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Août

15 aoùt

Solennité de l'Assomption

L'Assomption de la Vierge par Jacques de Voragine

Un livre apocryphe, attribué à saint Jean l’évangéliste, nous apprend les circonstances de l’Assomption de la bienheureuse vierge Marie. Tandis que les apôtres parcouraient les différentes parties du monde pour y prêcher, la bienheureuse Vierge resta, dit-on, dans une maison près de la montagne de Sion. Elle visita, tant qu'elle vécut, avec une grande dévotion, tous les endroits qui lui rappelaient son fils, comme les lieux témoins de son baptême, de son jeûne, de sa prière, de sa passion, de sa sépulture, de sa résurrection et de son ascension, et d'après Epiphane, elle survécut de vingt-quatre ans à l’ascension de son fils. Il rapporte donc que la sainte Vierge était âgée de quatorze ans quand elle conçut Jésus Christ, qu'elle le mit au monde à quinze, et qu'elle vécut avec lui trente-trois ans, et vingt-quatre autres après la mort de Jésus Christ. D'après cela, elle avait soixante-douze ans quand elle mourut. Toutefois ce qu'on lit ailleurs parait plus probable, à savoir qu'elle survécut de douze ans à son fils, et qu'elle était sexagénaire, lors de son assomption, puisque les apôtres employèrent douze ans à prêcher dans la Judée et les pays d'alentour, selon le récit de l’Histoire ecclésiastique. Or, un jour que le cœur de la Vierge était fortement embrasé du regret de son fils, son esprit enflammé s'émeut et elle répand une grande abondance de larmes. Comme elle ne pouvait facilement se consoler de la perte de ce fils qui lui avait été soustrait pour un temps, voici que lui apparut, environné d'une grande lumière, un ange qui la salua en ces termes, avec révérence, comme la mère du Seigneur: «Salut, Marie qui êtes bénie; recevez la bénédiction de celui qui a donné le salut à Jacob. Or, voici une branche de palmier que je vous ai apportée du paradis comme à ma dame; vous la ferez porter devant le cercueil; car dans trois jours, vous serez enlevée de votre corps; votre fils attend sa révérende mère.» Marie lui répondit: «Si j'ai trouvé grâce devant vos yeux, je vous conjure de daigner me révéler votre nom. Mais ce que je demande plus instamment encore, c'est que mes fils et frères les apôtres soient réunis auprès de moi, afin de les voir des yeux du corps, avant que je meure, et d'être ensevelie par eux après que j'aurai rendu en leur présence mon esprit au Seigneur. Il est encore une autre chose que je réclame avec instance, c'est que mon âme, en sortant du corps, ne voie aucun mauvais esprit, et que pas une des puissances de Satan ne se présente sur mon passage.» L'ange lui dit: «Pourquoi, ô dame, désirez-vous savoir mon nom qui est admirable et grand? Quant aux apôtres, ils viendront tous et seront réunis auprès de vous; ils feront de magnifiques funérailles lors de votre trépas qui aura lieu en leur présence. Car celui qui autrefois a porté en un clin d'œil, par un cheveu, le prophète de la Judée à Babylone, celui-là assurément pourra en un instant amener les apôtres auprès de vous. Mais pourquoi craignez-vous de voir l’esprit malin, puisque vous lui avez entièrement brisé la tête et que vous l’avez dépouillé de toute sa puissance? Soit faite cependant votre volonté, afin que vous ne les voyiez pas.» Après avoir dit ces mots, l’ange monta aux cieux au milieu d'une grande lumière. Or, cette palme resplendissait d'un très grand éclat, et par sa verdure elle était en tout semblable à une branche; mais ses feuilles brillaient comme 1'étoile du matin. Or, il arriva que, comme Jean était à prêcher à Ephèse, un coup de tonnerre éclata tout à coup, et une nuée blanche l’enleva, et l’apporta devant la porte de Marie. Il frappa, entra dans l’intérieur de la maison, et avec grande révérence, l’apôtre vierge salua la Vierge. L'heureuse Marie en le voyant fut saisie d'une grande crainte et ne put retenir ses larmes, tant elle éprouva de joie. Alors elle lui dit: «Jean, mon fils, aie souvenance des paroles de ton maître, quand il m’a confiée à toi comme un fils, et quand il t'a confié à moi comme à une mère. Me voici appelée par le Seigneur à payer le tribut à la condition humaine, et je te recommande d'avoir un soin particulier de mon corps. J'ai appris que les Juifs s'étaient réunis et avaient dit: ‟Attendons, concitoyens et frères, attendons jusqu'au moment où celle qui a porté Jésus subira la mort, aussitôt nous ravirons son corps et nous le jetterons pour être la pâture du feu.ˮ Tu feras porter alors cette palme devant mon cercueil, lorsque vous porterez mon corps au tombeau.» Et Jean dit: «Oh! plût à Dieu que tous les apôtres mes frères fussent ici, afin de pouvoir célébrer convenablement vos obsèques et vous rendre les honneurs dont vous êtes digne.» Pendant qu'il parlait ainsi, tous les apôtres sont enlevés sur des nuées, des endroits où ils: prêchaient et sont déposés devant la porte de Marie. En se voyant réunis tous au même lieu, ils étaient remplis d'admiration: «Quelle est, se disaient-ils, la cause pour laquelle le Seigneur nous a rassemblés ici en même temps?» Alors Jean sortit et vint les trouver pour les prévenir que leur dame allait trépasser; puis il ajouta: «Mes frères, quand elle sera morte, que personne ne la pleure, de crainte que le peuple témoin de cela ne se trouble et dise: ‟Voyez comme, ils craignent la mort, ces hommes qui prêchent aux autres la résurrection.ˮ»

