de nos supérieurs, que la communauté serait installée dans le nouveau monastère le 9 juillet 1889, et que la veille, elle se rendrait en pèlerinage à la grotte afin d'aller une dernière fois présenter ses hommages à la Reine de ces lieux privilégiés et recevoir ses bénédictions maternelles.
En conséquence, le 8 juillet, à 5 heures du matin, les sœurs, sauf la Très Révérende Mère Prieure et deux de nos sœurs qui devaient assister à la messe de Mr l'aumônier dans notre chapelle provisoire, se mirent en route pour la Grotte. En attendant l'heure de la messe qu'on devait y célébrer à notre occasion, en attendant aussi la Très Révérende Mère Prieure qui devait nous y rejoindre, nous priâmes avec toute la ferveur dont nous étions capables devant la grille qui protège la Grotte. A ce moment, le Révérend Père Guillermin s'approcha des sœurs et leur remit un crucifix de bois et de nacre qu'il avait apporté de Jérusalem et qu'on destina à orner la sacristie intérieure de notre monastère. Un membre de l'hospitalité nous fit entrer dans la Grotte, où l'on n'admit aucune personne séculière, si ce n'est deux messieurs qui devaient assister le R. Père Duboë au Saint Autel. La messe commence à 8 heures. Le Père Duboë fit un beau discours à l'offertoire.
Nous remarquâmes son émotion lorsqu'il nous dit qu'on sentait la présence de la sainte Vierge à la Grotte. C'est sous son inspiration qu'il nous parlait… On sentait aussi en lui son amour pour ses enfants de saint Dominique.
Nous nous sommes approchées de l'autel, après la communion du prêtre, pour recevoir, deux à deux, la sainte eucharistie, puis, il est sorti pour la porter à la foule pieuse agenouillée au dehors. La sainte Messe étant achevée, on nous a remis des cierges et on s'est mis en procession pour accompagner le Saint Sacrement à la Basilique où on devait le déposer. On nous mit à la tête du cortège. Mr le Baron de Mallet, qui était l'un des deux servants à l'autel, nous précédait, il récitait le chapelet avec nous. Le R. Père Duboë suivait, portant en ses mains le Très Saint Sacrement, accompagné du R. Père Guillermin et de M. notre aumônier, puis suivait une foule sympathique et pieuse. Après avoir adoré quelques instants Notre Seigneur dans la Basilique, on nous conduisait par un escalier tournant dans le salon de l'Hospitalité où les Messieurs qui avaient été les servants à la Messe se firent nos servants à table. Quelques sœurs de Notre Dame des Sept Douleurs partagèrent avec nous une petite collation. Nous allâmes ensuite visiter la belle église du Rosaire qui était presque achevée, et que son Emminence le cardinal de Toulouse devait bénir et consacrer le mois suivant. Nous priâmes encore longtemps devant la Grotte, puis nous reprîmes le chemin de notre caserne. Les sœurs de l'orphelinat nous retinrent à notre passage et nous firent un accueil des plus fraternels. Nous dûmes, pour leur faire plaisir, accepter un goûter rafraîchissant et parcourir leurs appartements, voir les orphelins, admirer le panorama qui s'étend sous leurs regards. Les sœurs carmélites nous attendaient à leur tour. Nous entrâmes au parloir et causâmes quelque temps, à travers leur grille hérissée de pointes de fer. Leur R. Mère Prieure était retenue à l'infirmerie, elle était représentée auprès de nous par la Mère sous-Prieure et une autre Mère qui parlèrent au nom de la communauté accroupie tout autour. Enfin il fallait rentrer chez nos voisines, les sœurs de l'Assomption, qui nous avaient logées sous leur toit, à l'arrivée à Lourdes en 1888; elles nous reçurent avec la plus grande amabilité.
Le soir, Mr l'abbé Théas, vicaire général et notre supérieur, vint bénir la chapelle et le nouveau monastère, à la place de Mgr l'évêque qui avait été empêché de venir contre notre attente.
Le lendemain, fête de saint Jean de Gorcum et de ses compagnons, martyrs de notre Ordre, Mr le grand vicaire revint, accompagné du T.R.Père Prieur de Toulouse, des RR.P.P. Cormier et Guillermin et d'un nombreux clergé. Il prononça quelques paroles sur la cérémonie qui allait s'accomplir, puis enleva la sainte réserve et sortit de la chapelle provisoire. Un dais avait été préparé et était dressé en bas du perron, les prêtres, en habit de chœur, se mirent en procession, le Saint Sacrement porté sous le dais suivait, puis la communauté marchant en ordre, et enfin une nombreuse suite de personnes de la ville que la piété et aussi la curiosité avaient attirées: nous allions prendre définitivement possession de notre cher monastère et installer l'Hôte divin, le fidèle compagnon de notre pèlerinage, dans le tabernacle que les Pères de la Grotte nous avaient prêté, en attendant que des ressources suffisantes nous permissent d'acheter un autel aussi beau que nous le désirions. Le chemin avait été jonché de feuillage fraîchement coupé, par les soins diligents de la mère de notre entrepreneur, femme pieuse, qui plus tard nous fera don d'une table de communion en fer forgé et doré, et à qui nous devons la belle station de Notre Dame de Lourdes qui orne la chapelle. A l'approche du cortège, on sonna la cloche du monastère, la même qui nous appelait aux actes de communauté à Arles. Lorsque M. le Supérieur eût renfermé le saint ciboire dans le tabernacle, tout le clergé accompagna la communauté dans son nouveau chœur, où prirent place près de nous les sœurs de Nevers, de l'Immaculée Conception et les tourières des Carmélites qui étaient venues à cette fête de famille. Aussitôt commencèrent les chants de la messe de Dumont; les prêtres alternaient avec nous. M. le Supérieur qui célébrait, nous adressa quelques paroles de bienvenues et de félicitation. Nous fîmes la sainte communion avec une allégresse et une reconnaissance envers Dieu qui ne peuvent s'exprimer.
Après la sainte messe et l'action de grâces, nous chantâmes quelques couplets que nous devons à la muse du R. Père Mas, le poète de bien des fêtes dominicaines de la Province.

