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Novembre

22 novembre

Vénérable Adélaïde Langmann

 

Professe du monastère d'Engeltbal
en Bavière
(1312-1375)

Le couvent des Dominicaines d'Engelthal est né d'un ermitage de femmes en 1244, dans le diocèse d'Eichstätt. Ce monastère se fit un nom comme centre de la mystique féminine. Christine Ebner et Adelheid Langmann sont les plus connues.
Adélaïde Langmann est fêtée le 22 novembre.

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20 novembre

Prier le Rosaire avec la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Mystères douloureux

Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) est une mystique, fille de paysans de la Westphalie du XVIIIe siècle. Elle a été Augustine de 1802 à 1811, date à laquelle les religieuses du couvent ont été dispersées. L'année suivante les stigmates apparurent. Elle eut de nombreuses visions sur la vie du Christ. Elle a été proclamée bienheureuse le 3 octobre 2004.
On peut remarquer, dans les textes proposés pour cette méditation du Rosaire, la place de la lumière.


L’Agonie

Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux (Mt 26, 39).

Sous l'impulsion de sa charité infinie, Jésus se renfermait, pour ainsi dire, dans sa pure, aimante, innocente humanité et, armé seulement de l'amour qui enflammait son cœur d'homme, il la dévouait, pour les péchés du monde, à toutes les angoisses et à toutes les souffrances.

Mère des douleurs, souviens-toi des pécheurs pour qui Jésus a versé son sang.

La Flagellation

Quant à Jésus, Pilate le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié (Mt 27, 26).

Notre Sauveur, le Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme, frémissait sous les coups de ces misérables; ses gémissements doux et clairs se faisaient entendre comme une prière affectueuse sous le bruit des verges de ses bourreaux.

Mère des douleurs, souviens-toi des exilés, des chrétiens persécutés, des enfants battus.

 

Le Couronnement d’épines

Avec des épines, les soldats tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête (Mt 27, 29).

La couronne d'épines était haute de deux largeurs de main, très épaisse et artistement tressée. Ils la lui placèrent autour du front en manière de bandeau, et la lièrent fortement par derrière. Quand ils l'eurent attachée sur la tête de Jésus, ils lui mirent un épais roseau dans la main. Ils firent tout cela avec une gravité dérisoire, comme s'ils l'eussent réellement couronné.

Mère des douleurs, souviens-toi de ceux qui sont rejetés par leurs parents et leurs proches à cause de leur foi.

 

Le Portement de croix

Lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (Jn 19, 17).

Notre Seigneur s'avançait, les pieds nus et sanglants, courbé sous le pesant fardeau de la croix, chancelant, déchiré, meurtri, n'ayant ni mangé, ni bu, ni dormi depuis la Cène de la veille, épuisé par la perte de son sang, dévoré de fièvre, de soif, de souffrances intérieures infinies; sa main droite soutenait la croix sur l'épaule droite.

Mère des douleurs, souviens-toi des malades qui portent leur croix jour après jour.

 

Le crucifiement et la mort de Jésus

Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: «Femme, voici ton fils»
(Jn 19, 26).

La plus pure, la plus humble, la plus obéissante des femmes qui, après avoir dit à l'ange: Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole, devint mère du Verbe fait chair, apprenant de son fils mourant qu'elle doit devenir la mère spirituelle d'un autre fils, a répété ces mêmes paroles avec une humble obéissance, dans son cœur déchiré par les angoisses de la séparation. Et elle a adopté pour enfants tous les enfants de Dieu, tous les frères de Jésus-Christ.

Mère des douleurs, souviens-toi de l'Eglise que ton Fils t'a confiée.

18 novembre

33ème dimanche du Temps ordinaire

« Il rassemblera les élus
des quatre coins du monde »

Mc 13, 24-32

Signes cosmiques et venue du Fils de l'homme (Mc 13, 24-27)

24 Mais en ces jours-là, après cette détresse, le soleil s'obscurcira, et la lune ne donnera plus son éclat; 25 et les étoiles seront tombant du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. 26 Et alors on verra le Fils de l'homme venant dans les nuées avec grande puissance et gloire. 27 Et alors il enverra des anges, et il rassemblera ses élus des quatre vents, de l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel».

L'annonce du grand signe qui précèdera la venue du Seigneur termine la séquence sur les signes. «En ces jours-là, après cette détresse», établit un lien avec la péricope précédente sans pour autant délimiter une durée précise. En ces jours-là, donc, il y aura de nouveaux signes qui seront les derniers, cosmiques cette fois. Les versets 24 et 25 reprennent les images fréquentes dans la littérature apocalyptique que l'on trouve chez les prophètes pour indiquer une manifestation du Seigneur comme Juge des nations. Le soleil qui s'obscurcit est présent dans un oracle d'Isaïe contre Babylone (Is 13, 10): il accompagnera le Jour du Seigneur qui réduira le pays en ruine. La lune qui ne donnera plus son éclat, se trouve aussi dans ce même oracle, et encore dans une vision du Jour du Seigneur rapportée par le prophète Joël (Jl 2, 10; cf. Ez 32, 7). Quant aux étoiles, encore appelées «puissances qui sont dans les cieux», elles tomberont du ciel et seront ébranlées; ce qui suppose un ébranlement cosmique qui n'est pas sans lien avec les cieux qui tremblent, prédits par le prophète Joël (Jl 2, 10) ou encore avec la dislocation de l'armée des cieux qui était annoncée dans le jugement sur Edom, par le prophète Isaïe (Is 34, 4). Tous ces signes dans le cosmos précèderont la venue du Juge, mais rien n'indiquent quand ils se produiront: aucun lien avec à la fin du monde n'est établi par Jésus.

