Bienvenue sur le site du monastère des dominicaines de Lourdes!

 

Bon carême avc Louis de Grenade!

26 mars

 

 

Quatrième dimanche de Carême

L'aveugle-né

Sermon de Louis de Grenade

 

Devant la guérison de l'aveugle-né, les Pharisiens de la loi exprimèrent divers avis, tour à tour admirateurs du miracle, envieux de la gloire du Christ, acharnés à le déprécier, et se plaignant hypocritement de la violation du sabbat.

Pendant qu'ils restent plongés dans d'épaisses ténèbres, notre pauvre aveugle devient si clairvoyant, que non seulement il possède pour lui-même, mais qu'il découvre aux autres la lumière de la foi et de la sagesse. Le raisonnement qu'il fait aux Pharisiens est des plus judicieux et des plus solides: «II est surprenant que vous ne sachiez pas d'où il est, lui qui m'a ouvert les yeux; nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs; mais celui qui l'honore et qui fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce. Jamais on n'a ouï dire que personne ait ouvert les yeux à un aveugle-né. Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.» Assurément, la conclusion est on ne peut plus rigoureuse et plus certaine. Mais les Pharisiens fermèrent encore les yeux à l'éclat de cette lumière, et leur aveuglement n'en devint que plus profond et plus coupable.
Laissons donc les Pharisiens, mes frères, et considérons la foi admirable de l'aveugle. Le miracle de sa guérison l'avait si solidement établi dans la foi en Jésus-Christ, que malgré les protestations et les malédictions du sénat tout entier des Juifs, il persista inébranlablement dans la vérité qui lui avait été révélée, et que non seulement il la «crut de cœur pour être justifié, mais qu'il la confessa de bouche pour obtenir le salut» (Rm 10, 10). 11 ne faut donc pas s'étonner que ceux qui ont eu le bonheur de recevoir l'abondante lumière de la grâce divine, après avoir longtemps vécu dans les ténèbres du péché, se trouvent par la vertu de ces dons précieux solidement établis dans la foi. Nous ne pouvons douter que la lumière de l'âme ne surpasse en valeur et en éclat la lumière du corps: si donc l'aveugle de l'évangile, qui n'a reçu que la lumière du corps, a été par là fortifié dans la foi, que ne doit pas attendre celui qui, ayant longtemps vécu dans les ténèbres de l'iniquité, a le bonheur de recevoir, malgré l'abus qu'il en avait fait une première fois, l'ineffable lumière de la grâee. Eclairé des rayons de cette lumière nouvelle, il se sent tellement transformé dans tout son être intérieur, dans toutes ses inclinations, que c'est à ses yeux un véritable miracle, dont l'effet est d'augmenter et d'affermir en lui la foi. Lui qui avalait l'iniquité comme l'eau et qui, sans motif comme sans remords, se précipitait tête baissée dans l'abîme du péché, le voilà maintenant si différent de lui-même, que s'il avait à choisir entre un péché mortel et tous les supplices des martyrs, il n'hésiterait pas un instant à accepter tous les supplices plutôt que de commettre un seul péché. A quoi donc attribuer un changement si admirable, sinon à la lumière de la grâce de Dieu? Cette lumière, qui est celle de l'Esprit Saint avec ses dons et ses fruits, lui découvre la malice et la laideur du péché, qu'on ne peut pas voir quand on est aveugle, et le lui fait haïr. Car il n'est pas possible que connaissant la malice du péché, il ne le haïsse pas, la haine naissant dans le cœur, de la connaissance du mal, comme l'amour de la connaissance du bien. Il sent qu'il aime toutes les choses qui ne lui inspiraient que du dégoût, et qu'il méprise et dédaigne celles pour lesquelles il se passionnait. Rien ne pèse autant à l'homme charnel et esclave du péché, que la prière, les saintes lectures, la méditation, le silence, la solitude, le jeûne, et toute espèce de commerce avec Dieu: et tout cela est devenu pour lui plein de charmes et de douceur, en sorte qu'il peut s'écrier avec le Prophète: «Que tes paroles me sont douces, plus douces que le miel ne l'est à ma bouche!» (Ps 118, 103). De même, il n'avait auparavant d'autre pensée, d'autre souci, d'autre jouissance que d'amasser des richesses, que de parvenir aux honneurs, que de vivre dans les délices: et maintenant toutes ces choses lui sont un sujet de peine et de dégoût. Mais si la volonté est changée à ce point, c'est que l'intelligence l'a été la première; et l'intelligence ne l'a été que parce que Dieu a chassé les ténèbres qui la couvraient: d'où le pécheur converti peut conclure combien est grand le bienfait de la divine lumière. Le renouvellement qui s'est opéré dans sa vie lui enseigne le prix de cette lumière, et cette lumière, à son tour, lui fait reconnaître la puissance de Dieu et adhérer avec certitude à la vérité de la foi. Ce qui arrive à l'aveugle de l'Evangile en est une image frappante. C'est parce qu'il a reçu le don de la lumière, que la foi en Jésus-Christ pénètre dans son âme, et qu'elle y est si vive et si ferme qu'il la confesse hautement et sans crainte.