A Marie

                                   1
Nous découvrant ton Cœur, ô Vierge Immaculée,
Nous plaçant près de Lui, sous ton brillant manteau,
Rose du Paradis, lis de notre vallée,
Sous la première fleur de ce couvent nouveau.

                                   Refrain
Lourdes! salut aux blanches Pyrénées,
A l'humble grotte où le ciel se montra,
Que de vertus, nos âmes couronnées
Chantent en chœur un Ave Maria!

                                   2
Toi que Dieu fait régner sur nos blanches phalanges,
Toi qui tiens l'étendard des frères et des sœurs,
Toi qui pris ton essor sur les ailes des anges,
Marie!, emporte aussi nos esprits et nos cœurs!

                                   3
Mais puisqu'on peut, avant la céleste patrie
Savourer les parfums de la fraternité,
Reine du Saint Rosaire, accours, Vierge Marie,
Embaumer de tes dons notre communauté.

                                   4
Du séjour des élus, descends, divine Mère,
Tenant avec amour ton Fils entre tes bras:
Descends pour protéger notre humble monastère,
Y bénir notre vie, y diriger nos pas.

                                   5
Toi qui suivis Jésus sur la montagne sainte,
Toi qui restas debout, forte au pied de la croix,
Comme toi l'embrasant d'une amoureuse étreinte,
La nuit quand nous prions, accours à notre voix.

                                   6
Heureuse, souriante, affable, douce, aimable,
Sois là pour embellir nos récréations,
Accueillante pour tous et toujours charitable,
Sois là pour enchanter nos conversations.

                                   7
Jouissant à tes pieds d'un brillant paysage,
De Lourdes le couvent se souviendra du jour
Où, nouveau-né, ses cris saluent ta pure image,
Vieillissant, il sera fidèle à ton amour.

Notre modeste dîner fut partagé par plusieurs des sœurs étrangères qui avaient assisté à la messe. Jusqu'à l'heure de Vêpres le couvent fût ouvert à tout venant, tout fût visité et inspecté, jusqu'à l'indiscrétion de la part de plusieurs… justifions leur intention qui pouvait être bonne.
Les Vêpres furent chantées, comme la messe, par les prêtres et par nous, et furent suivies d'un discours éloquent du R. Père Guillermin, dont une trop courte analyse a été inscrite dans le Journal de la Grotte.
Un compte-rendu de la fête et de ce dernier sermon avait été fait avec assez d'étendue par le R. Père Fiteau, mais le rédacteur du journal l'a abrégé, nous a-t-il dit…
Le discours terminé, on a procédé à la bénédiction des clefs; puis le Vicaire général, accompagné de tout le clergé est allé fermer la porte extérieure.
Le salut du Saint Sacrement termina cette belle journée qui nous laissa au cœur le désir sincère de témoigner, par des actes pratiques, notre reconnaissance à Jésus et à Marie Immaculée, pour les grâces signalées que nous venions de recevoir de leur incompréhensible amour.