Denys, disciple de saint Paul, raconte les mêmes faits dans son livre des Noms divins. Il dit qu'à la mort de la Vierge, les apôtres furent réunis et y assistèrent ensemble; ensuite que chacun d'eux fit un discours en l’honneur de Jésus Christ et de la Vierge. Et voici comme il s'exprime en parlant à Timothée: «Tu as appris que nous et beaucoup de saints qui sont nos frères, nous nous réunîmes pour voir le corps qui a produit la vie et porté Dieu. Or, se trouvaient là Jacques, le frère du Seigneur, et Pierre, coryphée et chef suprême des théologiens. Ensuite il parut convenable que toutes les hiérarchies célébrassent, chacune selon son pouvoir, la bonté toute-puissante de Dieu qui s'était revêtu de notre infirmité.» Quand donc la bienheureuse Marie eut vu tous les apôtres rassemblés, elle bénit le Seigneur, et s'assit au milieu d'eux, après qu'on eut allumé des lampes et des flambeaux. Or, vers la troisième heure de la nuit, Jésus arriva avec les anges, l’assemblée des patriarches, la troupe des martyrs, l’armée des confesseurs et les chœurs des vierges. Tous se rangent devant le trône de la Vierge et chantent à l’envi de doux cantiques. On apprend dans le livre attribué à saint Jean quelles ont été les funérailles qui furent alors célébrées. Jésus commença le premier et dit: «Venez, vous que j'ai choisie, et je vous placerai sur mon trône parce que j'ai désiré votre beauté.» Et Marie répondit: «Mon cœur est prêt, Seigneur, mon cœur est prêt.» Alors tous ceux qui étaient venus avec Jésus entonnèrent ces paroles avec douceur: «C'est elle qui a conservé sa couche pure et sans tache; elle recevra la récompense qui appartient aux âmes saintes.» Ensuite la Vierge chanta en disant d'elle-même: «Toutes les nations m’appelleront bienheureuse; car le Tout-Puissant a fait de grandes choses en ma faveur: et son nom est saint.» Enfin le chantre donna le ton à tous en prenant plus haut: «Venez du Liban, mon épouse, venez du Liban, vous serez couronnée.» Et Marie reprit: «Me voici, je viens; car il est écrit de moi dans tout le livre de la loi, que je ferais votre volonté, ô mon Dieu; parce que mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur.» C'est ainsi que l’âme de Marie sortit de son corps et s'envola dans les bras de son fils. Elle fut affranchie de la douleur de la chair, comme elle avait été exempte de la corruption. Et le Seigneur dit aux apôtres: «Portez le corps de la Vierge Mère dans la vallée de Josaphat et renfermez-le dans un sépulcre neuf que vous y trouverez. Après quoi, pendant trois jours, vous m’attendrez jusqu'à ce que je vienne.» Aussitôt les fleurs des roses l’environnèrent; c'était l’assemblée des martyrs, puis les lys des vallées qui sont les compagnies des anges, des confesseurs et des vierges. Les apôtres se mirent à s'écrier en s'adressant à elle: «Vierge pleine de prudence, où dirigez-vous vos pas? Souvenez-vous de nous, ô notre Dame!» Alors les chœurs de ceux qui étaient restés au ciel, en entendant le concert de ceux qui montaient, furent remplis d'admiration et s'avancèrent à leur rencontre; à la vue de leur roi portant dans ses bras l’âme d'une femme qui s'appuyait sur lui, ils furent stupéfaits et se mirent à crier: «Quelle est celle-ci qui monte du désert, remplie de délices, appuyée sur son bien-aimé?» Ceux qui l’accompagnaient leur répondirent: «C'est celle qui est belle au-dessus des filles de Jérusalem. Vous l’avez déjà vue pleine de charité et d'amour.» Ainsi fut-elle reçue toute pleine de joie dans le ciel et placée à la droite de son fils sur un trône de gloire. Quant aux apôtres ils virent son âme éclatant d'une telle blancheur qu'aucune langue humaine ne le pourrait raconter.

Trois vierges qui se trouvaient là, dépouillèrent le corps de Marie pour le laver. Aussitôt ce corps resplendit d'une si grande clarté qu'on pouvait bien le toucher, mais qu'il était impossible de le voir: cette lumière brilla jusqu'à ce que le corps eût été entièrement lavé par les vierges. Alors les apôtres prirent ce saint corps avec révérence et le placèrent sur un brancard. Et Jean dit à Pierre: «Pierre, vous porterez cette palme devant le brancard; car le Seigneur vous a mis à notre tête et vous a ordonné le pasteur et le prince de ses brebis.» Pierre lui répondit: «C'est plutôt à vous à la porter; vous avez été élu vierge par le Seigneur, et il est digne que celui qui est vierge porte la palme d'une vierge. Vous avez eu l’honneur de reposer sur la poitrine du Seigneur, et vous y avez puisé plus que les autres des torrents de sagesse et de grâce, il paraît juste qu'ayant reçu plus de dons du fils, vous rendiez plus d'honneur à la Vierge. Vous donc, devez porter cette palme de lumière aux obsèques de la sainteté, puisque vous vous êtes enivré à la coupe de la lumière, de la source de l’éternelle clarté. Pour moi, je porterai ce saint corps avec le brancard et nos autres frères qui seront à l’entour célébreront la gloire de Dieu.» Alors Paul dit: «Et moi qui suis le plus petit d'entre vous tous, je le porterai avec vous.» C'est pourquoi Pierre et Paul enlevèrent la bière; Pierre se mit à chanter: «Israël sortit de l’Egypte, alleluia.» Puis les autres apôtres continuèrent ce chant doucement. Or, le Seigneur enveloppa d'un nuage le brancard et les apôtres, en sorte qu'on ne voyait rien, seulement on les entendait chanter. Des anges aussi unirent leurs voix à celle des apôtres et remplirent toute la terre d'une mélodie pleine de suavité. Tous les habitants furent réveillés par ces doux sons et cette mélodie: ils se précipitèrent hors de la ville en demandant avec empressement ce qu'il y avait. Les uns dirent: «Ce sont les disciples de Jésus qui portent Marie décédée. C'est autour d'elle qu'ils chantent cette mélodie que vous entendez.» Aussitôt ils courent aux armes, et s'excitent les uns les autres en disant: «Venez, tuons tous les disciples et livrons au feu ce corps qui a porté ce séducteur.» Or, le prince des prêtres, en voyant cela, fut stupéfait et il dit avec colère: «Voici le tabernacle de celui qui a jeté le trouble parmi nous et dans notre race. Quelle gloire il reçoit en ce moment!» Or, en parlant ainsi il leva les mains vers le lit funèbre avec la volonté de le renverser et de le jeter par terre. Mais aussitôt ses mains se séchèrent et s'attachèrent au brancard, en sorte qu'il y était suspendu: il poussait des hurlements lamentables, tant ses douleurs étaient atroces. Le reste du peuple fut frappé d'aveuglement par les anges qui étaient dans la nuée. Quant au prince des prêtres, il criait en disant: «Saint Pierre, ne m’abandonnez pas dans la tribulation où je me trouve; mais je vous en conjure, priez pour moi, car vous devez vous rappeler qu'autrefois je vous suis venu en aide et que je vous ai excusé lors de l’accusation de la servante.» Pierre lui répondit: «Nous sommes retenus par les funérailles de Notre-Dame et nous ne pouvons nous occuper de votre guérison: néanmoins si vous vouliez croire en Notre Seigneur Jésus Christ et en celle qui l’a engendré et qui l’a porté, j'ai lieu d'espérer que vous pourriez être guéri tout de suite.» Il répondit: «Je crois que le Seigneur Jésus est vraiment le Fils de Dieu et que voilà sa très sainte mère.» A l’instant ses mains se détachèrent du cercueil; cependant ses bras restaient desséchés et la douleur violente ne disparaissait pas. Alors Pierre lui dit: «Baisez le cercueil et dites: Je crois en Dieu Jésus-Christ que celle-ci a porté dans ses entrailles tout en restant vierge après l’enfantement.» Quand il l’eut fait, il fut incontinent guéri. Alors Pierre lui dit: «Prenez cette palme des mains de notre frère Jean et vous la placerez sur ce peuple aveuglé; quiconque voudra croire recouvrera la vue, mais celui qui ne voudra pas croire ne verra plus jamais.» Or les apôtres qui portaient Marie la mirent dans le tombeau, autour duquel ils s'assirent, ainsi que le Seigneur l’avait ordonné. Le troisième jour, Jésus arriva avec une multitude d'anges et les salua en disant: «La paix soit avec vous.» Ils répondirent: «Gloire à vous, ô Dieu, qui seul faites des prodiges étonnants.» Et le Seigneur dit aux apôtres: «Quelle grâce et quel honneur vous semble-t-il que je doive conférer aujourd'hui à ma mère?» «Il paraît juste, Seigneur, répondirent-ils, à vos serviteurs que, comme vous qui régnez dans les siècles après avoir vaincu la mort, vous ressuscitiez, ô Jésus, le corps de votre mère et que vous le placiez à votre droite pour l’éternité.» Et il l’octroya; alors l’archange Michel se présenta aussitôt et présenta l’âme de Marie devant le Seigneur. Le Sauveur lui parla ainsi: «Levez-vous, ma mère; ma. colombe, tabernacle de gloire, vase de vie, temple céleste; et de même que, lors de ma conception, vous n'avez pas été souillée par la tache du crime, de même, dans le sépulcre, vous ne subirez aucune dissolution du corps.» Et aussitôt l’âme de Marie s'approcha de son corps qui sortit glorieux du tombeau. Ce fut ainsi qu'elle fut enlevée au palais céleste dans la compagnie d'une multitude d'anges. Or, Thomas n'était pas là, et quand il vint, il ne voulut pas croire, quand tout à coup, tomba de l’air la ceinture qui entourait la sainte Vierge; il la reçut tout entière afin qu'il comprît ainsi qu'elle était montée tout entière au ciel. […]