24 mars

Chemin de croix avec Louis de Grenade

Le Sauveur conduit devant le Grand Prêtre

Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : «Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu. » Jésus lui répond: «C’est toi-même qui l’as dit! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel.» Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disan : «Il a blasphémé! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème! (Mt 26, 63-65).

Considérez ce que le Sauveur eut à souffrir lorsqu'il a été conduit à la maison de Caïphe qui était grand prêtre cette année-là, et ce qu'il lui répondit lorsqu'il lui demanda qui il était. Ce ne fut pas un seul individu, mais tous les serviteurs présents qui se précipitèrent en furieux sur lui, et le frappèrent sans pitié. Les uns le souffletaient; d'autres lui crachaient au visage; d'autres arrachaient ses cheveux; d'autres l'accablaient d'insultes et de railleries. Et c'était la face que les anges adorent, la beaué dont la vue transporte de bonheur la cour céleste, qui était traitée avec cette indignité! C'était le Maître souverain de l'unives que l'on qualifiait de sacrilège et de blasphémateur, et qui néanmoins supportait tout cela avec douceur et sérénité! Ajoutez à ces persécutions celles dont parle saint Luc. Durant cette même nuit, les soldats qui le gardaient faisaient du Sauveur un objet de moquerie; ils lui couvraient la tête et le frappaient en lui disant: «Devine, Christ, celui qui t'a frappé.» Ajoutez à ces persécutions celles encore dont les évangélistes ne parlent pas. Mais la patience et la charité de Notre Seigneur, d'un côté; de l'autre, la cruauté et la fureur infernale de ses bourreaux vous permettront de comprendre quelle fut pour Jésus cette nuit épouvantable.

Le Sauveur conduit devant Pilate

Le matin du jour qui suivit cette nuit remplie de tant de douleurs et de tant d'ignominies, on conduisit le Sauveur chargé de liens auprès de Pilate qui commandait au nom des Romains en cette province, et on demanda avec instance sa condamnation à mort. On se mit à l'accuser à grands cris, et à produire contre lui mille allégations fausses et mensongères. A ce tumulte et à ces calomnies cet innocent agneau n'opposait ni une excuse, ni une défense, mais un silence et une gravité dont le juge lui-même fut frappé: quoiqu'il connaisse le véritable mobile de ces réclamations, c'est-à-dire la haine; cependant dominé par sa pusillanimité et le respect humain, et croyant peut-être apaiser la fureur populaire, il ordonna de dépouiller le Sauveur et de le flageller.

21 mars

Chemin de croix avec Louis de Grenade

La prière du Sauveur au jardin des Oliviers

Quand le Sauveur eut accompli les mystères et le discours de la dernière cène, il se rendit au jardin de Gethsémani pour y prier avant de commencer sa glorieuse passion (Mt 26, 36). Les sacrifices de l'ancienne loi arrivés à leur fin, et le sacrifice de la nouvelle établi, il ne restait à Jésus-Christ qu'à s'offrir aux douleurs auxquelles son âme et son corps étaient réservés. Il prit avec lui trois de ses plus chers disciples; et bientôt il tomba dans une tristesse et des angoisses qui lui arrachèrent ces douloureuses paroles: «Mon âme est triste jusqu'à la mort.» Et elle y aurait effectivement succombé si elle n'avait dû vivre pour endurer de plus longues souffrances. S'étant retiré un peu à l'écart, il se mit en prière; et lorsqu'il répéta pour la troisième fois les paroles qu'il adressait à son Père, il était en proie à l'agonie la plus affreuse; témoin ces gouttes précieuses de sang qui découlaient de tout son corps. Cette sueur inouïe jusque-là montrait bien l'excès de tristesse auquel il était réduit. Où a-t-il jamais été fait mention d'une sueur qui s'écoule en ruisseaux de sang jusqu'à terre? C'est qu'une semblable sueur était le signe de l'agonie intérieure qu'éprouvait l'âme de notre Rédempteur; et si le monde n'avait jamais connu un fait de cette nature, il n'avait non plus jamais connu une douleur aussi extraordinaire.