Le verset suivant par contre, concerne directement la fin des temps. Jésus, comme dans les annonces de sa Passion, se présente comme le Fils de l'homme, et l'on peut y reconnaître une allusion au Fils de l'homme de la prophétie de Daniel (Dn 7, 13-14). Mais alors que Daniel disait «comme un Fils d'homme», Jésus parle du Fils de l'homme et s'identifie à lui. Il annonce sa venue à la fin des temps, dans les nuées du ciel et non sur les nuées, comme le disait le livre de Daniel; il utilise donc librement la prophétie de Daniel. Dans l'Ancien Testament, le Seigneur apparaissait dans une nuée: mais le mot était au singulier (Ex 34, 5), comme aussi dans la scène de la transfiguration de Jésus. Jésus utilise ici le pluriel.
Il y a encore une autre différence avec le texte source: Jésus viendra avec grande puissance et gloire, alors que le personnage décrit par Daniel recevra empire, honneur et royaume.
Le Fils de l'homme donc, lorsqu'il viendra dans la gloire de sa divinité, sera vu. Par qui? Par tous. Etant Dieu, il est le Seigneur des anges qui sont ses serviteurs. C'est donc à eux qu'il confiera une mission: rassembler les élus. Il donnait ainsi son accomplissement à la promesse faite par Dieu à son peuple: le rassembler «du milieu de tous les peuples où il l'a dispersé» (Dt 30, 3-4). Ici ne n'est pas du peuple d'Israël qu'il s'agit, mais des élus qui ont tenu bon pendant la grande détresse, abrégée à cause d'eux. Ces élus sont présents dans le monde entier, comme le montre l'emprunt fait par Jésus au prophète Zacharie: le rassemblement se fera «des quatre vents» (Za 2, 10; cf. Ez 37, 9), c'est-à-dire de l'occident, de l'orient, du nord et du midi. Jésus précise: «de l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel», c'est-à-dire, comme l'explique Bède: «des extrémités les plus éloignées de l'univers à ses extrémités les plus éloignées, jusqu'à ces régions où de loin les contours du ciel nous paraissent s'appuyer. Il n'y aura plus un seul élu qui n'accoura au devant de son Seigneur arrivant pour le jugement».

Le moment… (Mc 13, 28-32)

28 «Or du figuier, apprenez la parabole: quand déjà sa branche devient tendre et que poussent les feuilles, vous savez que l'été est proche; 29 ainsi, vous aussi, quand vous verrez que toutes ces choses arrivent, vous saurez qu'il est proche, aux portes.
30 Amen, je vous dis que cette génération ne passera sûrement pas jusqu'à ce que toutes ces choses soient. 31 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront sûrement pas.
32 Au sujet de ce jour ou de l'heure, personne ne sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, sinon le Père.

Après avoir parlé du signe qui indiquera que la consommation finale est proche (13, 4), Jésus répond à l'autre question de Pierre, relative au moment de la destruction du Temple et au moment du retour du Seigneur (13, 4).

de la destruction du Temple (Mc 13, 28-31)

Quand la sève monte dans les branches du figuier, on peut constater qu'elles s'assouplissent et que les feuilles poussent: c'est le signe que l'été est proche. Ainsi lorsque tous les signes décrits aux versets 14 et 18 arriveront, la destruction du Temple ne sera plus loin, et même tout proche: «aux portes»; mais il sera encore temps de fuir. Avant que «cette génération» dont Jésus a déjà parlé trois fois (8, 12.38; 9, 10) disparaisse, «toutes ces choses» — c'est-à-dire comme nous l'avons vu, la destruction du Temple —, seront arrivées. Effectivement en 70 le Temple a été incendié.
Le ciel et la terre passeront mais les paroles de Jésus s'accompliront: c'est une certitude; la destruction du Temple, mais aussi tout ce qu'il a dit dans son discours, arriveront.

... du retour du Seigneur: une date inconnue (Mc 13, 32)

La destruction du Temple aura lieu avant la disparition de cette génération à laquelle s'adresse Jésus, ce qui sans fournir une date précise, donne une indication de temps. Il n'en est pas de même pour la venue du Fils de l'homme dans la gloire (13, 24-27). Sa venue sera soudaine, comme le laissent percevoir les termes «jour» et «heure». Personne n'en connaît le moment, ni les anges, ni le Fils, uniquement le Père, selon la prophétie de Zacharie qui annonçait qu'il y aurait «un jour unique, le Seigneur le connaît» (Za 14, 7). C'est la première fois que Jésus parle de lui comme du Fils: jusqu'à présent, ce titre ne s'était trouvé utilisé que par le Père, lors du baptême et de la transfiguration.
Mais comment se fait-il que le Fils ne connaisse pas quelque chose que le Père connaît? Fils indique pourtant une relation intime entre Jésus et son Père.
Certes Jésus est le Fils, il vit dans l'intimité du Père. Tout au long de l'évangile de Marc, nous avons découvert que, s'il connaît les pensées du cœur des hommes, il connaît aussi les pensées de Dieu: il vient de le montrer en mettant en garde ses disciples, par l'annonce de signes futurs. Et la consommation sera sa propre venue dans la gloire.
Alors pourquoi connaît-il son retour et n'en connaît-il pas le jour? On retrouve des paroles analogues dans l'évangile de saint Jean: «Tout ce que le Père fait, le Fils le fait aussi pareillement. Il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci» (Jn 5, 20). «Montrera» est un futur. En fait le Père fait connaître à Jésus, le Fils, ce qu'il a besoin de connaître pour la mission qu'il lui a confiée, ce qu'il doit nous faire connaître pour que nous croyions et marchions à sa suite. Le reste, le Père ne le lui communique pas. Il en est ainsi pour le jour de la venue du Fils de l'homme dans la gloire. Pourquoi cela? Jésus est le Fils du Père, il vit dans une totale communion de volonté avec lui, il reçoit tout de lui. Ne pas connaître ce que le Père connaît est pour lui la traduction, dans son humanité, de sa totale dépendance du Père.