7 juillet

14ème dimanche du Temps ordinaire

Directives pour la mission
(Lc 10, 1-12.17-20)

10 1 Or après cela le Seigneur désigna soixante-dix (douze) autres et les envoya deux par deux devant sa face dans toute ville et lieu où il devait lui-même aller.

2 Il leur disait: La moisson [est] abondante or les ouvriers [sont] peu nombreux; priez donc le Seigneur de la moisson pour qu'il envoie des ouvriers vers sa moisson. 3 Allez: Voici: Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.

4 Ne portez ni bourse, ni besace, ni sandales, et ne saluez personne le long du chemin.
5 Or dans quelque maison où vous entrez, dites d'abord: Paix à cette maison. 6 Et s'il y a là un fils de paix, votre paix reposera sur lui; sinon assurément elle vous reviendra. 7 Or demeurez dans cette maison, mangeant et buvant les choses de chez eux: car l'ouvrier est digne de son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
8 Or dans chaque ville où vous entrez et où l'on vous reçoit mangez ce qui vous est donné 9 et soignez les faibles qui s'y trouvent, et dites-leur: Le Royaume de Dieu s'est approché de vous.
10 Dans quelque ville où vous entrez et [où] on ne vous reçoit pas, étant sortis sur ses places dites: 11 Même la poussière de votre ville qui s'est collée à nous, aux pieds, nous l'essuyons pour vous; pourtant vous connaissez ceci, que le Royaume de Dieu s'est approché.

12 Je vous dis que pour Sodome, en ce jour-là, ce sera plus tolérable que pour cette ville.
[…]
17 Or les soixante-dix (douze) revinrent avec joie, disant: Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. 18 Or il leur dit: Je voyais le Satan tombé du ciel comme un éclair. 19 Voici: Je vous ai donné l'autorité de fouler aux pieds les serpents et les scorpions et [l'autorité] sur toute la puissance de l'ennemi, et rien ne vous nuira. 20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, or réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux.

 

«Or après cela» est assez vague; on peut simplement en déduire que ce que Luc va rapporter maintenant n'est pas la suite immédiate de ce qui précède. Jésus désigne à nouveau des messagers; le verbe «désigner» indique que la tâche qui leur sera confiée est importante. Combien sont-ils? Soixante-dix pour certains manuscrits, soixante-douze pour d'autres. La table des peuples de Gn 10 indique soixante-dix peuples dans l'Ancien Orient. Soixante-dix messagers indique une mission universelle. Jésus envoie ces messagers devant sa face, face étant pris ici au sens de personne, mais il ne faut pas oublier la détermination qui est la sienne: il a durci sa face comme le serviteur souffrant (Is 50, 7). Il les envoie deux par deux car le témoignage rendu par plusieurs est plus fiable et de plus, un secours mutuels est possible. Leur mission n'est pas la même que celle des premiers envoyés. Ils ne préparent pas seulement l'hébergement de Jésus, ils préparent les cœurs pour qu'ils l'écoutent quand il viendra en personne. Le cadre n'est plus celui de la Galilée, comme pour les apôtres envoyés en mission, mais plutôt la Samarie et la Judée qui, en 17, 11, est encore le cadre du voyage. Ils doivent préparer tout un pays à la vue de Jésus, à la venue du Roi qui vient, qui marche vers Jérusalem.

Jésus situe la mission des soixante-dix dans le dessein de Dieu.
«La moisson est abondante». La moisson est une image du jugement de Dieu dans la Bible, ce qui donne aux paroles de Jésus une dimension eschatologique. Beaucoup d'épis sont mûrs et prêts à être récoltés parmi toutes les nations, mais il y a peu d'ouvriers pour faire ce travail. Le terme d'ouvrier désigne un travailleur loué à la journée, mais il a servi par la suite à désigner un prédicateur. Seul le Seigneur de la moisson, le Père, peut envoyer des ouvriers zélés à sa moisson, lui seul peut les «jeter dehors», les faire sortir de leur vie ordinaire; il faut donc le prier à cette intention: il y a urgence pour la mission.
Jésus passe ensuite d'une comparaison agricole à une comparaison tirée de la vie pastorale: les agneaux mis en danger par les loups (v. 3). Le Père est le Seigneur de la moisson, mais c'est Jésus qui est chargé d'envoyer: il est le berger qui envoie ses agneaux au milieu des loups; ils seront en butte à la persécution. Et d'entrée de jeu, Jésus les avertit qu'ils devront faire preuve de douceur… Heureux les doux.