Cette circonstance de la passion du divin Maître vous offre en même temps, ô mon frère, et une matière de méditation, et un modèle de prière. Il vous enseigne à recourir en tous vos besoins au Seigneur, comme au plus tendre des pères. Souvent il ne nous soumet aux afflictions que pour nous fournir une occasion de nous jeter dans ses bras et d'expérimenter sa providence toute paternelle. Il vous enseigne de plus à persévérer dans la prière, et à ne pas vous désister de votre demande parce que vous ne serez pas exaucé au gré de vos désirs. Voyez le Sauveur : il répète jusqu'à trois fois la même prière.,Plus d'une fois Dieu nous accorde à la fin ce qu'il nous a refusé au commencement. Il nous enseigne enfin à prier, d'une part avec une cofiance sans bornes, de l'autre avec une obéissance et une résignation parfaites à la volonté du Seigneur. Il nous enseigne la confiance en se servant de ce terme, mon Père, si touchant et si propre à exprimer ce sentiment. Il nous enseigne la résignation quand il ajoute : «Que votre volonté soit faite et non pas la mienne.»

L'arrestation du Sauveur

A la vue de l'arrestation du Sauveur, ses disciples l'abandonnèrent et s'enfuirent. Nous sommes tous plus ou moins leurs imitateurs en ce point; car tous, plus ou moins, nous fuyons tout ce qui est pénible. Les apôtres accompagnent Jésus-Christ à la dernière cène; ils le laissent seul dans sa passion. Nous aussi nous le laissons poursuivre sa route vers la croix, tout en désirant le suivre quand il entre dans son royaume. Que si nous le suivons quelquefois, nous faisons comme les disciples qui ne le suivaient que de loin; nous ne nous soumettons pour son amour qu'aux plus petites épreuves. Je comprends à la rigueur, ô mon Maître, la fuite de vos disciples, en présence du danger. Mais moi, je fuis sans danger aucun qui m'y oblige, que dis-je? je vous fuis au risque reconnu de perdre, en me séparant de vous, la lumière, la vie, la paix et tous les biens. Oh! combien ma faute l'emporte en gravité sur la faute de vos apôtres.
Les disciples avaient à peine tourné le dos que cette troupe de loups affamés se précipite sur l'agneau sans tache resté seul et sans défense. Comment écouter sans douleur le récit de la cruauté avec laquelle ils étendirent leurs mains sacrilèges pour lier les mains de ce doux Sauveur, qui n'opposait ni une parole, ni une résistance? Ainsi garrotté, ils le traînèrent au milieu d'un concours nombreux, à travers les places publiques, en toute hâte jusqu'à la maison du Grand Prêtre. Sans doute qu'en ce moment ses disciples éprouvèrent la peine la plus profonde en voyant leur divin Maître arrêté et traîné brutalement après avoir été trahi par l'un d'entre eux. Il n'y eut pas jusqu'au traître qui ne sentît l'horreur de sa conduite; désespéré du mal qu'il avait fait, il se pendit. Il faudrait être bien dur pour ne pas être touché de compassion à la pensée de ce Sauveur si saint et si bon, qui avait répandu sur la terre toute sorte de bienfaits, chassé les démons, guéri les malades, enseigné une admirable doctrine, conduit dans les rues de Jérusalem, une corde au cou, et les mains liées avec ignominie. O cœurs de pierre, comment une pareille mansuétude n'excite-t-elle pas votre pitié? Comment pouvez-vous rendre le mal à un Dieu qui vous a fait tant de biens? Comment ne fixez-vous pas vos regards sur cet innocent agneau qui ne répond à tous ces outrages ni par les menaces, ni par les plaintes, ni par l'indignation?