16 novembre

La prière d'intercession des moniales

Intercéder pour le monde et pour l'Eglise, pour les personnes qui traversent des difficultés, c'est bien là, pour beaucoup, le rôle essentiel des monastères. Ils ont une grande confiance dans l'intercession des moniales. De très nombreuses demandes de prière arrivent, en effet, par le site de la communauté ou par des communications téléphoniques. Ce sont bien souvent des appels au secours concernant la santé, la situation financière, familiale ou professionnelle, ou encore des emprises démoniaques, et bien d'autres aspects de la vie: parfois aussi l'action de grâces. Tout cela est communiqué à toutes les sœurs de la communauté pour être confié à leur prière. Bien sûr, les moniales sont aussi démunies que tout le monde face à ces grandes détresses et, sans une grande confiance dans le Seigneur, il y aurait de quoi déprimer devant tant de souffrances.

Alors qu'est-ce que l'intercession?
Intercéder, c'est d'abord croire que le Seigneur est présent dans le cœur de tout homme, qu'il l'entoure de son amour. C'est un cri de confiance comme celui qui sortait de la bouche des psalmistes, pour ceux qui, dans leur souffrance, n'ont plus la force de tenir seuls devant Dieu et ont besoin d'être soutenus par d'autres.
Intercéder, c'est s'ouvrir à la dimension missionnaire de la prière, à sa dimension ecclésiale.
Intercéder, c'est rassembler dans le creux de son cœur, toutes les personnes qui se sont confiées à notre prière, les présenter devant le Seigneur qui, lui, connaît ce qui est bon pour chacun. C'est un acte de confiance en Dieu qui n'exauce pas forcément la matérialité de ce que les uns ou les autres espèrent recevoir de lui; souvent il veut faire découvrir le don encore plus grand qu'il désire faire, parfois après un long tunnel.
Intercéder, c'est être en face de sa propre pauvreté et de son impuissance, et s'en remettre au Seigneur. C'est une épreuve de vérité pour la foi. Dieu est-il encore, oui ou non, au milieu de nous, dans notre désert? Il ne faut pas douter que le Seigneur nous exauce avant même que nous lui demandions; il sait ce dont chacun a besoin. Mais il veut avoir besoin de la prière des uns pour les autres. Il donne plus que nous demandons, et différe souvent la réponse pour purifier notre désir. Quand on a présenté à Dieu une demande et que l'on n'obtient pas ce que l'on désirait, il ne faut donc pas répéter sa prière, pensant que Dieu ne nous a pas entendus, puisque nous ne sommes pas exaucés comme nous le désirions. Il faut croire que nous sommes exaucés. L'intercession est une chemin de purification de la foi; elle fait grandir dans la confiance et l'abandon entre les mains du Seigneur.
L'intercession apprend à entrer peu à peu dans la prière du Christ qui intercède sans cesse pour nous devant Dieu.

Quelques sœurs sont poussées intérieurement à prier plus particulièrement pour une intention ou pour une autre. Par exemple, notre sœur Marie de Nazareth intercédait et intercède encore tout particulièrement pour les couples qui désirent avoir un enfant. D'autres prieront intensément pour les enfants, comme notre sœur Marie-Réginald. D'autres pour les vocations, d'autres pour le Pape, les prêtres, etc.

15 novembre

Prier le Rosaire avec la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Mystères lumineux

Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) est une mystique, fille de paysans de la Westphalie du XVIIIe siècle. Elle a été Augustine de 1802 à 1811, date à laquelle les religieuses du couvent ont été dispersées. L'année suivante les stigmates apparurent. Elle eut de nombreuses visions sur la vie du Christ. Elle a été proclamée bienheureuse le 3 octobre 2004.
On peut remarquer, dans les textes proposés pour cette méditation du Rosaire, la place de la lumière.

 

Le Baptême

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie (Mt 3, 17).

Jésus était inondé de lumière, et l'on pouvait à peine le regarder: il était comme transparent et entouré d'une foule d'anges. Je vis, à quelque distance, Satan se montrer au-dessus des eaux du Jourdain: il semblait que pendant la descente du Saint-Esprit, tout ce qu'il y avait de mal, de péché et de venin dans le pays, eût pris des formes visibles et se fût absorbé comme dans sa source, en cet être ténébreux.

Confions à Marie ceux qui sont pris par des sectes satanistes: que la lumière du Christ entre dans leur cœur.

 

Cana

Sa mère dit à ceux qui servaient: «Tout ce qu’il vous dira, faites-le» (Jn 2, 5).

Marie est la femme qui a enfanté Celui auquel elle a recours comme Créateur, afin d'obtenir du vin pour ses créatures, aux yeux desquelles il va révéler sa suprême dignité. Jésus a résolu de montrer ici qu'il est le Fils de Dieu, et non qu'il est le fils de Marie.

