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Septembre

23 septembre

25ème dimanche
du Temps Ordinaire (B) 

Marc, 9, 30-37
« Le Fils de l’homme est livré…
Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le serviteur de tous »

Deuxième annonce de la passion-résurrection (Mc 9, 30-32)

30 Et étant sortis de là, ils passaient par la Galilée, et il ne voulait pas que quelqu'un le sache; 31 il enseignait en effet ses disciples et leur disait: «Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes, et ils le tueront et, tué, il se dressera après trois jours». 32 Ceux-ci ne comprenaient pas la parole, et ils craignaient de l'interroger.

Quittant la région de Bethsaïde, Jésus se dirige vers Capharnaüm en passant par la Galilée. Il désirait que son voyage reste discret; ce qui s'est réalisé puisque Marc ne rapporte qu'un seul événement. Jésus continue à dispenser à ses disciples son enseignement tout nouveau quant à son contenu: «Le Fils de l'homme sera livré aux mains des hommes, et ils le tueront et, tué, il se dressera après trois jours» (9, 30). Le rejet par les notables d'Israël (8, 31) n'est pas repris, mais Jésus apporte un élément nouveau: il sera «livré aux mains des hommes», sans préciser par qui il sera livré et à qui. La perte de Jésus, décidée par les Pharisiens et les Hérodiens au début du ministère de Jésus (3, 6), se précise. Mais les disciples ne comprennent pas. Il semble que tout ce que Jésus a dit entre la première annonce de sa mort-résurrection (8, 31) et la troisième (9, 31) n'a servi à rien. Ils craignent cependant de l'interroger. La réponse de Jésus à Pierre qui l'avait rabroué après la première annonce, doit encore être présente dans leur mémoire: Arrière, Satan! (8, 32-33). Il est impossible pour les disciples de comprendre comment la remise de Jésus aux autorités, sa mort, peuvent s'allier à leur vision d'un Fils de l'homme qui vient dans la gloire. Quant à se dresser après trois jours, le geste de puissance qui s'est produit sous leurs yeux ne les a pas éclairés et ils ne comprennent toujours pas plus qu'en descendant de la montagne après la transfiguration. Leur question est la même: «Qu'est-ce que se dresser d'entre les morts?» (9, 10). Mais ils n'osent pas interroger Jésus à ce sujet.

Se faire serviteur… dernier de tous (Mc 9, 33-35)

33 Et ils vinrent à Capharnaüm. Et étant dans la maison, il les interrogeait: «A quoi réfléchissiez-vous en chemin?» 34 Ceux-ci se taisaient; en effet les uns et les autres s'étaient disputés en chemin [pour savoir] qui est le plus grand. 35 S'asseyant il appela les douze et leur dit: «Si quelqu'un veut être premier, il sera dernier de tous et serviteur de tous».

Jésus et ses disciples arrivent à Capharnaüm et vont dans la maison. L'article défini fait penser que cette maison est celle où ils logeaient habituellement quand ils étaient à Capharnaüm, mais selon son habitude, Marc ne donne pas de précision sur les diverses maisons où se rend le petit groupe.
Les disciples, pendant le chemin de Bethsaïde à Capharnaüm, avaient discuté entre eux. Jésus, qui connaît les pensées des cœurs, sait encore une fois ce dont ils ont parlé avant même qu'ils le lui aient dit. La même chose s'était passée avec les scribes qui le disaient possédé de Beelzéboul: il les avait appelés auprès de lui (4, 23) avant même qu'ils lui aient dit quelque chose, pour leur donner un enseignement en paraboles. Jésus ne cherche pas à prendre en faute, à accuser, mais à faire progresser. Il ne manque pas une occasion d'enseigner.
Or le sens de la deuxième annonce de la passion n'avait pas été la seule question que les disciples s'étaient posée. Une autre les avaient préoccupés. Ils s'étaient même disputés sur un point qui n'est pas sans lien avec leur incompréhension du chemin du Fils de l'homme: «Qui est le plus grand?» Ils s'étaient bien gardé de faire part à Jésus de leur différent, et ne comptaient pas le lui dévoiler. D'instinct, ils sentaient qu'il ne les approuverait pas. Aussi quand Jésus leur demande de quoi ils ont parlé, ils se taisent pour mettre la question au grand jour et pouvoir guérir leurs cœurs, ils se taisent.
Jésus s'assied, dans l'attitude du rabbi qui enseigne ses disciples, et il appelle les Douze. Il donne alors une réponse à la question qui les a occupés et qu'ils n'ont pas voulu avouer: «Si quelqu'un veut être premier, il sera dernier de tous et serviteur de tous» (9, 35).
C'est dire clairement que les disciples doivent prendre le chemin même du Fils de l'homme: le chemin du serviteur qu'il leur avait déjà enseigné après la première annonce de la passion (8, 34-37). L'humilité est la seule façon d'être disciple de Jésus. La section se terminera (10, 31) par la reprise de cet enseignement. Entre les deux, Jésus explique quelle doit être la façon de vivre qui traduit dans les actes cette ligne de conduite, comment marcher à sa suite. Il parle dans un premier temps de l'accueil du petit enfant (9, 36-37).

Comment être serviteur?Accueillir Jésus dans les petits enfants (Mc 9, 36-37)

36 Et prenant un petit enfant, il le plaça au milieu d'eux, et le prenant dans ses bras, il leur dit: «37 Qui accueillera un de ces petits enfants en mon nom, m'accueille; et qui m'accueillera, ne [m']accueille pas moi, mais celui qui m'a envoyé».

Jésus prend un petit enfant, symbole de ceux qui ne sont pas considérés dans la société de l'époque, et lui réserve un traitement de faveur: il le place au milieu des disciples, au centre, et le prend dans ses bras. Puis il explique le geste qu'il vient de poser, comme le faisaient les prophètes après leurs gestes symboliques.
Jésus, par son attitude, s'est identifié à un petit enfant. Celui donc qui accueillera au nom de Jésus un petit enfant, un laissé pour compte, quelqu'un de méprisé, bref un petit selon le monde, celui-là accueillera Jésus lui-même. Le petit est incorporé à Jésus parce que Jésus s'est fait serviteur au point de s'identifier à lui. Comme Jésus est Fils de Dieu, celui qui accueillera ce petit, l'accueillera lui-même et il accueille en réalité son Père qui l'a envoyé. Jésus qui a envoyé ses apôtres (3, 14) est lui-même envoyé par le Père.

20 septembre

Prier le Rosaire avec

François et Claire d'Assise

Mystères douloureux



L’Agonie

Jésus s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière: «Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux» (Mt 26, 39).

François fixait continuellement son regard sur la face du Christ. Toujours il se tenait en présence de l'homme des douleurs qui expérimenta toutes nos infirmités (François d'Assise).

Nous te prions, Seigneur, pour les agonisants. Que la contemplation des souffrances de Jésus leur donne force et espérance.

 

La Flagellation

Pilate leur relâcha Barabbas; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié (Mt 27, 26).

Ô Dame Pauvreté, tu étais avec le Fils du Père éternel sous les clameurs des Juifs, sous les soufflets, sous les crachats, sous les coup de fouet. Lui, qui méritait tous les respects, subissait tous les outrages. Et toi seule le consolais (François d'Assise).

Quand l'attrait des richesses entraîne notre cœur loin de Dieu, que la pauvreté de Jésus en sa passion nous empêche de céder à la tentation.

 

Le Couronnement d’épines

Avec des épines, les soldats tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant: «Salut, roi des Juifs!» (Mt 27, 29).