19 mars

 

 

Troixième dimanche de Carême

La samaritaine

Sermon de Louis de Grenade

Le Seigneur dit à cette femme : «Donne-moi à boire. — Comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis Samaritaine? — Si tu connaissais le don de Dieu, et quel est celui qui te dit : Donne-moi à boire, peut-être lui aurais-tu fait la même demande, et il t'aurait donné de l'eau vive» (Jn 4). II est à remarquer que l'adverbe de doute, peut-être, se rapporte, non pas au don de Dieu, mais à la demande de la femme. Ce mot nous fait entendre que l'incertitude d'obtenir a sa raison non pas dans un si libéral donateur, mais dans la volonté de celui qui demande. Car il est douteux que nous voulions demander, comme il convient; mais si nous demandons ainsi, nul doute qu'il ne soit fait droit à notre demande. En effet, il ne peut tromper celui qui dit : «Quiconque demande, reçoit; qui cherche, trouve» (Lc 11, 10). Il faut donc accuser notre négligence à demander, et non l'hésitation de Dieu à donner. Certes, vous recevrez l'eau vive, quand vous la lui demanderez avec un cœur suppliant. Mais qu'est-ce que l'eau vive, sinon la grâce du Saint-Esprit, qui donne à l'âme la véritable vie?
Au reste, cette femme ignorante et charnelle, qui ne pouvait pas comprendre la nature de cette eau céleste, et qui n'en connaissait pas d'autre que l'eau corporelle, répondit au Seigneur qui lui promettait cette eau mystique: «Seigneur, tu n'as pas de quoi puiser, et le puits est profond; comment aurais-tu l'eau viv?» II y en a pourtant beaucoup qui à l'occasion d'une autre espèce d'eau ont l'ignorance et la stupidité de cette femme. Travaillés d'une soif inextinguible de bonheur, ils s'imaginent qu'il n'y a pas d'autre eau que celle de ce monde, c'est-à-dire, pas d'autres biens que ceux de ce monde, pour éteindre la soif ardente de leur âme. Non moins que cette femme, ils ignorent, les insensés et les stupides, que le Seigneur tient en réserve pour ses amis une manne cachée, qui apaise la soif et la faim de notre cœur, et qui surpasse toutes les douceurs et toutes les délices du monde. Et pour que cela ne vous paraisse pas incroyable, parcourez des yeux tout ce que le monde offre d'attrayant ou de beau. Qu'est-ce que tout cela, sinon des ombres, des gouttes, moins que des gouttes, qui dérivent de cet océan de tous les biens? Si ces gouttes microscopiques seules vous charment tant, que sera-ce de la mer elle-même? Si vous êtes épris des ombres, que sera-ce de la réalité? Si l'effet vous impressionne tant, que ne fera pas la première de toutes les causes? Car que peuvent donner toutes les œuvres de Dieu, qui ne se trouve en lui bien plus pleinement et plus complètement? De même que l'eau de la mer surpasse hors de toute proportion les eaux de tous les fleuves et de toutes les sources, répandues sur toute la surface de la terre; ainsi cet océan immense et infini de biens surpasse infiniment la somme de tous les biens du monde, et peut verser dans les cœurs des justes plus de joie que n'en sauraient donner tous ces derniers biens réunis ensemble. Mais cette femme grossière et matérielle étant incapable de s'élever à cette philosophie sublime, et de comprendre ce que le Seigneur entendait par eau vive, répondit par ces mots pleins de naïveté: «Seigneur, tu n'as pas de quoi puiser, et le puits est profond; comment aurais-tu de l'eau vive?» (Jn 4).
Le Seigneur continue donc, et il achève de donner l'explication de cette eau mystique: «Quiconque boit de cette eau aura encore soif, au lieu que celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura jamais soif; mais l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source qui jaillira jusque dans la vie éternelle.»

17 mars

 

 

Prier le rosaire avec Louis de Grenade

Les mystères glorieux

La Résurrection
Marie-Madeleine se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus (Jn 20, 14).

Marie Madeleine était malade d’amour et cette maladie lui avait tellement troublé la vue qu’elle n’apercevait pas ce qu’elle voyait de ses yeux : voyant Jésus, elle ne le reconnaît pas. Pourquoi ? Parce qu’elle trouve vivant celui qu’elle cherchait mort. Elle cherchait Jésus et ne cherchait pas Jésus. Elle cherchait ce qu’il n’était pas et ne cherchait pas ce qu’il était.

A l’exemple de Marie Madeleine, apprends-nous Seigneur à aimer Jésus, à espérer Jésus, à chercher Jésus, à ne recevoir aucune consolation, si ce n’est en Jésus.

L’Ascension
Ce Seigneur que vous avez vu s’élever au-dessus des nuées, reviendra de la même façon quand il viendra pour juger le monde (Mt 28, 20).

Une immense fête eu lieu dan le ciel à l’arrivée du Seigneur, vainqueur du diable, du péché, de la mort et des enfers, accompagné de tous ceux qu’il avait sauvés. Chants, musiques et louanges, acclament le Seigneur qui va s’asseoir à la droite du Père.