Observons que la glorieuse vierge Marie fut transportée et élevée au ciel intégralement, honorablement, joyeusement et, excellemment. Elle fut transportée intégralement en corps et en âme, selon une pieuse croyance de l’Eglise. Un grand nombre de saints ne se contentent pas de l’avancer, mais ils s'attachent à en donner une quantité de preuves. Voici celle de saint Bernard: «Dieu s'est plu singulièrement à honorer les corps des saints. Ainsi, il a rendu les dépouilles de saint Pierre et de saint Jacques tellement vénérables, et il les a décorées d'honneurs si étonnants, qu'il a choisi, pour leur rendre des hommages, un lieu vers lequel accourt le monde entier. Si donc on disait que le corps de Marie fût sur la terre sans que la dévotion des fidèles s'y portât avec affluence, et que ce lieu ne jouit d'aucun honneur, on pourrait croire que Jésus Christ ne se serait point intéressé à la gloire de sa mère, quand il honore ainsi sur la terre les corps des autres saints.» Saint Jérôme avance de son côté que la sainte Vierge monta au ciel le 18 des calendes de septembre. Quant à l’assomption corporelle de Marie, il dit que l’Eglise se contente de rester en suspens sans se prononcer. Plus loin, il s'attache à en prouver la croyance de cette manière: «S'il en est qui disent que dans ceux dont là résurrection a coïncidé avec celle de Jésus-Christ, la résurrection soit accomplie pour toujours à leur égard, et s'il en est un certain nombre qui croient que saint Jean, le gardien de la: sainte Vierge, jouisse du bonheur du ciel avec Jésus-Christ et dans sa chair qui a été glorifiée, à plus forte raison doit-on le croire de la mère du Sauveur? Car celui qui a dit: Honore ton père et ta mère, et qui a dit encore: Je ne suis pas venu détruire la loi, mais l’accomplir, celui-là, certainement, a honoré sa mère, et ce n'est pas pour nous le sujet d'une ombre de doute.» Saint Augustin ne l'affirme pas seulement, mais il en donne trois preuves. La première, c'est que la chair de Jésus-Christ et celle de la Vierge ne font qu'une: «Puisque, dit-il, la nature humaine est condamnée à la pourriture et aux vers, et que d'ailleurs Jésus Christ ne fut pas exposé à cet outrage, la nature de Marie en est donc exempte, car en elle, Jésus Christ a pris la sienne.» La seconde raison qu'il en donne est tirée de la dignité de son corps: «C'est, dit-il, le trône de Dieu, le lit nuptial du Seigneur, le tabernacle de Jésus-Christ doit être où il est lui-même. Il est plus digne de conserver ce trésor dans le ciel que sur la terre.» La troisième raison, c'est la parfaite intégrité de sa chair virginale. Voici ses paroles: «Réjouissez-vous, ô Marie, d'une joie ineffable, dans votre corps et dans votre âme, en Jésus-Christ votre propre fils, avec votre propre fils et par votre propre fils. La peine de la corruption n'est pas le partage de celle qui n'a pas éprouvé de corruption dans son intégrité, quand elle a engendré son divin fils. Toujours elle sera à l’abri de la corruption, celle qui a été comblée de tant de grâces; il faut qu'elle vive dans toute l’intégrité de sa nature, celle qui a mis au monde l’auteur de la perfection et de la plénitude dans la vie; il faut qu'elle demeure auprès de celui qu'elle a porté dans ses entrailles; il faut qu'elle soit à côté de celui qu'elle a engendré, qu'elle a réchauffé, qu'elle a nourri. C'est Marie, c'est la Mère de Dieu, c'est la nourrice, c'est la servante de Dieu. Je n'oserais penser autrement, et ce serait présomption de ma part de dire autre chose.» Un poète élégant s'en exprime comme il suit:


«Elle monte au ciel
La Vierge mère,
La Vierge de Jessé.
C'est avec son corps
Et pour l’éternité,
Qu'elle s'élève jusqu'à celui qui est.»