Pitié pour moi, ô Dieu, car on me foule aux pieds; tout le jour on m'accable d'injures et de coups. Mes ennemis ne songent qu'à me torturer; ils lancent contre moi leurs paroles de mensonge (François d'Assise).

Nous te prions pour l'Eglise; que ses pasteurs aient le courage de résister aux slogans qui cherchent à la détruire en déshumanisant l'homme.

 

Le Portement de croix

Portant lui-même la croix, Jésus sortit vers le lieu dit du Crâne (Jn 19,17).

C'est au Christ pauvre que tu dois rester attachée. Vois comme il s'est rendu pour toi objet de mépris, et suis-le en te faisant toi aussi, par amour pour lui, objet de mépris pour le monde (Claire d'Assise).

Pour les chrétiens sournoisement persécutés; qu'ils soient de vrais témoins du Christ qui a donné sa vie pour nous.

 

Le crucifiement et la mort de Jésus

Lorsqu'on fut arrivé au lieu dit «Le Crâne», ou Calvaire, on mit Jésus en croix (Lc 23, 33).

François pleurait à haute voix sur la passion du Christ, comme s'il en avait toujours sous les yeux le spectacle. Les rues retentissaient de ses gémissements; au souvenir des plaies du Christ, il refusait absolument toute consolation (François d'Assise).

Que saint François d'Assise nous apprenne à mettre la contemplation de Jésus en croix au cœur de notre prière.

18 septembre

Saint Jean Macias, dominicain

Homélie de Paul VI pour la canonisation de Jean Macias, domincain (28 septembre 1975)

Vénérables Frères et Fils bien-aimés !

L’Eglise, aujourd’hui, se sent inondée de joie. C’est la joie de la mère qui assiste à l’exaltation d’un de ses fils. Et si précisément la Mère-Eglise se réjouit d’une manière toute particulière, c’est qu’il s’agit d’un fils humble, qui durant sa vie n’a jamais brillé de l’éclat de la science, du pouvoir, de la notoriété humaine, de tout ce qui constitue la grandeur aux yeux du monde.

Ce matin, l’Eglise entend retentir de nouveau les paroles insinuantes et merveilleusement étonnantes du Maître qui proclama de manière claire et nette sa préférence pour les classes les plus humbles et les plus pauvres : « Bienheureux les pauvres en esprit ! ».

A l’écoute éternelle, attentive de son divin Fondateur et en indéfectible fidélité à son Message, l’Eglise fixe aujourd’hui les yeux sur une figure singulière, synthèse sublime des vertus évangéliques : Jean Macias, de Ribera de Fresno en Espagne. Humble berger durant 27 années ; émigré sans ressources au Pérou ; pendant 25 années, simple frère portier du couvent des Dominicains de la Magdalena à Lima. Voilà le nouveau Saint à qui l’Eglise rend aujourd’hui son tribut d’exaltation suprême, après l’avoir déclaré Bienheureux le 22 octobre 1837. Dans cette glorification, tout comme dans celle d’autres modestes figures, telles le Saint Curé d’Ars, Saint François d’Assise, Saint Martin de Porres et tant d’autres, se révèle clairement l’amour sans réserve ni distinction de l’Eglise qui valorise et tient pour égaux les mérites cachés des grands et des petits, des pauvres comme des riches, éprouvant peut-être une plus grande joie à pouvoir élever les plus pauvres, reflets plus vifs de la présence et de la prédilection du Christ.

Faute de temps, nous ne pourrons exalter comme le mériterait l’humble et grande figure de Jean Macias qu’avec l’aide du Seigneur et en plein exercice de notre magistère ministériel, nous avons inscrit au catalogue des saints. Nous ferons simplement allusion aux sentiments qui se sont emparés de notre âme durant cet acte solennel. En canonisant Saint Jean Macias, il nous semblait interpréter les intentions du Seigneur qui, de riche s’est fait pauvre afin de nous enrichir de sa pauvreté (cf. 2Co 8,9) ; qui, de condition divine, s’anéantit lui-même, prenant condition de serviteur (cf. Ph 2,7) ; qui fut envoyé par le Père pour « enseigner les pauvres et libérer les opprimés » (Lc 4,18), proclama Bienheureux les pauvres d’esprit (Mt 5,3), indiqua la pauvreté comme condition indispensable pour atteindre la perfection (cf. Mt 10,17-31 Lc 18,18-27) et rendit grâce à Dieu pour avoir révélé les mystères du Royaume aux plus humbles (cf. Mt 11,26). Ce sont là les enseignements nettement dictés par le Seigneur et que le Magistère de l’Eglise nous propose aujourd’hui, les illustrant d’un exemple concret de l’histoire ecclésiale.

Jean Macias qui fut pauvre et vécut parmi les pauvres est un témoignage éloquent, admirable, de pauvreté évangélique : le jeune orphelin qui, avec sa modeste paye de berger, assiste les pauvres « ses frères », leur communique en même temps sa foi ; l’émigrant qui, guidé par son protecteur Saint Jean l’Evangéliste, ne va pas à la recherche de richesses comme tant d’autres, mais pour que s’accomplisse en lui la volonté de Dieu ; le garçon d’auberge et le surveillant de pâturage qui prodigue secrètement sa charité en faveur des nécessiteux, en même temps qu’il leur apprend à prier ; le religieux qui fait de ses voeux une forme éminente d’amour envers Dieu et envers le prochain ; qui organise dans sa loge de portier une vie très intense de prière et de pénitence, l’assortissant d’une assistance directe, d’une distribution de vivres à une véritable armée de pauvres ; qui se prive d’une grande partie de sa propre nourriture pour la donner à celui qui a faim en qui sa foi découvre la présence palpitante du Christ Jésus. En un mot, la vie tout entière de ce « Père des pauvres », des orphelins, des miséreux, n’est-elle pas une démonstration palpable de la fécondité de la pauvreté évangélique, vécue dans toute sa plénitude ?

Lorsque nous disons que Jean Macias était pauvre, nous ne nous référons certainement pas à une pauvreté — que Dieu ne pourrait demander ni bénir — une pauvreté équivalente à une coupable misère ou à une inertie incapable de conquérir un juste bien-être, non ! nous parlons de cette pauvreté, riche de dignité, qui doit chercher l’humble pain de la terre comme fruit de la propre activité. Avec quelle exactitude, quelle efficacité, il se consacra à ses devoirs, avant de devenir religieux comme après ! Ses patrons comme ses supérieurs en ont donné un lumineux témoignage. Ce fut toujours de ses propres mains qu’il voulut gagner son propre pain, le pain pour ses frères, le pain pour sa charité multipliée. Ce pain, fruit d’un effort socialement créateur et exemplaire, qui personnalisa, sauva et configura au Christ, tout en remplissant l’âme de confiance envers le Père céleste qui nourrit les oiseaux du ciel et vêt les lys des champs et ne manquera pas de donner le nécessaire à ses fils : « chercher d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné en surcroît » (Mt 6,25-34).

D’autre part la rude tâche de Jean Macias ne distraya pas son âme du pain céleste. Lui qui dès sa plus tendre enfance avait été introduit dans le monde intime de la présence de Dieu, fut toujours, au sein de son activité, une âme contemplative. Les champs, l’eau, les étoiles, les oiseaux, tout lui parlait de Dieu, lui faisait ressentir sa proche présence : « Oh Seigneur, de quelles grâces et de quels cadeaux Dieu m’a-t-il comblé dans ces champs ! » pendant qu’il gardait ses troupeaux. C’est ce qu’il disait, alors qu’il était déjà vieux. Et rappelant sa vie de couvent et ce jardin dans lequel il se retirait souvent pendant les heures de nuit, il dira : « Maintes fois, pendant que je priais la nuit, il arrivait que les petits oiseaux se mettaient à chanter et moi, je pariais avec eux pour voir qui louerait le mieux le Seigneur ». Phrases d’une émouvante beauté poétique qui laissent entrevoir les heures innombrables qu’il consacrait à la prière, à la dévotion à la Sainte Eucharistie, à la récitation du Rosaire !