Demandons au Seigneur de ne pas nous laisser orphelins, de ne pas nous laisser sans Pasteur. Implorons le don de l’Esprit.

La Pentecôte
Le Père vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais (Jn 14, 16).

La Vierge Marie était avec les apôtres au Cénacle, leur apprenant à persévérer dans la prière et les préparant à recevoir l’Esprit. Elle savait d’expérience combien la prière et le recueillement étaient nécessaires pour accueillir un tel hôte.

Prions le Seigneur de préparer nos cœurs à la venue de l’Esprit pour que nous sachions annoncer ses merveilles.

L’Assomption
Qui est celle-ci qui s’élève du désert, comme une colonne de fumée et qui s’appuie sur son bien-aimé ? (Ct 3, 6).

Marie reçoit la récompense accordée pour tous les services rendus à son Fils : elle a été pour lui une maison, elle l’a emmailloté de langes, elle l’a déposé dans une crèche, elle l’a nourri de son lait, elle l’a suivi jusqu’à la croix, elle l’a reçu mort dans ses bras et l’a accompagné jusqu’à sa sépulture.

Prions le Seigneur toujours vivant pour intercéder auprès de son Père et supplions sa Mère, pour ceux qui se préparent au passage de la mort.

Le Couronnement de Marie
Je me suis reposée à l’ombre de mon bien-aimé; son fruit est doux à mon palais (Ct 3, 3).

Quelle joie éprouva le cœur maternel de Marie, quand elle vit de ses yeux son Fils bien-aimé et tant désiré; quand elle l’adora, l’embrassa et lui donna le baiser de paix; quand il l’appela doucement, l’invitant à s’asseoir auprès de lui.

Prions le Seigneur, par l’intercession de la Reine des Anges, de combler les pécheurs de sa miséricorde.

 

14 mars

 

 

Prier le rosaire avec Louis de Grenade

Les mystères douloureux

L’Agonie
Père, non pas comme je veux, mais comme tu veux (Mt 26, 39).

Jésus nous apprend à persévérer dans la prière. Nous ne devons pas l’abandonner quand nous ne sommes pas exaucés mais la continuer à son exemple : il répéta par trois fois la même prière. Il arrive souvent en effet que soit accordé à la fin ce qui semblait être refusé au commencement.

Demandons au Seigneur de mettre en nous le désir de prier son Père sans relâche, comme il nous l’a enseigné.

La Flagellation
Après avoir fait flageller Jésus, Pilate le livra pour être crucifié (Mc 15, 15).

Rempli de pusillanimité et de respect humain, Pilate commanda que Jésus soit flagellé : Jésus est dépouillé de ses habits et attaché à la colonne. La cause des coups de fouets, ce sont nos péchés, mais le Seigneur les a voulus à cause de sa charité démesurée et de son infinie bonté.

Prions le Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, de mettre en notre cœur une vraie contrition pour nos péchés.

Le Couronnement d’épines
Les soldats, tressant une couronne avec des épines, la posèrent sur la tête de Jésus, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre (Jn 19, 2).

Considère quel était ce divin visage, enfoncé de coups, égratigné d’épines, arrosé de sang que ce saint Agneau ne pouvait essuyer. Sa figure était telle qu’il n’était plus reconnaissable, et à peine paraissait-il un homme, lui, la splendeur de la gloire du Père et le miroir de sa beauté.

Nous te prions Seigneur, à la prière de ta mère, prends pitié de tous ceux qui sont défigurés par la souffrance.

Le Portement de croix
Jésus sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha (Jn 19, 17).

Après le long martyre de la nuit, on charge une croix sur les épaules de Jésus et on le conduit au Golgotha. Sur le chemin, il rencontre sa Mère : le glaive de douleur annoncé par Syméon transperça son cœur en voyant son fils défiguré portant un si pesant fardeau.

Seigneur, nous te supplions pour tous les chrétiens persécutés pour avoir rendu témoignage à ton Nom, pour tous ceux qui subissent le martyre.

Le crucifiement et la mort de Jésus
Père, en tes mains je remets mon esprit  (Lc 23, 46).

Par sa dernière parole, le Seigneur achève l’œuvre de notre rédemption, dans une totale obéissance à son Père. En quelques mots, il nous donne un abrégé de la perfection chrétienne.

Père, par le regard que nous portons sur la Passion de ton Fils, détruis en nous toute recherche des honneurs, tout désir de la richesse et tout amour des plaisirs.