Secondement. Elle fut transportée au ciel au milieu de la joie. Gérard, évêque et martyr, dit à ce propos: «En ce jour, les cieux ont reçu la bienheureuse Vierge avec joie. Les Anges se réjouissent, les Archanges jubilent, les Trônes s'animent, les Dominations la célèbrent dans les cantiques, les Principautés unissent leurs voix, les Puissances accompagnent de leurs instruments de musique, les Chérubins et les Séraphins entonnent des hymnes. Tous la conduisent jusqu'au souverain tribunal de la divine Majesté.»

Troisièmement elle fut élevée au ciel au milieu de grands honneurs. Jésus lui-même et la milice céleste vinrent au-devant d'elle. «Qui pourrait s'imaginer, dit saint Jérôme, quelle fut la gloire dont la Reine du monde fut environnée lors de son passage? Quel respect affectueux! Quelle multitude de légions célestes allant à sa rencontre! Qu'ils étaient beaux les cantiques qui l’accompagnèrent jusqu'à son trône! Quelle majesté, quelle grandeur dans les divins embrassements de son fils qui la reçoit et l’élève au-dessus de toutes les créatures!» «Il est à croire, dit ailleurs le même Père, que la milice des cieux alla en triomphe au devant de la Mère de Dieu, et qu'elle l’environna d'une immense lumière, qu'elle la conduisit en chantant ses louanges et des cantiques jusqu'au trône de Dieu. La milice de la Jérusalem céleste tressaille d'une joie ineffable: elle est fière de tant d'amour et de reconnaissance. Cette fête qui n'arrive qu'une fois pour nous dans le cours de l’année, ne doit point avoir eu de terme dans les cieux. On croit encore que le Sauveur vint au-devant d'elle de sa personne, dans cette fête, et qu'il la fit asseoir plein de joie auprès de lui sur le trône. Autrement il n'eût point accompli ce que lui-même a ordonné par cette loi: Honore ton père et ta mère
Quatrièmement. Elle fut reçue avec magnificence. «C'est le jour, dit saint Jérôme, où la mère sans souillure, la Vierge, s'avança jusqu'à son trône élevé, où elle s'assit glorieuse auprès de Jésus-Christ.» Voici comment le bienheureux Gérard montre en ses homélies à quel degré de gloire et d'honneur elle fut élevée: «Notre Seigneur Jésus-Christ a pu seul la grandir comme il l’a fait pour qu'elle reçût de la majesté elle-même la louange et l’honneur à toujours. Elle est environnée des chœurs angéliques, entourée des troupes archangéliques, accompagnée des Trônes pleins d'allégresse, au milieu de l’enthousiasme des Dominations; les Principautés la vénèrent. les Puissances l'applaudissent, elle est honorée parles Vertus, chantée par les Chérubins et louée par les hymnes des Séraphins. La très ineffable Trinité l'applaudit elle-même avec des transports qui n'ont point de fin et la grâce dont elle l’inonde tout entière fait que tous ne pensent qu'à cette Reine. L'illustre compagnie des Apôtres l’élève au-dessus de toute louange, la multitude des martyrs est toute en suppliante autour d'une si grande Maîtresse, l’innombrable armée des confesseurs lui adresse des chants magnifiques, le chœur des Vierges aux vêtements blancs célèbre sa gloire avec des accents ineffables; l'enfer lui-même hurle de rage, et les démons insolents l’acclament.» Un clerc très dévot à la Vierge Marie voulait pour ainsi dire consoler Notre-Dame au sujet des cinq plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ, en lui adressant tous les jours cette prière: «Réjouissez-vous, Mère de Dieu, Vierge immaculée, réjouissez-vous, puisqu'un ange vous apporte la joie; réjouissez-vous puisque vous avez enfanté la clarté de la lumière éternelle; réjouissez-vous, Mère; réjouissez-vous, sainte Vierge, Mère de Dieu. Vous seule êtes la Mère Vierge: toutes créatures vous louent: O mère de lumière, je vous en prie, ne cessez d'intercéder pour nous.» Atteint d'une grave maladie ce clerc, réduit à l’extrémité, fut troublé par la frayeur. La sainte Vierge lui apparut et lui dit: «Mon fils, pourquoi une si grande crainte de ta part? toi qui si souvent m’as annoncé la réjouissance. Réjouis-toi aussi toi-même et pour te réjouir éternellement, viens avec moi.» […]