Confions à Marie les petits et les pauvres: qu'ils trouvent près d'elle réconfort et douceur.

 

L’Annonce du Royaume

Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche: repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle (Mc 1, 15; 2, 3-13; Jn 20, 22-23).

Un grand nombre de personnes, particulièrement des malades et des pauvres, accouraient; ils louaient Dieu avec ceux que Jésus avait guéris. La foule était si grande, que les scribes, confus et irrités, furent obligés de faire place et que plusieurs se retirèrent. Le Sauveur fit à la multitude qui l'entourait un sermon sur l'approche du Royaume des cieux, sur la pénitence et sur la conversion.

Confions à Marie ceux qui se convertissent au Christ: qu'ils restes fidèles quand la persécution arrive.

 

La Transfiguration
Jésus fut transfiguré devant eux; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière (Mt 17, 2).

Un torrent de lumière se répandit sur Jésus, et une voix semblable au doux murmure d'un souffle léger se fit entendre au-dessus des apôtres: C'est mon Fils bien-aimé en lequel je me complais! Ecoutez-le! Alors les apôtres furent saisis de crainte: ils se prosternèrent la face contre terre.

Confions à Marie ceux qui n'ont jamais entendu parler de Jésus: qu'ils trouvent un témoin sur leur chemin.

 

L’Eucharistie

Prenez et mangez, ceci est mon corps, qui est donné pour vous (Mt 26, 26).

Jésus étendit sa main droite comme pour bénir, et, pendant qu'il faisait cela, une splendeur sortit de lui; ses paroles étaient lumineuses: le pain l'était aussi et se précipitait dans la bouche des apôtres comme un corps brillant: c'était comme si lui-même fût entré en eux. Je les vis tous pénétrés de lumière.

Confions à Marie les séminaristes et les jeunes prêtres; que l'eucharistie soit au cœur de leur vie.

12 novembre

Vénérable Isabelle, dominicaine du monastère de la Mère de Dieu, à Séville

(morte le 12 novembre 1604)

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11 novembre

32ème dimanche du Temps ordinaire

« Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)

Ostentation des scribes

Jésus continue d'entretenir la foule, non plus de l'enseignement des scribes, mais de leur comportement. Il invite ses auditeurs à ne pas les imiter. Une mise en garde avait porté sur le levain des Pharisiens (8, 13), maintenant il cible trois de leurs vices: la vanité, l'avarice et l'hypocrisie.
La vanité? Ils cherchent à se faire remarquer dans leurs déplacements par leurs grandes robes; sur les places publiques où sont installées de multiples boutiques, ils rencontrent beaucoup de monde et tiennent à en recevoir des salutations devant tous; dans les synagogues, ils veulent être mis à l'honneur en occupant les premières places enviées par tous; et enfin dans les repas, ils veulent avoir les lits d'honneur.
Leur avarice est notoire. Ils utilisent leur connaissance du droit aux dépens des veuves, femmes seules et sans protection, à la merci de ceux qui veulent les spolier par cupidité. C'est ainsi que les scribes leur volaient leurs maisons.
Enfin l'hypocrisie: les scribes prient longuement en public, avec des gestes extérieurs qui accompagnent la prière juive et qui leur donne une allure de piété. Et le peuple les admire. Mais, dit Jésus, leur dévotion n'est qu'apparente, leur cœur poursuit d'autres intérêts que ceux de Dieu.
Jésus prononce contre eux une condamnation sévère; «plus grande», dit-il. A qui les compare-t-il donc? A ceux qui se laissent aller aux mêmes vices, mais qui ne font pas montre de la même ostentation pour se faire passer pour justes alors qu'ils ne le sont pas.
L'enseignement à la foule se termine par cette condamnation.

L'obole de la veuve

Jésus s'assied tout seul dans le parvis des femmes qui est à l'intérieur de l'enceinte du Temple, devant le Trésor. Or la salle du Trésor avait un tronc avec une ouverture donnant à l'extérieur. Les passants y mettaient leurs dons. Jésus les regarde attentivement mettre les pièces de monnaie de bronze, monnaie qui avait cours dans le Temple, mais n'était pas une monnaie officielle. Il observe les riches qui mettent de grosses sommes. Mais une veuve retient son attention, elle n'agit pas comme tout le monde. Alors qu'elle est pauvre, elle fait un don; elle jette deux lepton dans le tronc, c'est-à-dire un cadran – quart d'un as, qui est lui-même le seizième du denier, unité monétaire. La veuve jette donc les pièces les plus petites qui soient. Etant donné la faible somme donnée, on pourrait se demander pourquoi Jésus la remarque, parmi les autres pauvres. Mais lui ne s'arrête pas aux apparences: il voit les cœurs de ceux qui jettent leur argent dans le tronc.
Il appelle donc ses disciples, qui étaient non loin de là, et leur explique ce que la veuve a fait de grand, de façon cachée aux yeux de tous, sauf pour lui. Elle a, dit-il, «jeté plus que tous ceux qui jettent dans le Trésor». Elle n'a pas seulement donné de son superflu, comme les riches, mais elle a donné tout ce qu'elle avait pour vivre.
A l'encontre des scribes qui spolient les veuves à cause de leur cupidité, alors qu'ils devraient montrer l'exemple d'une vie juste, une veuve montre ce qu'est le véritable amour de Dieu, sans ostentation. Elle ne donne que deux piécettes, mais par ce geste elle donne toute sa vie à Dieu.