12 mars

 

 

Deuxième dimanche de Carême

La transfiguration
Mt 17, 1-9

Sermon de Louis de Grenade

Toutefois pour tenir sa promesse et pour fortifier la foi de ses disciples, que la croix et la passion pouvaient offusquer, il laisse aujourd'hui se répandre sur son corps la source de sa gloire, qu'un miracle tenait fermée; tous les dehors de son humanité en sont tellement transformés, que son visage resplenssait comme le soleil, et que ses vêtements devinrent blancs commemme la neige. Quand on compare à ces choses son visage et ses vêtements, ce n'est pas à dire qu'ils ne les surpassaient point en blancheur et en éclat, c'est que sur notre terre il n'y a rien de plus éclatant que le soleil, de plus blanc que la neige. D'ailleurs le Sauveur lui-même dit des corps des justes, qu'ils brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père( Mt13, 43); et cependant, comparés à Jésus-Christ, ils ne sont que comme des étoiles, irradiées par ce Soleil de justice. S'il y a entre Notre Seigneur Jésus-Christ et tons les saints le même rapport qu'entre le soleil et les étoiles, et si les saints brillent comme le Soleil, combien n'est pas plus éclatant le Soleil même de justice! Néanmoins cette splendeur ne blessait pas de sa vive lumière les faibles yeux des disciples, au contraire elle les inondait de je ne sais quelle volupté divine. Il n'y avait pas que l'éclat du soleil qui brillait sur le visage de Jésus-Christ; on y voyait une grâce, une beauté ineffable; la beauté de toutes les choses créées, terrestres ou célestes, convergerait en un seul point, qu'elle n'approcherait pas de la beauté du Seigneur, qu'elle n'exercerait pas sur les yeux sa douce et séduisante fascination. L'inexprimable joie de Pierre en est une preuve: «Prenant en pitié, dit le pape saint Léon, toutes les choses humaines, et franchissant tout ce qui est terrestre, il était transporté, par un ravissement ineffable, vers un désir enthousiaste des choses éternelles; hors de lui, il ne savait ce qu'il disait.» Or une telle extase était produite non par le seul éclat de la lumière, mais par cette admirable beauté du Sauveur. Ici se manifestent toute sa bonté et toute sa tendresse; lui qui pouvait briller toujours d'une telle gloire, lui-même néanmoins spontanément a retenu les émanations, les rayons de cette splendeur, afin de pouvoir souffrir pour nous de cruelles douleurs, et donner pour nos péchés satisfaction à la majesté lésée. A cette pensée, qui ne s'embraserait d'amour pour un tel Sauveur? qui n'admirerait l'ineffable puissance de celui de qui il dépendait d'être toujours entouré de cette étincelante auréole?qui ne répondrait à une telle bonté, laquelle, par un miracle spécial, se dépouillait de sa gloire, pour s'occuper de notre salut? Voiler les irradiations de cette gloire fut un plus grand miracle que de les montrer toujours, puisque la gloire des âmes bienheureuses rejaillit et se répand d'elle-même sur le corps qui leur est uni.

10 mars

 

 

Prier le rosaire avec Louis de Grenade

Les mystères lumineux

 

Le Baptême
Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui (Mt 3, 16).

Jésus s’approche des publicains, des pécheurs et des pharisiens, comme s’il était leur semblable, attendant son tour pour être baptisé. Et, comme chaque fois que Notre Seigneur s’humilie, il reçoit une grande gloire : baptisé en qualité de pécheur parmi les autres pécheurs, il est proclamé Fils de Dieu.

Prions le Seigneur pour tous les catéchumènes : que Jésus les purifie de tous leurs péchés et leur accorde la gloire des fils de Dieu.

Cana
Il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: “Ils n'ont plus de vin” (Jn 2, 1-3).

Marie prit en pitié la confusion des gens, parce qu'elle était miséricordieuse. Est-il étonnant que les entrailles de bonté produisent la bonté ? Si quelqu'un conservait un fruit dans sa main une demi-journée entière, ne garderait-il pas le parfum du fruit tout le reste du jour ? A quelle profondeur la Bonté n'a-t-elle donc pas imprégné de sa vertu le sein de la Vierge où elle a reposé durant neuf mois ?

Prions le Seigneur pour tous ceux qui se préparent au sacrement de mariage. Que la bonté de la Vierge Marie les accompagne tout au long de leur vie.

L’Annonce du Royaume
Beaucoup se rassemblèrent [autour de Jésus] et il leur annonçait la Parole (Mc 2, 2).