12 aoùt

19ème dimanche du Temps ordinaire

Commentaire extrait de la Chaîne d'Or de saint Thomas d'Aquin
Jn 6, 41-51


SaintAugustin : (Traité 26 sur Saint Jean).Notre Seigneur a voulu révéler aux Juifs ce qu'il était : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle » ; c'est-à-dire, celui qui croit en moi, me possède. Qu'est-ce que me posséder ? c'est posséder la vie éternelle; car la vie éternelle, c'est le Verbe qui était au commencement avec Dieu, et cette vie était la lumière des hommes. La vie s'est revêtue de la mort, afin que la mort fût détruite par la vie.
— Théophylactus : Comme ce peuple insistait pour obtenir la nourriture corporelle, et rappelait le souvenir de la manne qui avait été donnée à leurs pères, le Sauveur veut leur montrer que tous les faits de la loi ancienne étaient une figure de la vérité qu'ils avaient présente sous leurs yeux, et les élève à la pensée d'une nourriture toute spirituelle, en leur disant : « Je suis le pain de vie. »
— Saint Jean Chrysostome : (hom. 46). Il se donne le nom de pain de vie, parce qu'il contient le principe de notre vie, de cette vie présente et de la vie future.
— Saint Augustin : (Traité 26). Mais pour réprimer l'orgueil des Juifs qui étaient fiers de la manne [qui avait été donnée à leurs pères], Jésus ajoute : « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et sont morts. » Ce sont véritablement vos pères, et vous leur êtes semblables, ils sont les pères qui murmurent, d'enfants imitateurs de leurs murmures, car le plus grand crime que Dieu ait relevé contre ce peuple, ce sont ses murmures contre Dieu. Or, ils sont morts, parce qu'ils ne croyaient que ce qu'ils voyaient, et qu'ils ne croyaient ni ne comprenaient ce qui était invisible à leurs yeux.
— Saint Jean Chrysostome : (hom. 46). Ce n'est pas sans dessein que le Sauveur ajoute cette circonstance : « dans le désert », il veut leur rappeler indirectement le peu de temps pendant lequel la manne a été donnée [à leurs pères], et qu'elle ne les a pas suivis dans la terre promise. Mais les Juifs estimaient encore le miracle de la multiplication des pains comme de beaucoup inférieur au miracle de la manne, parce que la manne semblait descendre du ciel, et que le miracle de la multiplication des pains avait lieu sur la terre; c'est pourquoi Notre Seigneur ajoute : « Voici le pain descendu du ciel. »
— Saint Augustin : (Traité 26). Ce pain a été figuré par la manne, il a été figuré par l'autel de Dieu. De part et d'autre, c'étaient des symboles figuratifs; les signes extérieurs sont différents, l'objet figuré est le même. Entendez l'Apôtre qui vous dit : « Ils ont tous mangé la même nourriture spirituelle. » (1 Co 10)
— Saint Jean Chrysostome : (hom. 46). Notre Seigneur relève ensuite une circonstance qui devait faire sur eux une vive impression, c'est qu'ils ont été bien plus favorisés que leurs pères que la manne n'a pas empêchés de mourir : « Voici le pain qui descend du ciel, pour que celui qui en mange ne meure point. » Il fait ressortir la différence des deux nourritures par la différence des résultats. Le pain dont il parle ici, ce sont les vérités du salut, et la foi que nous devons avoir en lui, ou bien son corps, car toutes ces choses conservent la vie de l'âme.
— Saint Augustin : (Traité 26) Mais est-ce que nous qui mangeons le pain descendu du ciel, nous ne mourrons pas aussi ? Ceux qui ont mangé la manne sont morts comme nous mourrons nous-mêmes un jour de la mort visible de notre corps charnel. Mais quand à la mort spirituelle dont leurs pères sont morts, Moïse et un grand nombre d'autres qui ont mangé la manne et qui ont été agréables à Dieu, n'y ont pas été soumis, parce qu'ils ont reçu cette nourriture visible avec des dispositions toutes spirituelles, [ils l'ont désirée dans l'esprit], goûtée dans l'esprit, ils en ont été rassasiés dans l'esprit. Encore aujourd'hui nous recevons une nourriture visible, mais autre chose est le sacrement, autre chose est la vertu du sacrement. Combien qui reçoivent ce pain de l'autel, et qui meurent en le recevant ! comme le dit l'Apôtre : « Il mange et boit son jugement. » (1 Co11) Manger donc spirituellement ce pain céleste, c’est apporter l'innocence au saint autel. Tous les jours vous péchez, mais que vos péchés ne soient point de ceux qui donnent la mort à l'âme. Avant d'approcher de l'autel, pesez bien ce que vous dites : Remettez-nous nos dettes, comme nous les remettons à nos débiteurs. Si vous les remettez véritablement, on vous remettra les vôtres. Approchez donc avec confiance, c'est du pain et non du poison qu'on vous présente : « Si quelqu'un mange de ce pain, il ne mourra point. » Mais il s'agit ici de la vertu du sacrement, et non de ce qui est visible dans le sacrement; de celui qui se nourrit intérieurement de ce pain, et non de celui qui se contente de le manger extérieurement.
— Saint Augustin : (Traité 26). La manne est aussi descendue du ciel, mais la manne n'était que figurative, et nous avons ici la vérité.
— Alcuin : Or, ma vie, dit le Sauveur, est pour les hommes une source de vie : « Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra non seulement dans cette vie par la foi et la justice, mais il vivra éternellement. »
Saint Augustin : Le Seigneur explique ici dans quel sens il est un véritable pain, ce n'est pas seulement par sa divinité qui donne la nourriture à tout ce qui existe, mais par son humanité qui a été unie au Verbe de Dieu, et c'est pour cela qu'il ajoute : « Et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. »
— Saint Bède : Le Seigneur a donné ce pain lorsqu'il a livré à ses disciples le mystère de son corps et de son sang, et quand il s'est offert lui-même à Dieu son Père sur l'autel de la croix. La vie du monde dont il parle ici ne doit point s'entendre des éléments matériels qui composent le monde, mais de tous ceux que l'on comprend sous le nom de monde.

— Saint Augustin : (Traité 26). Mais comment la chair pourrait-elle comprendre que Notre Seigneur ait donné le nom de pain à sa propre chair ? Les fidèles connaissent le corps de Jésus-Christ, si toutefois ils ne négligent pas de devenir eux-mêmes le corps de Jésus-Christ. Oui, qu'ils fassent partie du corps de Jésus-Christ, s'ils veulent vivre de l'esprit de Jésus-Christ. On ne vit de l’esprit de Jésus-Christ qu’en vivant du corps de Jésus-Christ. Est-ce que mon corps peut recevoir le mouvement et la vie de votre esprit ? C'est ce pain dont parle l'Apôtre, lorsqu'il dit : « Nous ne faisons tous qu'un même corps », [nous qui mangeons d'un même pain]. O sacrement de la piété ! O symbole de l'unité ! O lien de la charité! Celui qui veut vivre, [possède ici une source de vie], qu'il approche, qu'il croie, et qu'il s'incorpore à Jésus-Christ pour recevoir la vie.

9 aoùt

 

Prier le Rosaire sur les pas du

Bienheureux Charles de Foucauld

Mystères lumineux

Le Baptême

Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain (Mc 1,9).

Après trente ans entiers de vie cachée, dit Jésus, je me suis fait baptiser, pour vous, par amour pour vous. Voyez encore une fois que tous mes actes je les fais par amour pour vous, et que par conséquent je vous appelle par tous mes actes à deux choses, à m'aimer par reconnaissance de cet amour dont je vous aime, et à vous aimer les uns les autres pour m'imiter dans cet amour où je vous embrasse tous (Charles de Foucauld).

Que tous les baptisés, prêtres, religieux, religieuses, laïcs, se sentent responsables des «plus délaissés».

 

Cana

Faites tout ce qu'il vous dira! (Jn 2,3).

Marie, qui a été médiatrice auprès de Charles de Foucauld pour le conduire au Cœur de Jésus sans retour, ne le retiendra pas. Son affection est absolument pure, car elle est toute «en Dieu». Comme fit la Vierge Marie avec Notre Seigneur, elle le laissera suivre sa vocation jusqu’au désert, et ce sera sa montée du Calvaire (Père Bernard Domini).

Donne la force, Seigneur, aux mères de familles de ne retenir leurs enfants, de les laisser suivre leur route.

 

L’Annonce du Royaume

Jésus disait: «Les temps sont accomplis: le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile» (Mc 1,15).