10 novembre

Vénérable Catherine Colomb

fondatrice du monastère dominicain du Puy-en-Velay

(1537-1622)

 

 

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8 novembre

 

 

Anniversaire des frères et soeurs défunts de l’Ordre des Prêcheurs

Petite méditation sur la mort au quotidien

 

 

 

La crainte de la mort, tel est bien le principal obstacle au progrès dans la vie spirituelle. Les Anciens l'avaient bien compris et c'est pourquoi ils conseillaient d'avoir constamment la mort devant les yeux. Saint Benoît s'en fait l'écho en indiquant comme quarante-septième instrument des bonnes œuvres: «Avoir chaque jour la mort devant les yeux, comme étant près de nous surprendre. (Mt 24).» Avoir chaque jour la mort devant les yeux fait peu à peu disparaître la crainte de la mort dont parle saint Paul: Le Seigneur a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves (He 2,15).

Pourquoi craint-on de mourir? Par peur de perdre tout ce à quoi nous tenons: nos projets, l'avenir dans lequel nous nous projetons, notre petite sécurité, nos relations, le petit univers que nous nous sommes créé, l'expansion de notre Moi, bref toutes les richesses auxquelles nous tenons et dont nous devenons esclaves. C'est le signe que Dieu n'est pas premier dans notre vie: nous avons oublié que nous sommes, au plus profond de notre être, tendus vers lui.

Pourquoi penser chaque jour à la mort? Pour comprendre l'importance du renoncement, de la pauvreté absolue, qui permettent d'entrer dans la vie dès maintenant. Notre vie est un don de Dieu constamment renouvelé. Chaque fois que nous voulons la maîtriser, la programmer, c'est la confiance en Dieu qui recule et la peur de la mort qui grandit, car il est bien vrai que la mort peut nous faire tout perdre en quelques instants. Penser chaque jour à la mort, c'est raviver notre espérance de participer à la vraie vie, la vie de Dieu, pour qu'elle devienne le moteur de notre existence.
Cette sagesse est oubliée dans une société qui a mis de côté le rôle fondamental de la mort pour grandir véritablement. Il ne reste que le cadavre que l'on embaume pour lui donner un aspect qui ressemble à la vie. Même dans la vie monastique, cette présence quotidienne de la mort devant les yeux semble avoir été oubliée.
Le désir de développement personnel, d'expansion du moi qui fait florès dans la société ambiante, est en train de grignoter la sagesse chrétienne.

6 novembre

Prier le Rosaire avec la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Mystères joyeux

Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) est une mystique, fille de paysans de la Westphalie du XVIIIe siècle. Elle a été Augustine de 1802 à 1811, date à laquelle les religieuses du couvent ont été dispersées. L'année suivante les stigmates apparurent. Elle eut de nombreuses visions sur la vie du Christ. Elle a été proclamée bienheureuse le 3 octobre 2004.
On peut remarquer, dans les textes proposés pour cette méditation du Rosaire, la place de la lumière.

L’Annonciation

L’ange entra chez elle et dit: «Je te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi» (Lc 1, 28).

La salutation de l'ange fut pour Marie comme une consécration qui faisait d'elle l'Église de Dieu. Lorsqu'elle prononça ces mots: Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole, le Verbe divin, salué par l'Église, salué par sa servante, entra en elle; dès lors, Dieu fut dans son temple, Marie fut le temple et l'Arche d'alliance du Nouveau Testament.

Prions pour toutes les femmes qui portent dans leur cœur le désir d'avorter.

 

La Visitation

Quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle (Lc 1, 41).

La salutation d'Elisabeth, le tressaillement de Jean dans le sein de sa mère, furent le premier culte rendu devant ce sanctuaire qu'était Marie. Lorsque la sainte Vierge entonna le Magnificat, l'Église de la nouvelle alliance, du nouveau mariage, célébra, pour la première fois, l'accomplissement des promesses divines de l'ancienne alliance, de l'ancien mariage, récitant en actions de grâces un Te Deum laudamus.

Prions pour les Juifs qui attendent l'accomplissement des promesses que Dieu leur a faites.

 

La Nativité

Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire (Lc 2, 12).

Je vis notre Seigneur comme un petit enfant lumineux, dont la splendeur effaçait toute lumière autour de lui, couché aux pieds de la sainte Vierge; il me sembla d'abord qu'il était tout petit, puis il parut grandir sous mes yeux; mais toute cette splendeur m'éblouissait tellement qu'il m'est bien difficile d'exprimer ce que j'ai vu.

Prions pour que Jésus grandisse dans le cœur des enfants et le protège.

 

La Présentation de Jésus

Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras (Lc 2, 27-28).

Siméon s'approcha de la sainte Vierge dans les bras de laquelle reposait l'Enfant Jésus, et la conduisit à la table des offrandes, où elle déposa l'enfant dans un berceau. A ce moment, le Temple me parut rempli d'une lumière éblouissante: je vis que Dieu y était, et qu'au-dessus de l'enfant les cieux étaient ouverts jusqu'au trône de la sainte Trinité.

Prions pour ceux qui se consacrent à Marie pour vivre plus intensément leur baptême.

 

Le Recouvrement de Jésus au Temple

Assis au milieu des docteurs de la Loi, l'enfant Jésus les écoutait et leur posait des questions (Lc 2, 46).

Les réponses et les enseignements de l'enfant étaient si admirables, que ses auditeurs étaient partagés entre l'étonnement, le dépit, la confusion et l'admiration; mais à la fin le dépit l'emporta et arriva à son comble, car ils étaient confus d'entendre des choses qu'ils n'avaient jamais sues ni comprises.