Toutefois cette vie intérieure n’a jamais constitué pour Jean Macias une fuite devant les problèmes de ses frères ; au contraire, elle conduisait de la vie religieuse à la vie sociale. Son contact avec Dieu, non seulement ne l’amène pas à se séparer des hommes, mais il l’attire vers eux, vers leurs besoins, avec plus de dévouement, plus de force, pour les assister et les orienter vers une vie plus chrétienne. Et ainsi, il ne fait que suivre les enseignements et les désirs de l’Eglise qui, avec sa prédilection pour les pauvres et son amour pour la pauvreté évangélique n’a jamais voulu les laisser dans leur difficile situation, mais a toujours cherché à les aider et à les élever à des formes toujours meilleures de vie, plus conformes à leur dignité d’hommes et de fils de Dieu.

A travers ces quelques traits bien limités, apparaît déjà devant nos yeux la figure merveilleuse et si attirante de notre Saint. Une figure actuelle. Un exemple lumineux pour nous, pour notre société.

Evidemment la question économique se présente aujourd’hui avec des caractéristiques bien différentes de celles du temps de Jean Macias. Les nouveaux systèmes de production, l’industrialisation accélérée, les progrès de la technique et les conquêtes en matière nucléaire et électronique, bien que tout cela ait fait surgir des problèmes assez importants pour l’homme, ont déterminé incontestablement un progrès des situations économiques et un développement de l’assistance dans de nombreuses régions du monde, mais malheureusement de manière encore trop peu étendue. D’autre part, la sensibilité sociale s’est développée fréquemment sur un plan d’humanisme radical, détaché de toute référence au transcendent.

C’est dans ce contexte que s’offre à nous, dans toute sa valeur actuelle, le message de Frère Jean Macias. Il ne s’agit pas de considérer l’humilité de sa tâche, mais la manière qu’il eut de l’accomplir, en s’y livrant tout entier et de façon exemplaire. Il se donna toujours aux autres et c’est dans le don de lui-même à tous qu’il rencontra le Christ. Son travail était une exigence de sa condition d’homme et de chrétien, un exercice de féconde pauvreté, un moyen de pourvoir noblement à sa propre subsistance et à celle des pauvres. Sans jamais prétendre faire de ses expériences une sociologie élaborée ou se convertir en expert de l’économie, il fit tout ce qui était dans ses cordes pour atténuer les besoins et les flagrantes inégalités. En demandant aux riches pour les pauvres il leur apprenait à penser aux autres ; en donnant au pauvre il l’exhortait à ne pas haïr. Il allait ainsi, unissant tout le monde dans la charité, travaillant en faveur d’un humanisme total. Et en tout cela, s’il aimait les hommes, c’est qu’il voyait en eux l’image de Dieu. Comme nous aimerions rappeler cela à ceux qui aujourd’hui travaillent parmi les pauvres et les marginaux ! Il ne faut pas chercher ailleurs que dans l’Evangile ou enfreindre la loi de la charité pour tenter d’obtenir par la violence un peu plus de justice. Il y a dans l’Evangile assez de puissance virtuelle pour faire jaillir des forces renouvelées qui, transformant les hommes au plus intime d’eux-mêmes, les entraînent à changer en tout ce qui est nécessaire les structures sociales pour les rendre plus justes et plus humaines.

Jean Macias sut, au cours de sa vie honorer la pauvreté de deux manières exemplaires : avec la recherche confiante du pain pour les pauvres et avec la recherche constante du pain des pauvres, le Christ, qui donne réconfort à chacun et conduit vers le but transcendant. Quel merveilleux message pour nous, pour notre monde matérialiste, gangrené souvent par un esprit de jouissance sans frein, par un profond égoïsme social ! Exemple éloquent de cette « unité intérieure » que le chrétien doit réaliser dans sa tâche terrestre, l’imprégnant de foi et de charité (cf Mater et Magistra, MM 51).

Bien-aimés Fils, nous ne voudrions pas terminer notre discours sans mentionner quelques-unes des caractéristiques qui marquèrent harmonieusement la vie de Saint Jean Macias. La première est son origine espagnole ; fils d’une nation qui trouve ses expressions les plus hautes et les plus décidées — et tout le peuple en est marqué — dans les figures de ses Saints, tels Saint Dominique de Guzman, Saint Ignace de Loyola, Sainte Thérèse d’Avila, Saint Jean de la Croix. Ce sont des noms qu’il suffit de prononcer pour rendre par le fait même un authentique tribut d’hommage à l’Espagne. Un hommage que nous sommes heureux de pouvoir adresser à cette bien-aimée nation et que l’Eglise tout entière, si bien représentée dans le cadre solennel de la Place Saint-Pierre par les milliers de pèlerins venus du monde entier, désire rendre avec nous à cette terre de Saints. C’est une expérience d’heureuse communion ecclésiale, un éclat de spiritualité parmi tous les autres de l’Année Sainte, une manifestation de joie intense et fraternelle. Cette joie pourrait toutefois être plus complète, si ces derniers jours n’avaient pas été assombris par les événements que nous connaissons tous.

Le nouveau Saint continue la tradition comme s’il l’avait reçue par une sorte d’héritage familial. Un héritage qui croît et se développe au foyer, dans la vie familiale, dans le milieu social et dans la sensibilité religieuse du peuple. Cette canonisation, n’est-elle pas un événement qui glorifie une si haute, une si noble tradition, annonçant en même temps un renouveau de ferveur et de sainteté parmi les fils de cette bien-aimée nation ? C’est là, ce que nous espérons.

La seconde caractéristique de Saint Jean Macias est qu’il devint péruvien et que c’est au Pérou qu’il se sanctifia. Alors que de nombreuses personnes se rendaient en Amérique à la recherche de richesses matérielles, le nouveau Saint sut y trouver une richesse spirituelle dont avaient déjà fait leur aliment les premiers saints de ce Continent. Une richesse imprégnée des apports millénaires des premières populations, les Indios, et de ceux des nouveaux venus, les colonisateurs, auxquels va le mérite de l’évangélisation de ce Continent et que notre Saint fortifia décidément avec sa vie. Depuis lors, quelle vitalité religieuse, malgré ses lacunes et ses imperfections, quel courant de vie spirituelle a marqué l’histoire de toutes ces nations ! A tous les fils de ces pays nous adressons l’exhortation d’être dignes de l’exemple de sainteté qu’a donné Saint Jean Macias.

Et enfin, Saint Jean Macias était un religieux dominicain, membre de cette grande famille qui a donné tant de saints à l’Eglise et dont le travail zélé au service de la vérité a été si unanimement reconnu. Nous lui adressons, en ce jour solennel, un salut tout spécial, l’exhortant à suivre ses grandes traditions de sainteté, à l’exemple de Saint Jean Macias, de Saint Martin de Porres, de Sainte Rosé de Lima, synthèse de la sainteté dominicaine dans les nobles contrées sud-américaines.