Jésus donne ensuite des directives pratiques: une négative (v. 4) et deux positives qui sont bâties selon un parallélisme: «Dans quelque ville/maison où vous entrez» (v. 5 et 8.10).
Jésus commence donc par donner des conseils pratiques. Les disciples ne doivent pas prendre de bourse, donc pas d'argent: c'est une invitation à se dépouiller et à se confier à la providence divine sans craindre de manquer du nécessaire. Ne pas porter de sandales de rechange ni de besace pour les provisions, comme font habituellement les voyageurs, revient à ne prendre que le minimum indispensable pour une courte distance.
Jésus en vient ensuite au comportement à avoir à l'égard de ceux qui les accueillent ou non. En entrant dans une maison, les deux ouvriers prononcent une bénédiction: «Paix à cette maison». A travers la salutation courante (shalom), ils commencent à faire advenir la paix du Royaume, la paix messianique qui est pour tout homme (cf. 1, 79; 2, 14.29). Mais chaque membre de la famille a une responsabilité personnelle dans l'accueil de cette paix. Tous ne sont pas fils de la paix, c'est-à-dire prêt à accueillir la parole annoncée, la paix qui vient de Dieu. Certains peuvent refuser la bénédiction. Dans ce cas, elle reviendra vers ceux qui l'ont offerte. Quoi qu'il en soit, lorsque les messagers sont accueillis, ils reçoivent de leurs hôtes tout ce dont ils ont besoin, ils dépendent d'eux pour leur vie quotidienne et ils doivent se contenter de ce qu'on leur donne et qui constitue pour eux un salaire. Si d'autres familles veulent les recevoir chez eux, ils ne doivent pas accepter.
Après avoir parlé d'une maison, d'une famille, qui héberge ses envoyés, Jésus aborde la question de la ville, c'est-à-dire des autorités publiques. Il envisage l'éventualité d'un accueil et celle d'un rejet par la ville où ils sont entrés.
S'ils sont reçus, qu'ils acceptent l'hospitalité qui, nous venons de le voir, incombe plus particulièrement à une maison. Leur mission sera de soigner les faibles et d'annoncer que le Royaume de Dieu s'est approché d'eux. C'est semblable à une partie, pas à la totalité, de ce que Jésus a déjà confié aux Douze (cf. 9, 1-2). S'ils ne sont pas reçus, qu'ils aillent sur les places, lieu de leur parole publique. Qu'ils essuient la poussière de la ville qui s'est collée à leurs pieds pour ne rien garder qui en provienne: ce geste symbolique indique une rupture. Que les habitants le sachent pourtant: le Royaume s'est approché. Mais ils n'ont pas voulu le reconnaître.

Sans avoir parlé du départ des soixante-douze et de leur activité missionnaire, Luc raconte leur retour. Ils sont dans la joie car ce qu'ils ont réalisé a dépassé ce que Jésus leur avait donné comme pouvoir. En effet, les démons leur ont été soumis, «en ton nom», précisent-ils. Ils ont fait comme l'homme qui ne suivait pas Jésus et qui jetait dehors les démons en son nom (9, 49). Les envoyés ont agi au nom de Jésus et Jésus était présent à leur mission. C'est ainsi que lui-même a vu le Satan, l'accusateur, tomber du ciel comme un éclair. Il est tombé du ciel comme le roi de Babylone. Pourquoi «comme l'éclair»? Probablement parce que l'éclair tombe du ciel avec une grande rapidité et n'y retourne pas, il semble absorbé par la terre. Jésus n'était pas un spectateur à distance de ce que ses envoyés accomplissaient. Il était présent à l'intérieur de leur action, leur donnant tout ce qui était nécessaire à son accomplissement. Ils les a placés sous la protection de Dieu au milieu des dangers inattendus de la route, dangers symbolisés par les serpents et les scorpions (Ps 90, 13), bêtes sur lesquelles on risque de marcher sans les voir. Ainsi, s'ils ont pu traverser les périls rencontrés sans en ressentir aucun mal, c'est parce qu'il leur a donné un pouvoir pour y faire face. Cette autorité, il l'a aussi étendue à la puissance de l'ennemi pour qu'ils en soient victorieux. La défaite du Satan signifie que le Royaume de Dieu s'est approché, conformément à ce que Jésus leur a demandé d'annoncer.
Jésus leur a donné tout cela au cours de leur première mission et il confirme que ce pouvoir leur est donné de façon stable: rien ne leur nuira dorénavant.