Prions pour ceux qui ont charge d'enseignement dans l'Eglise.

4 novembre

31ème dimanche du Temps ordinaire

Controverse avec un scribe

Mc 12, 28b-34



28 Et s'approchant, un des scribes, les ayant entendu discuter, voyant qu'il leur avait bien répondu, l'interrogea: «Quel est le premier commandement de tous?» 29 Jésus répondit que le premier est: «Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est unique, 30 et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée, et de toute ta force. 31 Le deuxième est celui-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'est pas d'autre commandement plus grand que ceux-là». 32 Et le scribe lui dit: «Bien, Maître, tu as dit en vérité qu'il est Unique et qu'il n'en est pas d'autre excepté lui, 33 et l'aimer de tout son cœur et de toute son intelligence et de toute sa force et aimer le prochain comme soi-même est bien plus que tous les holocaustes et sacrifices.» 34 Et Jésus, voyant qu'il avait répondu judicieusement, lui dit: «Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu.» Et personne n'osait plus l'interroger.

Un des scribes qui était dans le Temple admire la réponse de Jésus aux Sadducéens, d'autant plus qu'il appartient au parti des Pharisiens. Il pose à son tour une question à Jésus, qui touche cette fois aux fondements de la conduite morale: «Quel est le premier commandement de tous?» Tout laisse penser que son intention est droite. Il veut bénéficier de la sagesse de Jésus et ne cherche pas à le prendre en défaut.
La question posée se comprend aisément, car la Loi comporte six cent treize commandements dont trois cent soixante cinq commandements positifs. Alors, comment établir une hiérarchie dans un pareil foisonnement de préceptes? C'était un sujet débattu par les rabbins, et tous n'apportaient pas la même réponse. Que disait donc Jésus?
Jésus accueille bien la question et y répond directement en citant le shema Israël que tout Juif pieux récite matin et soir: «Écoute, Israël: le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force» (Dt 6,4-5). Jésus cite le texte biblique en le modifiant un peu; il remplace «de tout ton pouvoir» par: «de toute ta pensée, et de toute ta force». Sa réponse est une profession au Dieu unique, qui implique une réponse d'adhésion de tout l'être. Il semble avoir répondu ainsi à la question; pourtant il continue en citant un deuxième commandement, extrait du Lévitique: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Lv 19,18). Le contexte de cette phrase indique que le prochain, ce sont «les enfants de ton peuple», donc les Israélites. Ici Jésus ne précise pas qui est le prochain, comme il le fera avec la parabole du bon samaritain dans l'évangile de Luc (Lc 10,30-37). Ce deuxième commandement pouvait paraître moins grand que le premier, puisque venant en second. Mais Jésus ajoute une petite phrase qui donne son interprétation personnelle: «Il n'est pas d'autre commandement plus grand que ceux-là». «Ceux-là» regroupe les deux commandements cité en une unité indissociable: Jésus ne dit pas que l'un est plus grand que l'autre, mais qu'aucun autre n'est supérieur à l'amour de Dieu et à l'amour du prochain qui ne font qu'un et sont le fondement de la vie morale. Le «comme toi-même» indique que la mesure de l'amour du prochain, c'est l'amour de soi-même, non pour calquer l'autre sur soi, mais pour l'aimer avec autant de bienveillance que celle que l'on se porte spontanément à soi-même. Augustin disait qu'il n'est personne qui ne s'aime lui-même.
Le scribe répond en répétant ce que Jésus vient de dire, non pas mot à mot cependant. Il ne prononce pas le nom de Dieu et dit simplement: «Il», pour en parler. Il omet «de toute ton âme» et remplace «pensée» par «intelligence». En fait, il reprend le texte du Deutéronome littéralement. Puis il tire la conséquence de la réponse de Jésus: le culte rendu à Dieu dans le Temple est subordonné à l'amour de Dieu et du prochain. Osée avait déjà dit quelque chose de semblable: «C'est l'amour qui me plaît et non les sacrifices» (Os 6,6). Jésus, à son tour, reconnaît le bien-fondé de la réponse du scribe et conclut: «Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu». Il est en effet en harmonie avec l'enseignement de Jésus et il ne lui manque pas grand-chose pour accueillir Jésus en personne.
Jésus s'est montré un véritable maître dans les arguments avancés pour les trois controverses. La dernière montre que ses compétences en matière d'Ecriture, peuvent être reconnues par un scribe de bonne volonté. Aussi plus personne n'ose lui poser de question. Il débusque en effet tout piège tendu, et vouloir le prendre en défaut c'est faire grandir l'admiration que la foule lui porte. Il faut donc chercher un autre moyen de mettre la main sur lui.