Un exemple et une exhortation avec lesquels nous voulons toucher tous les membres des autres familles religieuses pour qu’ils éprouvent un élan renouvelé vers les sommets les plus élevés de la proximité divine, du progrès spirituel, du climat où s’entend le plus clairement la voix de Dieu. Et, plaise à Dieu que le nouveau modèle de sainteté que nous proposons aujourd’hui suscite d’abondantes forces jeunes qui se consacrent sans réserve aux idéaux toujours valables, toujours attirants, de l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

16 septembre

24ème dimanche
du Temps Ordinaire (B) 

Mc 8,27-35

La confession de foi de Pierre

27 Et Jésus sortit, et ses disciples, vers les villages de Césarée de Philippe; et en chemin il interrogeait ses disciples leur disant: «Que disent les hommes que moi je suis?» 28 Ceux-ci lui répondirent en disant: «Jean le Baptiste, et d'autres Elie, d'autres un des prophètes». 29 Et il les interrogeait: «Or vous qui dites-vous que moi je suis?» Répondant, Pierre lui dit: «Toi, tu es le Christ». 30 Et il les rabroua pour qu'il ne dise [cela] à personne à son sujet.

31 Et il commença à les enseigner: il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup et soit rejeté par les anciens et les grands prêtres, et les scribes, et soit tué, et se dresse après trois jours; 32 et il parlait la parole avec assurance. Et [le] prenant près [de lui], Pierre commença à le rabrouer. 33 Celui-ci, se retournant et voyant ses disciples, rabroua Pierre et dit: «Va-t-en derrière moi, Satan, parce que tu n'as pas des pensées de Dieu, mais celles des hommes».

34 Et appelant auprès [de lui] la foule avec ses disciples, il leur dit: «Si quelqu'un veut suivre derrière moi, qu'il se renie lui-même, et porte sa croix et me suive.
35 En effet qui voudra sauver son âme la perdra».

La confession de foi de Pierre

Jésus sort, une fois de plus, avec ses disciples. Il est presque tout le temps dans un mouvement de sortie. Il va vers les foules pour proclamer l'évangile à tous. Il parcourt les régions qui entourent la Galilée, la Galilée restant son point d'attache. Après les régions de Tyr (Nord de la Galilée), après le rivage de la Décapole (Est de la Galilée), il s'enfonce à partir de Bethsaïde dans un territoire païen qu'il n'a pas encore parcouru: la Trachonitide (Nord Est de la Galilée), vers Césarée de Philippe. Cette ville avait été construite par Philippe, le frère d'Hérode.
L'épisode rapporté par Marc, en conclusion de la deuxième section sur la révélation progressive de Jésus comme Messie, peut être mis en parallèle avec l'épisode sur Hérode (6, 14-16) situé au début de la section. Dans les deux cas, la question de l'identité de Jésus est clairement posée.
Jésus interroge maintenant ses disciples en deux temps. Tout d'abord: que disent les hommes sur lui, puis que disent-ils eux-mêmes. La réponse à la première question reprend ce qu'Hérode lui-même avait appris lorsqu'il avait fait une enquête sur Jésus: il est Jean Baptiste, ou Elie, ou l'un des prophètes. La réponse à la deuxième question montre que la guérison de l'aveugle a fait progressé les disciples et a commencé à leur ouvrir les yeux. Ils se démarquent de la foule, quant à la connaissance de l'identité de Jésus. Pierre répond: «Toi, tu es le Christ».
Les apôtres, à qui Jésus reprochait leur absence de foi, leur cœur endurci, ont avancé dans la foi: Pierre a confessé, au nom de tous, que Jésus est le Christ. Mais leur foi est encore dans un clair-obscur. Ils n'ont pas encore reconnu en Jésus le Fils de Dieu. Ils n'ont pas encore une vue parfaite. Jésus va continuer à les former pour les conduire à une foi plénière: reconnaître en lui le Fils de Dieu. La nouvelle étape qui s'ouvre ne manquera pas, encore une fois, de déconcerter les disciples.

Le Fils de l'homme, serviteur souffrant

Jésus est toujours dans la région de Bethsaïde et il «commença à les enseigner» (8, 31). De qui s'agit-il? des disciples qui, par la voix de Pierre viennent de confesser que Jésus est le Christ. Mais même si leur foi a grandi, ils sont loin d'avoir vraiment saisi qui est le Christ. En effet, comme le disait Marc dans le verset d'ouverture de son évangile, Jésus est le Christ, Fils de Dieu. Tout un chemin reste donc à parcourir pour découvrir dans le Christ le Fils de Dieu. Jusque-là seuls les esprits impurs savaient qui il était réellement (3, 11). Voilà pourquoi Jésus commence à enseigner ses disciples, alors qu'il leur a déjà enseigné beaucoup de choses. Mais c'est le commencement d'un enseignement qui rentre maintenant plus profond dans son mystère.
Jésus, le Christ, est le Fils de l'homme qui doit souffrir. La première section de la première partie se terminait déjà par la détermination des Pharisiens et des Hérodiens de mettre Jésus à mort; et justement c'est du Fils de l'homme qu'il avait été question. Maintenant, Jésus confirme lui-même que cela va lui arriver: non seulement les anciens et les scribes vont chercher à le tuer, mais encore les grands prêtres, donc tout le Sanhédrin. Il doit souffrir beaucoup: le Fils de l'homme est ainsi identifié au serviteur souffrant. Il suffit de rappeler quelques versets d'Isaïe: «J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats» (Is 50, 6); «Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance» (Is 53, 3). Mais Jésus annonce aussi sa résurrection après trois jours: il se dressera, comme il l'avait préfiguré à travers la fille de Jaïre qui s'était dressée à sa parole (5, 42), mais les disciples n'avaient pas compris. Cela aussi Isaïe l'avait annoncé: «Par suite de ses tourments, il verra la lumière» (Is 53, 11). Osée quant à lui, avait parlé du troisième jour (Os 6, 2) et on peut lire dans le livre de Jonas: «Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits» (Jon 2, 1). Trois jours, c'est une courte durée.
Jésus parlait donc la parole, comme il avait l'habitude de le faire (2, 2; 4, 33) et Marc ajoute «avec assurance»: il est sûr de ce qu'il annonce. Cette parole dévoile quelque chose de ce qu'il est, avec chaque fois un peu plus de profondeur. Mais Pierre, qui vient de proclamer qu'il est le Messie, rabroue Jésus en contestant ce qu'il vient d'annoncer, alors que Jésus lui-même venait de le rabrouer pour qu'il ne divulgue pas ce qu'il venait de confesser (8, 30). Jésus le rabroue une seconde fois en le traitant de Satan, qui désigne ici celui qui met des embûches sur la route. Effectivement Pierre est en train de vouloir mettre en échec le dessein de Dieu: ses pensées ne sont pas de Dieu, mais des hommes. Le Messie imaginé par Pierre ne pouvait pas souffrir! Qui n'a pas eu envie d'en faire autant un jour ou l'autre?