«Votre vie publique, mon Seigneur Jésus, que fût-elle?» «Je tâche de sauver les hommes par la parole et les œuvres de miséricorde, au lieu de me contenter de les sauver par la prière et la pénitence comme je le faisais à Nazareth… Mon zèle des âmes paraît au dehors» ((Charles de Foucauld).

Nous te confions, Seigneur, tous ceux qui ne te connaissent pas, tous ceux qui vivent loin de toi.

 

La Transfiguration

Jésus fut transfiguré devant eux; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière (Mt 17,2).

Toute la beauté de la fille du roi est au-dedans. Voilà ce que l'Esprit veut que soit notre vie de chaque jour: au-dedans, transfigurée par l'immense amour qui la porte… au-dedans, pour que sa beauté n'apparaisse qu'à Dieu… pas à nous-mêmes pour que nous n'en ayons pas d'orgueil, pas aux autres non plus… Tout pour le Maître lui tout seul (P. Peyriguère).

Imprègne-nous, Seigneur, de ton esprit, en méditant sans cesse tes paroles et tes exemples.

 

L’Eucharistie

Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit: «Prenez, mangez: ceci est mon corps» (Mt 26,26).

A la veille de mourir j'instituerai la sainte Eucharistie, dit Jésus, vous apprenant combien je vous aime et combien vous devez vous aimer les uns les autres, puisque je vous aime tant, puisque je me donne tout entier à chacun de vous et que je veux vivre et être toujours en chacun de vous. Ô mon Dieu, quelles immensités d'amour! Quels horizons infinis! (Charles de Foucauld).

Accorde-nous, Seigneur, de trouver dans l'eucharistie, la source d'une fraternité universelle.

8 aoùt

Solennité de saint Dominique

Quelques fioretti de saint Dominique

par Géraud de Frachet

Comment cet homme bienheureux priait et avec quelle ferveur.

Le frère Jean de Bologne, homme plein de vertu et de discrétion, a raconté qu’il avait veillé pendant sept nuits pour voir comment se comportait le bienheureux Père; il dit donc qu’en prière il se tenait tantôt debout, tantôt à genoux, tantôt prosterné, persévérant jusqu’à ce que le sommeil le gagnât. A son réveil, il allait visiter les autels, jusqu’aux environs de minuit. Alors, il visitait les frères, dans leur sommeil, et très doucement recouvraient ceux qui s’étaient découverts. Puis il retournait à l’église et priait longuement. Le même frère qui lui avait souvent servi la messe, dit aussi que fréquemment il avait vu des larmes couler de ses yeux, quand il se retournait, après avoir reçu le corps du Christ, pour recevoir le vin et l’eau.

De l’efficacité de sa parole et de son action.

Il remarqua que son socius, frère Bertrand, s’affligeait trop de ses péchés; il lui dit de ne plus pleurer sur ses propres fautes, mais celles des autres; si grande fut la puissance de ses mots, que frère Bertrand pleura dès lors abondamment pour les autres, mais ne put pleurer pour lui-même, même s’il le voulait.

Un usurier se trompait lui-même en se croyant juste; il demanda l’eucharistie. Dominique la lui donna; mais bientôt l’hostie brûla son palais comme un charbon enflammé, comme le feu de la fournaise avait rafraîchi les enfants, mais avait brûlé les chaldéens impies. Touché de repentir, l’usurier se convertit, et restitua tout ce qu’il avait mal acquis.

Des pains multipliés.

Frère Réginald, pénitencier du Seigneur Pape, et plus tard archevêque d’Armagh, homme d’une grande piété, disait qu’il était présent à Bologne quand le procureur vint trouver l’homme de Dieu Dominique; il se plaignit de n’avoir à donner à la grande multitude des frères que deux pains; à l’imitation du Seigneur, Dominique lui dit de les partager en petits morceaux, puis il les bénit, se confia à Dieu qui est libéral envers tous ceux qui l’invoquent et remplit de bénédiction tout ce qui vit, et il commanda au servant de faire le tour des tables en donnant à chacun deux ou trois morceaux de ce pain. Quand il eut fait le tour, il y avait des restes: après un deuxième puis un troisième tour, en distribuant des morceaux, il vit que la famine se changeait en abondance. Que dire encore? Si souvent il fit le tour des tables en plaçant du pain, que tous les frères furent rassasiés. Et ce qui resta de ce pain venu de Dieu fut plus abondant que ce qui était venu des hommes.

Comment il vit des anges envoyés pour garder les frères.

Un légiste citoyen de Bologne, entra dans l’Ordre. Ses amis du monde voulaient l’enlever de force. Pour défendre le couvent, les frères terrifiés voulaient aller chercher des soldats, mais le bienheureux Dominique leur dit: «Nous n’avons pas besoin de soldats; car je vois autour de l’église deux cents anges, au moins, envoyés à la garde des frères.» Alors, ces hommes, remplis d’une crainte divine à cette nouvelle, et pleins de confusion, se retirèrent, et le novice, consolé, put rester dans l’Ordre.

D’un frère gourmand, qu’il délivra du démon.

A Bologne, un frère assigné au service des malades mangeait parfois la viande qui restait, sans permission. Un soir où il agissait ainsi, il fut possédé par le démon et commença à crier fort et terriblement. Les frères accoururent, et le bienheureux s’avança. Dans sa compassion pour le frère horriblement tourmenté, il reprocha au démon d’être entré dans son corps. Alors le diable lui répondit: «Je suis entré dans celui qui l’a mérité; car il mangeait les mets des malades, en cachette et sans permission, contre les constitutions de ton Ordre.» Le bienheureux Dominique lui dit alors: «Par l’autorité du Seigneur, moi, je l’absous de son péché. Et toi, démon, je te commande, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ, de sortir de son corps et de ne plus le tourmenter.» Le frère fut aussitôt libéré.

De sa compassion envers les pécheurs, et de la crainte du scandale.

Il compatissait extrêmement aux péchés et aux misères des hommes. Ainsi, lorsqu’il arrivait dans une ville, ou un village, dès qu’il apercevait ce lieu d’une hauteur proche, il pensait aux misères des hommes, et aux péchés qu’on y commettait, et il fondait en larmes. Lorsque la fatigue du chemin l’obligeait à s’arrêter dans quelque hôtellerie, il étanchait d’abord sa soif à la première source qu’il trouvait; il craignait que l’intensité de sa soif, due aux peines du voyage, ne lui fasse dépasser la mesure en buvant, et en montrer quelques traces. Il avait quelque crainte, non seulement en cela, mais en tout.

De son détachement des choses matérielles.