2 novembre

Augustin prie pour sa mère
Conf., XII, 34-37

Aujourdʼhui, le cœur guéri de cette blessure que lʼaffection charnelle rendait peut être trop vive, je répands devant vous, mon Dieu, pour cette femme, votre servante, de bien autres pleurs; pleurs de lʼesprit frappé des périls de toute âme qui meurt en Adam. Il est vrai que, vivifié en Jésus-Christ (1 Co 15, 22), elle a vécu dans les liens de la chair de manière à glorifier votre nom par sa foi et ses moeurs; mais toutefois je nʼoserais dire que, depuis que vous lʼeûtes régénérée par le baptême, il ne soit sorti de sa bouche aucune parole contraire à vos préceptes. Et nʼa-t-il pas été dit par la Vérité, votre Fils : « Celui, qui appelle son frère insensé est passible du feu (Mt 5, 22)?» Et malheur à la vie même exemplaire, si vous la scrutez dans lʼabsence de la miséricorde. Mais comme vous ne recherchez pas nos fautes à la rigueur, nous avons le confiant espoir de trouver quelque place dans votre indulgence. Et dʼautre part, quel homme, en comptant ses mérites véritables, fait autre choses que de compter vos dons? Oh! si les hommes se connaissaient, comme celui qui se glorifie se glorifierait dans le Seigneur (2 Co 10, 17)!
Ainsi donc, ô ma gloire! ô ma vie! Ô Dieu de mon coeur! mettant à part ses bonnes oeuvres, dont je vous rends grâces avec joie, je vous prie à cette heure pour les péchés de ma mère; exaucez-moi, au nom du Médecin suspendu au bois infâme, qui aujourdʼhui, assis à votre droite, sans cesse intercède pour nous (Rm 8, 34). Je sais quʼelle a fait miséricorde, et de toute son âme remis la dette aux débiteurs. Remettez-lui donc la sienne (Mt 6, 12); et sʼil en est quʼelle ait contractée, tant dʼannées durant quʼelle a vécu après avoir reçu lʼeau salutaire, remettez-lui, Seigneur, remettez-lui, je vous en conjure; nʼentrez pas avec elle en jugement (Ps 142, 2). Que votre miséricorde sʼélève au-dessus de votre justice (Jc 2, 13)! Vos paroles sont véritables, et vous avez promis aux miséricordieux miséricorde (Mt 5, 7) Et vous leur avez donné de lʼêtre, vous qui avez pitié de qui il vous plaît dʼavoir pitié, et faites grâce à qui il vous plaît de faire grâce (Ex 33, 19).
Et nʼauriez-vous pas déjà fait ce que je vous demande? je le crois; mais encore, agréez, Seigneur, cette offrande de mon désir (Ps 118, 108). Car aux approches du jour de sa dissolution elle ne songea pas à faire somptueusement ensevelir, embaumer son corps; elle ne souhaita point un monument choisi; elle se soucia peu de reposer au pays de ses pères; non, ce nʼest pas là ce quʼelle nous recommanda; elle exprima ce seul vœu que lʼon fit mémoire dʼelle à votre autel: elle nʼavait laissé passer aucun jour de sa vie sans assister à ses mystères. Elle savait bien que là se dispensait la sainte Victime par qui a été effacée la cédule qui nous était contraire, et vaincu lʼennemi qui, dans lʼexacte vérification de nos fautes, cherche partout une erreur et ne trouve rien à redire en lʼAuteur de notre victoire. Qui lui rendra son sang innocent? Qui lui rendra le prix dont il a payé notre délivrance? Cʼest au sacrement de cette Rédemption que votre servante a attaché son âme (Col 2, 14) par le lien de la foi.
Que personne ne lʼarrache à votre protection; que, ni par force, ni par ruse, le lion-dragon ne se dresse entre elle et vous. Elle ne dira pas quʼelle ne doit rien, de peur dʼêtre convaincue par la malice de lʼaccusateur, et de lui être adjugée; mais elle répondra que sa dette lui est remise par Celui à qui personne ne peut rendre ce quʼil a acquitté pour nous sans devoir.
Quʼelle repose donc en paix avec lʼhomme qui fut son unique mari, quʼelle servit avec une patience dont elle vous destinait les fruits, voulant le gagner à vous. Inspirez aussi, Seigneur mon Dieu, inspirez à vos serviteurs, mes frères, à vos enfants, mes maîtres, que je veux servir de mon coeur, de ma voix et de ma plume; tous tant quʼils soient qui liront ces pages, inspirez-leur de se souvenir, à votre autel, de Monique, votre servante, et de Patricius, dans le temps son époux, dont la chair, grâce à vous, mʼa introduit dans cette vie; comment? je lʼignore: quʼils se souviennent, avec une affection pieuse, de ceux qui ont été mes parents à cette lumière défaillante; mes frères en vous, notre Père, et en notre mère universelle; mes futurs concitoyens dans lʼéternelle Jérusalem, après laquelle le pèlerinage de votre peuple soupire depuis le départ jusquʼau retour; et que sollicitées par ces Confessions, les prières de plusieurs lui obtiennent plus abondamment que mes seules prières, cette grâce quʼelle me demandait à son heure suprême.

1er novembre

Sermon de Jean Tauler
(dominicain, 1300-1361)
pour la Toussaint 

Mt 5, 1-12

Voyant les foules, il gravit la montagne...
(Mt 5, 1-12).

Jésus monta sur la montagne et une grande foule le suivait ; en ouvrant la bouche, il dit : « Bienheureux les pauvres en esprit », et il poursuivit ainsi, proclamant huit Béatitudes.

La montagne où monta Jésus, c'était sa propre félicité et son essence en laquelle il est un avec son Père. Et il était suivi d'une grande foule : c'est là la foule des saints bien-aimés dont on célèbre aujourd'hui la fête ; tous ils l'ont suivi, chacun selon la vocation où Dieu l'avait appelé. En cela nous devons les imiter, chacun prêtant avant tout attention à sa vocation, pour s'assurer de celle à laquelle Dieu l'appelle et suivant alors cet appel.

Par ailleurs, nous devons honorer ces grands saints avec toute notre application. Or, quel est l'honneur le plus insigne que nous puissions faire aux saints ? C'est de nous enfoncer avec eux dans un détachement passif, libre de toute entrave, dans le noble fond où ils se sont abîmés eux-mêmes et où ils trouvent leur suprême félicité ; plonge-toi en ce fond avec eux, tu ne peux leur faire d'honneur plus grand, ni leur causer de plus grand plaisir.