Le disciple est comme son maître

Jésus parle maintenant non seulement aux disciples, mais aussi à la foule. Il trace le chemin que tout disciple doit suivre: «Si quelqu'un veut suivre derrière moi, qu'il se renie lui-même, et porte sa croix et qu'il me suive» (8, 34). Porter sa croix évoque une scène bien connue des Juifs qui vivaient dans l'Empire romain. Ce supplice infamant réservé aux esclaves en fuite, aux hommes responsables de séditions, avait été emprunté à l'Empire perse: on en trouve la trace en 70 avant Jésus Christ. Porter sa croix, c'est accepter d'être un condamné à mort, à l'exemple du Maître qui vient d'annoncer sa propre mort violente. Ni Pierre ni la foule ne réagissent devant ces paroles surprenantes; pourtant il est clair que «suivre derrière Jésus», lui donner sa foi, c'est accepter d'être conduit sur un chemin de souffrance, semblable à celui sur lequel le Fils de l'homme s'engage: c'est prendre le chemin du serviteur souffrant. Ce chemin — se renier soi-même, renoncer à sa vie, porter sa croix —, Jésus le propose à tous, aussi bien à ses disciples qu'à la foule.
Il explicite son contenu, pour enlever tout ambiguïté sur ce qu'il est venu proposer; il faut perdre sa vie pour la sauver, comme le serviteur souffrant qui, après trois jours, ressuscitera. Le psalmiste avait déjà la certitude que Dieu le sauverait de la mort: «Dieu rachètera mon âme des griffes du shéol, il me prendre» (Ps 49, 16). L'âme — psychè en grec, et néfèsh en hébreu — c'est la vie, toute la personne.

14septembre

Icône écrite par soeur Jean-Marie

Description de l'icône

Au centre de l'icône, Jésus en croix, plein de sérénité malgré la douleur. En haut, sur l'écriteau,le titrer "Le Roi de Gloire".
Au fond, les murailles de Jérusalem: il fallait que les crucifiés soient suppliciés en dehors de la ville... Le Calvaire est formé par un amas de roches au milieu desquelles selon la tradition, se trouve le crâne d'Adam. D'où le nom: lieu du crâne. On peut dire aussi que ce nom lui vient de sa forme arrondie.
A la droite du Christ, se tient sa Mère et nous pensons au Psaume 44:" La Reine se tient à ma droite".
Marie est DEBOUT, forte, et veut accompagner son Fils jusqu'au dernier moment. Les saintes femmes se tiennent près d'elle. On ne les voit pas sur notre icône très sobre.
A la gauche du Christ, Jean, le disciple-Bien-Aimé, est plongé dans une douloureuse méditation.

Prière devant l'icône

Sur la Croix, avant de mourir, Jésus continue de prier. Les Evangiles ont retenu ses dernières paroles:
" Ron Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" (Ps 21, cité par Mt 27,46 et Mc 15,34).

Voyant les soldats près de lui pour accomplir leur travail de bourreaux, Jésus prie pour eux: "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font" (Luc 23,34).

Oubliant ses propres souffrances, Jésus regarde à droite et à gauche: deux malfaiteurs sont aussi crucifiés. L'un d'eux injuriait Jésus, mais l'autre larron le reprenait. A ce dernier Jésus dit alors: . " En vérité je te le dis, aujourd'hui même tu seras avec moi dans le Paradis" ( Luc 23,43).

Les Apôtres et les disciples s'étaient enfuis! Seuls, restaient avec Jésus: sa Mère, quelques femmes et Jean le Bien Aine. Alors Jésus dit à sa Mère: " Femme, voici ton fils". Puis, il dit au disciple: "Voici ta Mère" (Jean 19,26-27). Par ces paroles, Jésus nous confie à sa Mère. Elle est Mère de Dieu et Mère des hommes. Elle intercède sans cesse auprès de son Fils en faveur de tous ses enfants.

Jésus, vraiment Dieu, mais aussi vraiment homme, ressent la soif due à ses blessures certes, aais surtout, II a soif de notre amour. Il dit: "J'ai soif !"  (Jn 19,28). Il y avait là une boisson au vinaigre préparée pour les condamnés, Les soldats en donnèrent à Jésus. A midi, les ténèbres envahissent la terre jusqu'à trois heures. Le voile du Temple se déchire. Jésus s'écrie : "Tout est accompli" (Jn 19,30). " Père, entre tes mains je remets mon Esprit"  (Lc 23,46).

Extraits de la liturgie byzantine

"O Christ, notre Dieu, cloué à la Croix, tu as divinisé notre nature humaine, tu as détruit le serpent principe du mal. Tu nous as libérés de la malédiction, te faisant malédiction dans ta miséricorde, et tu es venu afin d'accorder à tous la bénédiction et la grande miséricorde" (mercredi à Vêpres, 1er ton).

"Salut, Croix du Seigneur par qui l'humanité a été délivrée de la malédiction. Tu es le signe de la vraie joie toi qui, par ton Exaltation, brise contre terre nos ennemis. Tu es notre secours, la force des chefs, la fermeté des justes, la dignité des prêtres" (0ffice du 14 septembre).

"Salut Croix précieuse, guide des aveugles, médecin des malades, résurrection de tous les morts, qui nous as relevés quand; nous étions tombés, c'est par toi qu'a pris fin la corruption, qu'a fleuri l'immortalité, par toi, nous avons été divinisés, par toi, le diable terrassé... (14 septembre).

"Sauve Seigneur ton peuple et bénis ton héritage en accordant à nos chefs la victoire" (Apolytikiôn).

"Que se réjouissent tous les arbres de la forêt dont la nature est sanctifiée car le Christ, par qui elle fut plantée au commencement, a été étendu sur le bois".
"La Croix est la garde de tout l'univers, La Croix est la parure de l'Eglise, La Croix est la force des chefs,
La Croix est le soutien des croyants, La Croix est la gloire des anges, La Croix est la défaite des démons" (Exapostilaire).

"Venez, croyants, vénérons le Bois vivifiant sur lequel le Christ le Roi de Gloire étendit volontairement les mains nous relevant à notre première béatitude car l'ennemi nous en avait dépouillés(...).
Salut, ô Croix, parfaite délivrance d'Adam, en toi se glorifient nos chefs. En te baisant maintenant nous glorifions le Dieu qui a été cloué sur toi et nous disons: Seigneur qui as été crucifié, aie pitié de nous dans ta bonté et ton amour des hommes", (Laudes 14 septembre).

12 septembre

Prier le Rosaire avec

François et Claire d'Assise

Mystères lumineux



Le Baptême

Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau; voici que les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui (Mt 3, 16).

Toi qui m'as purifiée par le baptême de toutes les taches originelles, délivre-moi de tout mal, passé, présent et futur (Claire d'Assise).

Que de nombreux chrétiens trouvent dans le sacrement de pénitence un élan pour rester fidèles à la grâce de leur baptême.

 

Cana

La mère de Jésus dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu'il vous dira» (Jn 2, 5).

Aimez-vous les unes les autres de l'amour dont le Christ vous a aimées; cet amour que vous possédez à l'intérieur de vos âmes, manifestez-le au dehors par des actes afin que, stimulées par cet exemple, toutes les sœurs grandissent toujours dans l'amour de Dieu et dans l'amour les unes des autres (Claire d'Assise).

Que ceux qui exercent des responsabilités manifestent leur amour pour leurs frères par des actes de générosité et de bonté.

 

L’Annonce du Royaume

Jésus leur annonçait la Parole (Mc 2, 2).

Toujours, ô Dame Pauvreté, tu accompagnas le Fils du Père éternel sans relâche, tant qu'il fut sur terre, mêlé aux hommes. Quand il se mit à parler et à enseigner, c'est de toi d'abord qu'il fit la louange: Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux!  (François d'Assise).

Que la pauvreté soit le levain dans la pâte de l'évangélisation, pour annoncer le Seigneur Jésus en vérité.

 

La Transfiguration

Jésus se transfigura devant eux: son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière (Mt 17, 2).

Une nuit on aperçut François en prière, les bras en croix, soulevé de terre et environné d'une nuée lumineuse, clarté rayonnant de son corps et témoignant bien de l'admirable lumière qui habitait son âme(François d'Assise).