Il gardait son cœur tellement uni à Dieu qu’il était détaché de tout objet, aussi bien de ceux qui avaient de l’importance que des plus ordinaires, ainsi des vêtements, des livres, des ceintures, des couteaux (qu’il portait rarement), et tout ce dont il se servait était très commun. Il reprenait les frères qui recherchaient l’élégance avec trop d’intérêt dans ces choses.

Comment il étudiait dans le livre de la charité.

Un étudiant clerc lui demanda un jour dans quel livre il avait le plus étudié, car il constatait l’excellence de sa prédication et sa science des Ecritures. Le saint lui répondit qu’il avait surtout étudié dans le livre de la charité, plus que dans aucun autre; car c’est le livre qui enseigne sur tout.

5 aoùt

18ème dimanche du Temps ordinaire

Commentaire extrait de la Chaîne d'Or de saint Thomas d'Aquin
Jn 6, 24-35


En ce temps-là,     quand la foule vit que Jésus n’était pas là,  ni ses disciples,  les gens montèrent dans les barques  et se dirigèrent vers Capharnaüm  à la recherche de Jésus. L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent :  « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »  Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure 
jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »  Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel 
et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »  Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

— Saint Augustin : (Traité 25). Il ne dit pas : C'est que vous croyiez à lui, mais : « C'est que vous croyiez en lui. » On peut croire à Jésus-Christ, sans croire immédiatement en lui; ainsi les démons croyaient à Jésus-Christ, sans cependant croire en lui; ainsi nous croyons à Paul, sans pour cela croire en Paul. Croire en Jésus-Christ, c'est donc l'aimer en croyant, c'est unir la foi à l'amour, c'est s'unir à lui par la foi et faire partie du corps [dont il est le chef]. C'est la foi que Dieu exige de nous, et qui opère par la charité. (Gal 5) Cependant la foi est distincte des œuvres, selon la doctrine de l'Apôtre : « L'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. » (Rm 3, 28). Il est des œuvres qui paraissent bonnes, quoique séparées de la foi en Jésus-Christ, mais elles ne le sont pas en réalité, parce qu'elles ne se rapportent pas à la fin qui les rend véritablement bonnes : « Car Jésus-Christ est la fin de la loi, pour justifier tout homme qui croit. » (Rm 10) Voilà pourquoi Notre Seigneur n'a pas voulu distinguer la foi des œuvres, mais qu'il a déclaré que la foi est l'ouvrage de Dieu; car c'est la foi qui opère par la charité. Et il ne dit pas : Votre œuvre, mais : « L'œuvre de Dieu est que vous croyiez en lui, » afin que celui qui se glorifie, ne se glorifie que dans le Seigneur. (2 Co 10, 17). Croire en lui, c'est donc manger la nourriture qui demeure pour la vie éternelle. Pourquoi préparer vos dents et votre estomac ? Croyez, et vous avez mangé. A cause de cette invitation que le Sauveur leur fait de croire en lui, ils répondent en demandant de nouveaux miracles pour appuyer leur foi; car c'est le propre des Juifs de demander des miracles : « Ils lui répartirent : Quel miracle faites-vous, pour que, le voyant, nous croyions en vous ? »
— Saint Jean Chrysostome : (hom. 45). Rien de plus déraisonnable à des hommes qui ont pour ainsi dire un miracle entre les mains, que de tenir un pareil langage, comme s'ils n'avaient jamais été les témoins d'aucun miracle. Ils ne laissent même pas au Sauveur le choix du miracle, mais ils veulent le mettre dans la nécessité de n'opérer d'autre prodige que celui qui a été fait en faveur de leurs ancêtres : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert. »
— Alcuin : Et pour ne point exposer cette manne au mépris, ils la relèvent par l'autorité du Psalmiste en ajoutant : « Ainsi qu'il est écrit : Il leur a donné à manger le pain du ciel. » (Ps 77)
— Saint Jean Chrysostome : (hom. 45). Parmi tant de miracles que Dieu opéra dans l'Egypte, dans la mer Rouge, dans le désert, ils rappellent de préférence le souvenir du miracle de la manne, dont la tyrannie de leur ventre leur faisait désirer le retour. Remarquez qu'ils n'attribuent point ce miracle à Dieu, pour ne point paraître égaler le Sauveur à Dieu, ils ne présentent point non plus Moïse comme en étant l'auteur, parce qu'ils ne veulent point humilier Jésus-Christ; ils échappent à cette double difficulté en disant : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert. »
— Saint Augustin : (Traité 25). Ou bien encore, Notre Seigneur se posait comme supérieur à Moïse, car jamais Moïse n'osa dire de lui qu'il donnait la nourriture qui ne périt point. Au souvenir donc des grands miracles opérés par Moïse, ils en voulaient de plus grands encore, et semblaient dire au Sauveur : Vous promettez la nourriture qui ne périt point, et vous êtes loin de faire des miracles semblables à ceux de Moïse, ce ne sont point des pains d'orge qu'il a donnés au peuple de Dieu, mais la manne qui tombait du ciel.
— Saint Jean Chrysostome : (hom. 45). Notre Seigneur aurait pu leur répondre que Moïse avait fait de plus grands miracles [que celui de la manne]; mais ce n'était pas le moment de leur parler de la sorte, il n'avait en vue qu'une seule chose, c'était de leur inspirer le désir de la nourriture spirituelle : « Jésus leur répondit donc : En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a point donné le pain du ciel, mais c’est mon Père qui vous donne le vrai pain qui vient du ciel.»  La manne ne venait donc point du ciel ? [si l'Ecriture dit qu'elle venait du ciel], c'est dans le même sens qu'elle appelle les oiseaux, les oiseaux du ciel (Ps 8), et qu'elle dit ailleurs : « Le Seigneur a tonné du haut du ciel. » (Ps 17; Qo 46). Le Sauveur dit que la manne n'était pas un pain véritable, non pas que la manne ne fût vraiment miraculeuse, mais parce que c'était une figure et non la vérité. Remarquez encore qu'il ne dit pas : Moïse ne vous a pas donné, mais c’est moi (qui vous ai donné) ; c'est Dieu qu'il oppose à Moïse, et il se met lui-même à la place de la manne.
— Saint Augustin : (Traité 25). Voici le vrai sens des paroles du Sauveur : La manne était symbolique : le symbole de la nourriture dont je viens de vous parler, et toutes ces choses étaient des figures de la vérité qui devait s'accomplir en moi; vous vous appréciez mes miracles, et vous n'avez que du mépris pour ce qu’ils signifient. C'est Dieu, en effet, qui donne le pain figuré par la manne, c'est-à-dire Notre Seigneur Jésus-Christ : « Car le pain véritable est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. »
— Saint Bède : Le monde doit s'entendre ici non pas des éléments qui le composent, mais des hommes qui l'habitent.
— Théophylactus : Notre Seigneur déclare qu'il est le pain véritable, parce que le premier et le principal objet figuré par la manne, c'était le Fils unique de Dieu fait homme. Le mot manne signifie en effet : Qu'est-ce que cela ? Car les Juifs ayant vu la manne tomber du ciel, se disaient l'un à l'autre dans leur étonnement : « Quelle chose est-ce là ? » (Ex 16) Or, le Fils de Dieu fait homme est par-dessus tout cette manne, objet d'étonnement pour les Juifs, qui se demandaient aussi les uns les autres : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Comment le Fils de Dieu peut-il être le Fils de l'homme ? Comment deux natures ne forment-elles qu'une seule personne ? »
Alcuin : Il est descendu des cieux en se revêtant de notre humanité, et c'est la divinité qui s'en est revêtue qui donne la vie au monde.
— Théophylactus : Ce pain, qui de sa nature est la vie, parce qu'il est le Fils du Dieu vivant, fait l'œuvre qui lui est propre, en donnant la vie à tout ce qui existe; de même, en effet, que le pain matériel conserve notre faible vie corporelle, ainsi Jésus-Christ donne la vie à l'âme par les secrètes opérations de l'Esprit. Il communique même au corps un principe d'incorruptibilité, qu'il lui assure par sa résurrection, et c'est en ce sens qu'il donne la vie au monde.
— Saint Jean Chrysostome : (hom. 45). Et ce n'est pas seulement aux Juifs, mais à tous les hommes répandus sur la surface de la terre. Mais ceux qui l'écoutaient ne portaient pas encore leurs pensées si haut : « Ils lui dirent donc : Seigneur, donnez-nous ce pain. » Il vient de leur déclarer que c'était son Père qui leur donnait ce pain, et ils ne lui disent pas : Priez-le de nous le donner, mais : « Donnez-nous ce pain. »
—  Saint Augustin : [référence à vérifier] À l'exemple de la Samaritaine, qui avait pris dans un sens matériel ces paroles du Sauveur : « Celui qui boira de cette eau n'aura jamais soif, » et qui lui disait pour se mettre à l'abri du besoin : « Donnez-moi de cette eau », les Juifs disent à Jésus : « Donnez-nous toujours ce pain » pour qu’il nous soutienne et ne nous fasse jamais défaut. »