Considérons maintenant ces foules de saints, qui l'ont suivi sur cette montagne, chacun selon la façon dont il a été attiré. D'abord l'ont suivi les saints patriarches de l'ancienne alliance, dans un désir ardent et confiant en sa venue. Ils étaient tout occupés de Dieu dans une sainte charité et une sainte espérance, et cela non pas extérieurement, mais dans leur for intérieur, étant affranchis et purs de tout ce qui n'était pas Dieu. Et dans leur grand amour, ils faisaient participer tout le peuple élu à ce qu'ils avaient, et tout leur zèle tendait en tout temps à ce qu'il ne manquât rien à l'homme dont devait sortir cette naissance. Et ils étaient affranchis de tout attachement à leur corps, tout occupés qu'ils étaient à servir cette naissance, de quelque tribu qu'elle dût naître. Et de ceux qui suivirent ainsi, on lit aujourd'hui qu'il y en eut douze mille marqués de chaque tribu; or il y avait douze tribus. C'était donc bien là une grande multitude qui le suivirent ; mais en outre, il y en avait encore d'autres, si nombreux qu'on ne les pouvait compter.

Après cela vint une autre foule : c'étaient les saints apôtres ; ils vinrent, eux, après la naissance de Notre Seigneur et ils étaient appelés par Notre Seigneur à une voie bien plus haute et à une plus grande perfection. Ce n'est pas seulement intérieurement, mais aussi extérieurement, que ceux-ci se détachèrent de toute possession, dans une véritable pauvreté de corps et d'esprit, et cela au degré le plus haut qu'on puisse atteindre.

Puis ce furent les saints martyrs ; il y en eut une bien grande foule qui le suivirent, ceux-ci ne firent pas seulement l'abandon de toutes choses, mais ils ont laissé leur vie même de la manière qu'il leur fut donné de le faire et selon la volonté de Dieu et par qui Dieu voulut que cela se fît.

Ensuite le suivirent encore une grande foule de saints confesseurs, qui réalisèrent leur vocation de diverse façon : les uns ont vécu pour Dieu seul dans la solitude et ils ont prêté attention à la vérité dans leur for intérieur, gardant le silence et écoutant ce que Dieu, le Verbe Éternel, disait en eux. Et d'aucuns se retiraient dans les bois et les cavernes ; d'autres sont entrés dans les saints Ordres et ont observé leurs règles ; beaucoup ont vécu parmi la sainte chrétienté prêchant, écrivant et entendant les confessions, enseignant et réprimandant, mais toujours dans une volonté soumise comme Dieu les voulait avoir, dans un véritable détachement d'eux-mêmes et de tout ce qui n'était pas Dieu. Le suivirent ensuite la foule aimable et délectable des vierges chastes et immaculées de corps et de cœur. Oh ! quelle belle et délicieuse chose c'est d'être trouvé intact dans son corps comme un ange ! Celui à qui Dieu a accordé l'honneur d'être trouvé dans cette robe, que lui-même et sa digne mère portèrent comme une parure dépassant toute autre, devrait en éprouver une joie si grande, que personne ne pût l'attrister ici-bas et qu'il ne prît à cœur, ni douleur, ni tort, tant qu'il conserverait seulement ce trésor. Et celui qui veut conserver ce trésor dans sa véritable noblesse doit lutter et souffrir, et son cœur doit recevoir bien des blessures par la faute des sens et de la malice de la nature et du monde et des démons. Mais sache-le, cher enfant, tout trouble de tentation fait toujours naître une pureté nouvelle en celui qui prend garde à lui dans cet état, et c'est là sa récompense. Ah ! mes enfants, celui qui voudrait être attentif à ce salaire et à cette naissance !

Vient enfin la foule des gens du commun qui vont à Dieu par la voie des vertus et grâce à elles : ils seront aussi sauvés par la vertu de la foi et les prières des amis de Dieu ; mais ils devront être purifiés au purgatoire pour pouvoir entrer dans le royaume du Père. Et de même qu'aujourd'hui c'est la fête des âmes pures, ainsi célébrera-t-on demain le jour des âmes souillées pour qu'elles soient purifiées. Dans ce but nous devrons souffrir en purgatoire plus grande peine à cause d'une seule jouissance terrestre et d'un seul péché véniel, que si l'on accumulait les souffrances de tous ces martyrs, dont c'est aujourd'hui la fête. Il devra de toute nécessité en être ainsi, en raison de la plus petite résistance que nous aurons opposée à Dieu, par nos péchés. Et en restant sourds à son appel et en nous interposant nous-mêmes.

3. Voilà donc les foules qui suivirent le Christ sur la montagne de sa propre félicité. Arrivé là, il ouvrit la bouche pour proclamer les huit béatitudes ; disons quelques mots de chacune d'elles. Il dit d'abord : « Bienheureux les pauvres en esprit, car le royaume des Cieux leur appartient. » II est question en premier lieu de cette vertu parce qu'elle est le commencement et la base de toute perfection. Mes enfants, retournez la question sous toutes ses faces, toujours il faudra que le fond de l'homme soit dépouillé, détaché, libre, pauvre et dégagé de toute propriété, si Dieu doit réellement y accomplir son œuvre ; il doit être débarrassé de toute attache propre, alors seulement Dieu pourra et devra y être chez lui.

 

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