Que l'Esprit transfigure notre vie et en fasse un signe pour ceux qui n'ont pas la foi.

 

L’Eucharistie

sus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant: «Prenez, mangez: ceci est mon corps» (Mt 26, 26).

O admirable grandeur et stupéfiante bonté! O humilité sublime et humble sublimité! Le Maître de tout l'univers, Dieu et Fils de Dieu, s'humilie pour notre salut au point de se cacher sous l'humble apparence d'un peu de pain! (François d'Assise)

Que l'eucharistie soit pour nous école d'action de grâce et d'adoration; qu'elle fasse grandir notre amour pour Celui qui vient à nous.

11 septembre

Minette et Gaspard: retrouvailles matinales.

Les animaux sont nos maîtres, comme le disait un éminent Père dominicain.

9 septembre

23ème dimanche
du Temps Ordinaire (B) 

Mc 7, 31-37

Guérison d'un sourd-muet

31 Et de nouveau, sortant des régions de Tyr, il vint par Sidon vers la mer de Galilée, au milieu des régions de Décapole. 32 Et ils lui portent un sourd et parlant avec peine, et ils le supplient afin qu'il lui impose la main. 33 Et l'ayant pris à part loin de la foule à l'écart, il mit (jeta) ses doigts dans ses oreilles et ayant craché, il lui toucha sa langue, 34 et ayant levé les yeux vers le ciel, il soupira et lui dit: «Ephphata», c'est-à-dire: sois ouvert. 35 [Aussitôt] ses oreilles s'ouvrirent et le lien de sa langue fut délié et il parlait correctement. 36 Et il leur recommanda de n'en parler à personne, cependant plus il [le] leur recommandait, plus il [le] proclamait encore plus. 37 Et ils étaient excessivement surpris, disant: «Il a bien fait toutes [choses], et il fait entendre les sourds et parler [les] sans-parole».

Jésus revient alors dans la Décapole, d'où il avait été chassé peu auparavant, après l'exorcisme d'un gérasénien. Il se rend plus précisément vers la mer qui longe la Décapole, au centre du rivage.
On amène à Jésus un sourd-muet, en le suppliant de lui imposer les mains, geste qu'il avait déjà accompli dans sa patrie pour soigner des malades (6, 5). Imposer les mains revenait à opérer des geste de puissance par ses mains (6, 2). Jésus le prend donc à l'écart, pour que la guérison qu'il s'apprête à faire soit discrète. Il touche le sourd-muet; il met ses doigts dans les oreilles et touche la langue avec sa salive. Le corps de Jésus, la chair du Fils bien-aimé du Père, est vivifiante: par elle s'exerce sa puissance divine.
Les gestes de Jésus sont suivis d'un instant de prière: il lève les yeux vers le ciel, comme lors de la multiplication des pains (6, 41). C'est du ciel en effet, c'est-à-dire de Dieu, de son Père, qu'il reçoit sa puissance. Jésus soupire et il fait aussi entendre un gémissement qui traduit la supplication qu'il adresse au Père. Il attend tout de lui.
Jésus donne alors un ordre: «Ephphata», mot araméen qui signifie «sois ouvert». Et aussitôt les oreilles s'ouvrent, le lien de la langue est délié, autrement dit l'infirme entend et parle: la puissance divine de la parole de Jésus se manifeste.
Jésus avait pris le sourd muet à l'écart, mais la foule ne devait pas être très loin; aussi, une fois guéri, l'infirme la rejoint. Ce qui explique la recommandation faite à tous, et pas seulement à l'ancien sourd-muet, de garder le silence sur ce qu'ils constatent. Peine perdue, ils proclament le geste de puissance avec force. Comme toujours, Jésus ne tire pas gloire de ce qu'il a accompli; il est entièrement tourné vers son Père et vers les hommes. Ce double mouvement est constitutif du messie.
Tous sont grandement surpris, comme ses compatriotes, devant les gestes de puissance opérés par ses mains. Mais la cause de la surprise diffère. Alors que dans sa patrie, on se scandalisait qu'il accomplisse de pareilles actions sans y être habilité d'une quelconque manière, ici, les païens s'étonnent de voir s'accomplir sous leurs yeux la prophétie d'Isaïe: «Voici notre Dieu, il viendra lui-même, et il nous sauvera. Alors s'ouvriront les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds entendront. Alors le boiteux sautera comme un cerf; la langue nouée parlera facilement» (Is 35, 4-6, LXX). Les païens constatent par là que Dieu, qui devait venir sauver son peuple, est venu sauver aussi les païens. Les sourds qui ont des oreilles pour entendre et n'entendaient pas (4, 23) se mettent à entendre; les païens s'ouvrent à l'annonce de la bonne nouvelle et accueillent Jésus.

8 septembre

Bonne fête de la Nativité
de la Vierge Marie


6 septembre

Fête du bienheureux

Bertrand de Garrigues

"Originaire de Garrigue, diocèse de Nîmes, Bertrand fut l’un des tout premiers compagnons de saint Dominique. Placé par lui à la tête du couvent de saint Romain de Toulouse, puis envoyé à la fondation du couvent de saint Jacques de Paris, il devint le premier provincial de Provence en 1221.
Il meurt après 1230 au monastère des cisterciennes de Bouchet dont l’église conserve la pierre tombale du bienheureux. Son souvenir y est toujours vivant." (Bienheureux Bertrand de Garrigue, prêtre - diocèse de Valence)

Dans l es Vitae fratrum, plusieurs passages se rapportent à Bertrand de Garrigues. Ils sont reproduits ci-dessous.

Comment il put parler allemand par la grâce de Dieu

Allant de Toulouse à Paris, le bienheureux Père passa par Roc-Amadour, là il passa la nuit en prière dans l’église de la bienheureuse Marie, ayant comme compagnon de voyage, de sainteté et de dévotion, frère Bertrand, qui devint le premier prieur de Provence. Le lendemain, des pèlerins allemands les rencontrèrent sur leur route; comme ils les entendaient chanter les psaumes et les litanies, ils se joignirent pieusement à eux. Parvenus dans un village, ils les invitèrent, et les traitèrent avec abondance, selon leur habitude. Pendant quatre jours, ils firent ainsi. Alors le bienheureux Dominique dit en gémissant à son socius: «Frère Bertrand, j’ai vraiment scrupule de recevoir ainsi leurs biens temporels, alors que nous ne leur semons aucun bien spirituel. Donc, si tu le veux bien, prions à genoux le Seigneur de nous permettre de comprendre et de parler leur langue, afin de pouvoir leur annoncer le Seigneur Jésus.» Après avoir fait ainsi, ils parlèrent avec eux en allemand, à leur grande surprise, en leur prêchant le Seigneur Jésus pendant quatre autres jours, en voyageant avec eux jusqu’à leur arrivée à Orléans. Là, les pèlerins, voulant aller à Chartres, les quittèrent sur la route de Paris, en se recommandant humblement à leurs prières. Le lendemain, le bienheureux Père dit à frère Bertrand: «Frère, voici que nous arrivons à Paris; or, si les frères apprennent le miracle que Dieu a fait pour nous, ils nous croiront des saints, alors que nous sommes pécheurs; et si les séculiers viennent à le savoir, nous serons bien exposés à la vanité. Aussi, je te le demande en vertu de l’obéissance, n’en parle à personne avant ma mort.» Il garda le secret; mais, après la mort du bienheureux Père, ce frère Bertrand le révéla à des frères dévots.