2 aoùt

Le 8 août, la messe de la fête de saint Dominique célébrée à 10h 30.

Elle sera présidée par Mgr Raffin, évêque émérite de Metz

 

 

1er aoùt

 

Prier le Rosaire sur les pas du

Bienheureux Charles de Foucauld

Mystères joyeux

L’Annonciation

Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole (Lc 1, 38).

Notre Dame qui, par ton «Oui» a changé la face du monde, prends près de Toi ceux qui veulent dire «oui» pour toujours. Tu sais le prix de ce mot, fais que nous ne reculions pas devant ce qu’il exige de nous; apprends-nous à le dire comme Toi, dans l’humilité, la simplicité et l’abandon à la Volonté du Père. Demande à ton fils, Jésus, que nos «oui» quotidiens servent plus parfaitement la Volonté de Dieu pour notre bonheur et celui du monde entier (Charles de Foucauld).

Notre Dame, apprends-nous à dire «oui» comme Toi.

 

La Visitation

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée (Lc 1, 39).

Ce que va faire la Vierge dans sa Visitation, ce n'est pas une visite à sa cousine pour se consoler mutuellement par le récit des merveilles de Dieu en elles. C'est encore moins une visite de charité matérielle pour aider sa cousine dans les derniers mois de sa grossesse et dans ses couches. C'est bien plus que cela. Marie part pour sanctifier saint Jean, pour lui annoncer la Bonne Nouvelle, pour l'évangéliser et le sanctifier, non par ses paroles, mais en portant Jésus en silence, auprès de lui, au milieu de sa demeure (Charles de Foucauld).

Prions pour les religieux voués à la contemplation; qu'ils portent Jésus, au milieu des hommes, en silence, sans paroles.

 

La Nativité

Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire (Lc 2, 12).

Si vous aviez d'abord appelé les riches, les pauvres n'auraient pas osé s'approcher de vous, ils se seraient cru obligés de rester à l'écart à cause de leur pauvreté, ils vous auraient regardé de loin, laissant les riches vous entourer. Mais en appelant les bergers les premiers, vous avez appelé à vous tout le monde. Que vous êtes bon! Comme vous avez pris le bon moyen pour appeler d'un seul coup autour de vous tous vos enfants, sans aucune exception (Charles de Foucauld).

A l'école de Charles de Foucauld, que Jésus nous enseigne à entrer dans cette pauvreté où il nous conduit.

 

La Présentation de Jésus

Les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (Lc 2, 22).

Dans la présentation, vous vous offrez tout entier à votre Père, sans restriction, corps et âme, répétant les paroles du psaume que vous disiez dès votre incarnation, dès votre naissance: Voici je viens… pour faire votre volonté (Charles de Foucauld).

Apprends-nous, Seigneur, à reconnaître ta volonté dans notre existence de chaque jour.

 

Le Recouvrement de Jésus au Temple

Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père? (Lc 2, 49).

Chaque fois que nos actes ne tendent pas à la gloire de Dieu, au salut de notre âme, ou au salut des âmes des autres, nous ne sommes pas occupés à l'affaire de notre Père: nous nous volons à lui, nous lui volons notre temps et les moyens qu'il nous a donnés: «Il vous sera demandé compte même d'une parole oiseuse que vous aurez dite» (Charles de Foucauld).

Demandons la grâce d'être à chaque instant là où Dieu nous veut.

 

 

Chapelet de sainte Bernadette (6 dizaines)

La tradition rapporte que lorsque la «Dame» apparut dans la Grotte de Massabielle, ...

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Neuvaine pour demander des vocations

Neuvaine pour les vocations dans notre communauté. Merci de prier avec nous.

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Diaporamas

Vous pouvez regarder quelques diaporamas avec un nouveauté ...

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Rosaire médité

Chaque mois, vous pouvez trouver sur le site un Rosaire médité.

Pour découvrir ce qu'est le rosaire

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Neuvaine pour demander un bébé

Neuvaine à Notre-Dame du Prompt-Secours pour demander la naissance d'un bébé par l'intercession de soeur Marie de Nazareth.

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