3 juillet


 

 

Prier le Rosaire avec la bienheureuse Agnès de Langeac
(dominicaine)

Mystères joyeux

 

Les saints ont vécu dans leur chair les mystères de la vie du Christ; ils en sont une prédication vivante. Nous pouvons donc méditer les mystères du Rosaire en regardant leur vie. C'est le cas de la bienheureuse Agnès de Langeac (1602-16034), moniale dominicaine, qui récitait d'ailleurs le rosaire tous les jours.
Les méditations sont extraites de La Vie de la vénérable Mère Agnès de Jésus, par L. de Lantages.

 

L’Annonciation

Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole (Lc 1,38).

Soyez assurés qu'on ne peut rien faire de plus agréable à la sainte Vierge que de penser volontiers à sa pureté, à son humilité et à son amour incomparables.

Seigneur, aide-nous à grandir dans l'humilité avec l'aide de la Vierge Marie.

 

La Visitation

Marie se rendit en hâte vers une ville de Juda et pénétra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth (Lc 1,39-40).

La charité pour les pauvres dilatait le cœur d'Agnès. Notre Seigneur lui dit: «Persévère dans la pratique de la charité; et si tu ne la peux faire corporellement, fais-la spirituellement, priant pour les pécheurs, qui sont en grand nombre sur la terre.»

Que la charité emplisse notre cœur pour nous oublier nous-mêmes et nous donner pour les autres.

 

La Nativité

Tombant à genoux, les mages se prosternèrent devant l'enfant (Mt 2,10).

Elle vit la sainte Vierge à genoux, tenant le petit Jésus entre ses bras, et les rois à ses pieds, qui lui faisaient leurs offrandes. Elle se prosterna devant la divine Majesté et lui dit: «Mon Dieu, vous savez que je n'ai qu'une petite volonté, que vous m'avez donnée pour vous servir, je vous l'offre de tout mon cœur.»

Que notre adoration se fasse intercession pour tous ceux qui ne connaissent pas le Seigneur et ne peuvent l'adorer.

 

La Présentation de Jésus

Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu (Lc 2,28).

Agnès remarqua comme le divin Enfant se présentait à son Père éternel, comme la très sainte Vierge s'offrait elle-même en offrant son divin Fils, et comme le vénérable vieillard Siméon, tenant celui qui apporte le salut de Dieuentre ses bras, le porta vers l'autel des holocaustes, et là l'offrit à la divine majesté.

Envoie, Seigneur, des ouvriers à ta vigne pour que le salut parvienne aux extrémités du monde.

 

Le Recouvrement de Jésus au Temple

Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être
(Lc 2,49).

Quand le divin sauveur quitta la compagnie de ses parents, à leur insu, pour demeurer dans le Temple, il a enseigné à ses disciples à savoir quitter le moindre bien en faveur d'un plus grand. Par ses paroles, il montre que les choses naturelles doivent céder aux surnaturelles.

Prions pour que la technologie, le bien-être, ne fassent pas oublier aux chrétiens leur vocation divine.

 

Le rosaire édité

Chaque mois, vous pouvez trouver sur le site un Rosaire médité.
Pour avoir la liste des Rosaires déjà parus sur le site, ...

Cliquez ici !

Chapelet de sainte Bernadette
(6 dizaines)

La tradition rapporte que lorsque la «Dame» apparut dans la Grotte de Massabielle, ...

Lire la suite

Neuvaine pour demander des vocations

Neuvaine pour les vocations dans notre communauté. Merci de prier avec nous.

Lire la suite

Diaporamas

Vous pouvez regarder quelques diaporamas ...

Lire la suite

Rosaire médité

Chaque mois, vous pouvez trouver sur le site un Rosaire médité.

Pour découvrir ce qu'est le rosaire

Cliquez ici!

Neuvaine pour demander un bébé

Neuvaine à Notre-Dame du Prompt-Secours pour demander la naissance d'un bébé par l'intercession de soeur Marie de Nazareth.

Lire la suite