De l'efficacité de sa parole et de son action

Il remarqua que son socius, frère Bertrand, s’affligeait trop de ses péchés; il lui dit de ne plus pleurer sur ses propres fautes, mais celles des autres; si grande fut la puissance de ses mots, que frère Bertrand pleura dès lors abondamment pour les autres, mais ne put pleurer pour lui-même, même s’il le voulait.

Un usurier se trompait lui-même en se croyant juste; il demanda l’eucharistie. Dominique la lui donna; mais bientôt l’hostie brûla son palais comme un charbon enflammé, comme le feu de la fournaise avait rafraîchi les enfants, mais avait brûlé les chaldéens impies. Touché de repentir, l’usurier se convertit, et restitua tout ce qu’il avait mal acquis.

Des pièges du démon, lui qui "épie le talon"

4. En Provence, au couvent d’Avignon, il y avait frère Bertrand, plein de dévotion, prédicateur et chantre. Une nuit d’hiver, il se mit à chanter en lui-même, dans son lit: «Le crucifié est ressuscité d’entre les morts.» Il entendit alors une voix: «Attention! tu ne verras pas le temps où ces paroles sont chantées.» Il l’a lui-même raconté à un bon frère, qui m’en a fait part. Peu de temps après, on l’envoya à Orange, sa ville natale. Là, il tomba gravement malade, et se fit porter au couvent des Frères Mineurs. Comme il approchait de la mort, il s’écria en présence de son confesseur: «Pour l’amour de Dieu, délivre-moi de ces fromages, car ils me pèsent beaucoup.» A cette époque, en effet, il s’était procuré une quantité de fromages, pour le besoin des frères. Il redisait souvent ces paroles, à l’étonnement de tous les assistants, car il n’y avait pas de formages en ce lieu. Enfin son confesseur le comprit, et lui dit: «N’aie aucune crainte, frère bien-aimé; par l’autorité de Dieu et de l’Ordre, je t’absous si tu as fait une faute en nous procurant ces fromages.» Alors il devint silencieux. Il se mit ensuite à agiter la main devant son visage, comme pour chasser des mouches. Son compagnon lui demanda ce qu’il faisait, et il répon-
dit: «Je vois des démons.» Le frère alors lui tendit une croix qui se trouvait là, en lui disant: «Défends-toi avec elle.» Le malade s’en saisit avec ardeur, s’en signa, l’embrassa en pleurant, et dit: «Tu es un sceptre de droiture, un sceptre de royauté» et d’autres paroles. Il replaça la croix convenablement, et ajouta: «Je vois le bienheureux Augustin.» Or, il avait une grande dévotion pour ce saint, et en faisait mémoire chaque jour. Le frère lui répondit: «Ce grand saint est aussi un Père, et il peut bien t’aider.» Alors il se mit à chanter le Salve Regina, comme il pouvait, et en chantant il parti vers le Seigneur.
Il fut enseveli très pieusement par les Frères Mineurs et par trois de nos frères; ce sont eux qui nous ont appris tout cela.

Sur ceux qui diffèrent de secourir les défunts

1. Frère Bertrand, très religieux compagnon du bienheureux Dominique, et premier provincial de Provence, disait presque chaque jour la messe pour les pécheurs. Le bon et prudent frère Benoît, le remarqua pendant un séjour au couvent de Montpellier; il lui demanda pourquoi il priait si souvent pour les pécheurs, et moins pour les morts. Il dit: «Parce que l’Eglise prie pour les défunts, il sont en sécurité, ils seront sauvés. Mais nous, pécheurs, nous vivons au milieu de multiples dangers et nous sommes dans l’incertitude.» Le frère reprit: «Prieur très aimé, dites-moi: s’il y avait, ici, deux mendiants également pauvres, mais dont l’un serait en bon état physique, et l’autre privé de ses membres, lequel vous hâteriez-vous de secourir?» — «Ce serait celui qui ne pourrait s’aider lui-même.» Frère Benoît lui dit: «Eh bien! ainsi sont les défunts. Ils n’ont pas de bouche pour se confesser, ni d’oreille pour entendre, pas d’yeux pour les larmes, pas de mains pour faire le bien, pas de pieds pour marcher. Ils ne peuvent compter que sur notre aide. Mais les pécheurs, avec nos prières, peuvent s’aider de toutes les manières mentionnées.» Mais le prieur ne se rangea pas à son raisonnement. Or, la nuit suivante, il eut la vision d’un mort effrayant d’aspect; il portait un cercueil de bois, et il s’appuyait lourdement sur lui. Dans la même nuit, il le réveilla en l’effrayant et en le tourmentant, plus de dix fois. Aussi, dès l’aurore, frère Bertrand fit appeler le frère, monta à l’autel en pleurant. Dès lors, il célébra la messe plus souvent pour les défunts. Le rédacteur de ces faits les a appris de la bouche même de frère Benoît.

5 septembre

Prier le Rosaire avec

François et Claire d'Assise

Mystères joyeux



L’Annonciation

Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph; et le nom de la jeune fille était Marie (Lc 1, 26-27).

Le Verbe du Père, si digne, si saint et si glorieux, le très haut Père du ciel annonça, par son saint ange Gabriel, qu'il viendrait dans le sein de la glorieuse Vierge Marie; et de fait il reçut vraiment, dans son sein, la chair de notre fragile humanité. Lui qui était riche plus que tout, il a voulu, avec la bienheureuse Vierge sa mère, choisir la pauvreté (François d'Assise).

Prions pour que l'Eglise soit servante et pauvre, comme l'a souhaité le concile Vatican II.

 

La Visitation

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée (Lc 1, 39).

Ce que tu fais, fais-le bien; ne recule jamais; hâte-toi au contraire et cours d'un pas léger, sans achopper aux pierres du chemin, va confiante, allègre et joyeuse. Avance avec précaution cependant sur le chemin du bonheur (Claire d'Assise).

Que les jeunes apprennent le bonheur que donnent des actions bien faites au service des autres.

 

La Nativité

Joseph quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem (Lc 2, 4).

Parlant du Christ Jésus, François l'appelait avec beaucoup de tendresse «l'enfant de Bethléem» et il clamait ce «Bethléem» qui se prolongeait comme un bêlement d'agneau; il faisait passer par sa bouche toute sa voix et son amour. On pouvait croire qu'il se passait la langue sur les lèvres comme pour savourer la douceur de ces mots (François d'Assise).

Que l'amour de Jésus, né dans la pauvreté, augmente en nous le désir de l'imiter.

 

La Présentation de Jésus

Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole (Lc 2, 29).

François et ses frères étaient les vrais Hébreux traversant le désert de ce monde comme des pèlerins et des étrangers, et ils devaient sans cesse avec une âme de pauvre, célébrer la Pâque du Seigneur, c'est-à-dire le passage de ce monde à celui du Père (François d'Assise).

Que la pensée de notre mort nous rappelle où nous allons et nous aide à nous détacher de ce qui fait obstacle à notre chemin vers Dieu.

 

Le Recouvrement de Jésus au Temple

Au bout de trois jours les parents de Jésus le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi (Lc 2, 46)

Que notre Seigneur vous bénisse et vous garde; qu'il vous découvre son visage et vous prenne en pitié; qu'il tourne vers vous son visage et vous donne la paix. Que le Seigneur soit toujours avec vous, et puissiez-vous être, vous aussi, toujours avec lui! Amen (Claire d'Assise).

Apprends-nous, Seigneur, à te bénir en toute circonstance, dans la joie ou dans la peine.