Le Fils de Dieu nous a enseigné la plus haute perfection où puisse parvenir une créature en cette vie : occuper son esprit de la contemplation et de l’amour des choses célestes. Il n’est pas de plus parfaite doctrine que celle qui nous apprend à nous unir à Dieu, à ne faire qu’un seul esprit avec lui.

Demandons au Seigneur de nous apprendre à écouter et méditer sa Parole et à la mettre en pratique.

La Transfiguration
Il advint que Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier; et pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement prit une couleur étincelante(Lc 9, 28).

Le Seigneur fut transfiguré alors qu’il était en prière ; il nous apprend ainsi que, dans la prière, nous recevons un nouvel esprit, une nouvelle clarté, un nouveau courage, une nouvelle pureté de vie. Nous recevons aussi un cœur si fortifié et si transformé qu’il ne paraît plus être le même qu’auparavant, parce que Dieu l’a changé et transfiguré.

Prions le Seigneur de garder tous les chrétiens fidèles à la prière.

L’Eucharistie

Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin (Jn 13, 1).

Le principal effet du véritable amour, c’est de vouloir s’unir à l’objet aimé. Notre Seigneur nous a montré le principal effet de son amour dans le sacrement de l’eucharistie. Il a voulu, par là, nous incorporer à lui pour que nous fassions une seule chose avec lui. En effet, comme il se fait une même chose entre le pain et celui qui le mange, il se fait une même chose du Seigneur et de celui qui le reçoit.

Prions le Seigneur pour que l’eucharistie devienne un jour le signe visible de l’unité des chrétiens.

 

7 mars

 

Prier le rosaire avec Louis de Grenade

Les mystères joyeux

L’Annonciation
Réjouis-toi, comblée de grâce… L’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu (Lc 1,28.35).

Dieu a préparé un lieu pour accueillir son Fils : le corps et l’âme de la très sainte Vierge Marie. De même qu’il avait trouvé bon de donner une maison terrestre au premier Adam tiré de la terre, de même il fallait qu’il donne à celui qui descendait du ciel, une maison céleste : parée des vertus et des dons célestes.

Prions notre Père de sanctifier notre cœur pour que son Fils puisse y naître.

La Visitation
Dès l’instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein (Lc 1, 44).

En entendant la voix de Marie, Jean a eu la connaissance du Seigneur qui venait, et du mystère de son incarnation. Son âme en a conçu une joie telle, qu’elle s’est répandue jusque dans son corps et le fit tressaillir.

Par Marie, notre avocate, demandons au Seigneur d’éclairer de sa lumière ceux qui doutent et de les remplir de la joie du salut.

La naissance du Sauveur
Marie enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle (Lc 2, 7).

Le Roi du ciel a choisi une pauvre maison, une pauvre couche, une pauvre Mère, un pauvre équipage, pour y enfermer un trésor de miséricorde, de douceur, de sainteté et de rédemption.

Accorde-nous, Seigneur, de grandir dans l’humilité et la charité pour que notre cœur devienne une crèche où tu puisses reposer.

La Présentation de Jésus
Joseph et Marie emmenèrent l’enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (Lc 2, 22).

Avec humilité et charité, le Fils de Dieu s’offre pour nous dans le Temple. Avec joie et promptitude, le Fils premier-né de Dieu s’offre à son Père pour le salut des hommes, lui qui est descendu sur la terre pour les sauver.

Avec la Vierge Marie, demandons au Seigneur de nous apprendre à unir nos prières et notre vie à son offrande.

Le Recouvrement de Jésus au Temple
Quand ses parents virent Jésus dans le temple, ils furent saisis d'étonnement, et sa mère lui dit: “Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous? Vois, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse” (Lc 2, 48).

La Vierge Marie ressentit une grande douleur quand elle se vit si rapidement dépossédée de son riche trésor. Elle ne pouvait trouver de repos jusqu’à ce qu’elle ait trouvé le Bien-aimé de son âme. Pendant trois jours, elle supporta la douleur de l’absence et chercha de tous côtés le joyau perdu.

Par la Vierge Marie, demandons au Seigneur de venir au secours de toutes les mères qui souffrent pour leur enfant.