2 septembre

22ème dimanche
du Temps Ordinaire (B) 

Mc 7, 1-8.14-15.21-23
Discussion avec les scribes et les Pharisiens

7 1 Et s'assemblèrent auprès de lui les Pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem. 2 Et voyant certains de ses disciples manger des pains avec des mains souillées, c'est-à-dire non lavées 3  — en effet les Pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas s'ils ne se lavent pas les mains jusqu'au coude, en gardant la tradition des anciens; 4 et au retour du marché, s'ils ne se sont pas baignés (baptisés), ils ne mangent pas; et il y a beaucoup d'autres choses qu'ils ont reçues à garder: bains (baptêmes) de coupes et de vases et de plats d'airain, et de lits —, 5 et les Pharisiens et les scribes l'interrogent [donc]: «Pourquoi tes disciples ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens, mais mangent-ils le pain avec des mains souillées?» 6  Celui-ci leur dit: «Isaïe a bien prophétisé sur vous, les hypocrites, car il est écrit: Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est éloigné loin de moiˮ; 7 ce peuple me vénère vainement, enseignant comme enseignements des préceptes d'hommes. 8 Laissant le commandement de Dieu, vous gardez la tradition des hommes». [...]

14 Et appelant à nouveau la foule auprès [de lui], il leur disait: «Entendez, vous tous, et comprenez. 15 Il n'est rien du dehors de l'homme qui, pénétrant en lui, peut le souiller, mais [les choses] de l'homme qui sortent de lui sont celles qui souillent l'homme.

[...] 21 En effet, de l'intérieur, hors du cœur des hommes, sortent les mauvais calculs: inconduites, vols, meurtres, 22 adultères, cupidités, méchancetés, ruse, débauche, œil mauvais, blasphème, orgueil, déraison; 23 toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et souillent l'homme».

Une tradition humaine

Les Pharisiens et les scribes étaient déjà venu trouver Jésus, séparément. Ils viennent ensemble cette fois. Ils s'assemblent auprès de lui, comme l'avaient fait les apôtres (6, 30). Le comportement de certains disciples déclenche une controverse, comme lorsqu'ils avaient froissé des épis pour les manger. Ils mangent avec des mains souillées! Alors, le respect du sabbat était en cause; ici c'est la pureté rituelle. Jésus lui-même avait eu affaire à eux parce qu'il mangeait avec des pécheurs, donc des hommes impurs.
Les disciples, donc, ne respectaient pas les usages des Juifs qui imposaient de se laver les mains avant de manger; non seulement les mains d'ailleurs mais tous les ustensiles utilisés. Il semble que la question de la pureté rituelle ait été totalement absente lors de la multiplication des pains qui vient d'avoir lieu; personne ne s'était posé la question de trouver de l'eau dans un lieu désert!
Les Pharisiens et les scribes font référence à la tradition des Anciens pour ces questions de pureté rituelle. Jésus remet les choses à leur juste place. Ce sont des usages inventés par des hommes, si l'on en croit Isaïe: «Ce peuple me vénère vainement, enseignant comme enseignements des préceptes d'hommes» (Is 29, 13). La Loi disait bien en parlant du prêtre: «Celui qui aura eu de tels contacts sera impur jusqu’au soir et ne pourra manger des choses saintes qu’après avoir baigné son corps dans l’eau. Au coucher du soleil, il sera pur et pourra manger ensuite des choses saintes: c’est là sa nourriture» (Lv 22, 6-7). Mais Pharisiens et scribes avaient étendu la prescription à tous.

Le pur et l'impur

Une parabole
Voilà l'énigme: ce qui est en dehors de l'homme et rentre en lui ne peut pas le souiller; ce qui sort de lui le souille. Souiller relève de la pureté rituelle et renvoie donc à ce qui précède. Saint Jean Chrysostome pour sa part, voit dans cette parabole une explication de ce que Jésus vient de répondre aux Pharisiens et aux scribes: «Tout ce qui concernait la Loi n'était qu'extérieur, et c'était à toutes ces choses qui n'étaient qu'extérieures que la croix du Christ devait donner une prompte fin».
Mais pour l'instant l'énigme était impénétrable. Qu'est-ce qui rentre dans l'homme? Qu'est-ce qui sort de l'homme? Entendre est une chose, comprendre en est une autre.

Explication aux disciples
Comme le disait Isaïe, ce qui importe c'est le cœur (7, 6), c'est-à-dire ce qui est au-dedans de l'homme. En effet, certaines choses rentrent dans l'homme mais ne touchent pas le cœur: c'est le cas des aliments. D'autres par contre sortent de l'homme en venant du cœur: elles ont là leur source. Ce sont toutes les mauvaises pensées qui, par l'assentiment intérieur qui leur est donné, sont déjà péché. Celles-là souillent l'homme, comme l'explique saint Augustin: «C'est du cœur que sortent les "pensées mauvaisesˮ , nous dit Jésus; et aussitôt, voulant caractériser ces pensées, il ajoute : "Les homicides, les adultèresˮ, etc. Il suit de là qu'il n'y a de faute extérieure qu'autant que la pensée a conçu et voulu ce qui se fait au dehors. D'un autre côté, ce qui procède du cœur suffit déjà pour souiller l'homme, lors même que tout acte extérieur deviendrait impossible».
Marc tire la conclusion de l'explication donnée par Jésus: «Il purifiait ainsi tous les aliments». Avec Jésus commence la liberté chrétienne. Saint Paul est revenu plusieurs fois sur cette nouveauté dans l'épître aux Romains. Parlant à des chrétiens qui vivent au milieu de païens, il dit à propos des viandes immolées aux idoles: «Rien n'est impur en soi» (Rm 14, 14), et encore: «Tout est pur» (Rm 14, 20). Et il ajoute: «Que chacun d'entre vous plaise à son prochain pour le bien», montrant par là la suprématie de la charité.
Déclarer tous les aliments purs avait des conséquences que les apôtres ne pouvaient pas soupçonner. Ces paroles avaient un l'impact direct sur la mission de Jésus envers les païens; l'épisode suivant en donnera un aperçu. Un passage des Actes des Apôtres peut nous aider à comprendre le pourquoi. Alors qu'il va être appelé chez le centurion Corneille, Pierre voit une nappe descendant du ciel qui contient des animaux impurs: «Une voix lui dit alors: "Allons, Pierre, immole et mangeˮ. Mais Pierre répondit: ‟oh non! Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé de souillé ni d'impur!ˮ De nouveau, une seconde fois, la voix lui parle: "Ce que Dieu a purifié, toi, ne le dis pas souilléˮ» (Ac 10, 12-15). Peu après arrivent les hommes envoyés par Corneille. Et Pierre tire la conclusion de sa vision: «Vous le savez, il est absolument interdit à un Juif de frayer avec un étranger ou d'entrer chez lui. Mais Dieu vient de me montrer, à moi, qu'il ne faut appeler aucun homme souillé ni impur»; il se rend alors chez Corneille et mange avec les siens. Il a compris que les païens aussi sont appelés au salut, eux qui ne pratiquent pas la pureté rituelle.
Pierre était parmi les apôtres lorsque Jésus leur avait explique la parabole sur ce qui souille l'homme. Il avait entendu Jésus dire que tous les aliments sont purs et pourtant, après la résurrection il craignait de manger des aliments impurs et de manger avec les païens. Il n'avait toujours pas compris que la purification de tous les aliments opérée par Jésus et le partage de la vie avec les païens ont un lien entre eux.
Le pain que Jésus donne en surabondance n'est pas destiné seulement aux douze tribus d'Israël, mais aussi aux païens auprès de qui, un jour, les apôtres seront envoyés en mission. Mais cela les apôtres ne le comprennent pas encore.

 

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