 

5 mars

 

 

 

Premier dimanche de Carême

Les tentations de Jésus au désert

Sermon de Louis de Grenade

Examinons en quel temps surtout le diable s'attaque au Seigneur. C'est lorsque après avoir jeûné, il eut faim. Voyez-vous cette autre ruse du démon? Il saisit l'occasion de la faim, afin d'irriter le désir de manger, d'un côté? par la faim naturelle, de l'autre, par ses excitations. C'est un moyen qu'il emploie souvent pour perdre nos âmes. Aussi saint Bernard dit-il: «Le diable étudie toutes nos habitudes, il scrute nos préoccupations, il fouille nos affections, et cherche à nous nuire, dès qu'il nous voit quelque ardente convoitise.» Avec une vigilance incroyable il épie toutes les passions de notre âme, il tourne autour, semblable à un ennemi habile qui explore les murailles d'une forteresse, afin de tenter l'attaque par le côté .le plus faible. La tendance qu'il remarque en nous vers quelque vice, il la surexcite et l'enflamme. De même que ceux qui veulent tirer du feu d'Un caillou en le frappant de l'acier, examinent bien de quel côté il est préférable d'attaquer le silex, pour en faire jaillir l'étincelle qui enflammera le combustible, ainsi le rusé tentateur, ayant reconnu la disposition et la nature d'un individu, frappe plus vivement le penchant qui le porte aux vices, pour qu'enfin l'étincelle d'un consentement coupable ayant jailli, allume la flamme du péché qui dévore tout. Ecoutez saint Grégoire: «D'abord notre adversaire étudie le caractère de chacun: puis il dirige en conséquence les pièges de la tentation. L'un est gai, l'autre est triste; celui-ci est timide, celui-là, emporté. Pour les prendre facilement, l'ennemi occulte ourdit des déceptions analogues aux tempéraments. Le plaisir étant voisin de la joie , il propose la luxure à ceux qui ont l'humeur joyeuse; la tristesse dégénérant bientôt en haine, il inocule aux tristes le péché de la rancune; les timides redoutant les supplices, il les effraie par la peur; et comme les emportés et les fiers sont sensibles à la gloire, avec des honneurs il en fait ce qu'il veut.»

[…] «Si vous êtes le Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent les pains.» Quoique le diable soit menteur, et père du mensonge, ci cependant sans le savoir il nous présente une vérité salutaire. Car entre toutes les œuvres des enfants de Dieu, celle qui leur est vraiment propre consiste à transformer des pierres en pains. Quand quelqu'un t'accable d'injures et d'outrages, que fait-il autre chose que te jeter des pierres, pour mettre à l'épreuve, et tâcher d'ébranler ta constance et ta vertu? Une injure et un outrage blessent plus que ne blesse une pierre. Car il est écrit : «Un coup de fouet fait une meurtrissure, mais un coup de langue brise les os» (Si28, 21). Au reste, si tu souffres patiemment, si tu réponds à l'outrage, non par un outrage» mais par un bienfait, d'une pierre tu fais un pain, puisque tu changes une chose dure et stérile en une vertu, en un aliment spirituel. Car cet outrage enduré avec patience est l'aliment spirituel qui nourrît l'âme, et non la pierre qui blesse. Agir ainsi, c'est agir en enfante de Dieu, et prouver cette filiation.

[…] Vaincu donc par le Seigneur dans ce premier combat, il l'attaque autrement: «Le diable le transporte alors dans la ville sainte, et le mettant sur le haut du temple, lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas; car il est écrit: II a ordonné à ses anges d'avoir soin de vous, etc.» Comme le Seigneur l'avait terrassé par le témoignage des saintes Ecritures, il abuse contre lui du témoignage de la même Ecriture, mal entendue. Cette tentation, comme la précédente, est spirituelle. C'est par des tentations de cette sorte que l'esprit méchant attaque les hommes spirituels. Car, comme les oiseleurs emploient différentes amorces, selon la nature des oiseaux qu'ils veulent prendre, ainsi ce rusé ennemi emploie, suivant les caractères, divers appâts pour enlacer les âmes.

[…] Le tentateur ayant donc attaqué ainsi le Seigneur, celui-ci répondit : «II est écrit, tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu.» Tenter le Seigneur, c'est vouloir faire par un miracle ce qui peut se faire par d'autres moyens. — Puisque je puis descendre autrement, qu'ai-je besoin de me jeter en bas? — Vaincu et terrassé par cette réponse, le démon eût pu cesser la lutte, puisqu'il avait rencontré un athlète si fort et si invincible; mais la passion et le besoin de nuire faisaient qu'il ne se rebutait point.

Carême

Nous vous proposons de vivre le carême en compagnie d'un grand spirituel dominicain du XVIe siècle, Louis de Grenade.

Neuvaine pour les vocations

Neuvaine pour les vocations dans notre communauté. Merci de prier avec nous.

Lire la suite …

Films sur le monastère

Cliquez ici !