Les Homélies de l'année B

 



 

 


 

15 Août Assomption

1er Nov Toussaint

 
Temps Ordinaire
       


1er Dimanche
2ème Dimanche
3ème Dimanche
4 ème Dimanche

5ème Dimanche

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7ème Dimanche
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11ème Dimanche
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14ème Dimanche
15ème Dimanche
16ème Dimanche
17ème Dimanche

 

 
   

 

 

1er Dimanche de l'Avent B  

Commentaire du P Cérou :

Merveilleux temps de l'Avent: temps apaisé de l'attente, active, éveillée et fidèle, et dès maintenant, de la présence de celui qui est qui était et qui vient, pour être « Emmanuel, Dieu avec nous ». Temps de la joyeuse et ferme espérance des prophètes, présent en l'attente de Marie, présent maintenant à notre marche, en Eglise vers les cieux nouveaux et la terre nouvelle. Et toute la liturgie de l'église se concentre en ces mots des premiers chrétiens: « Maranatha: le Seigneur vient ». Comme un cri du cœur jailli de la foi et prière d'espérance: « Viens Seigneur ». Nous sommes en chemin et toute notre vie est un Avent. Tout au long de ces quatre semaines qui nous préparent à Noël, le prophète Isaïe, Jean Baptiste et Marie vont nous aider à être des veilleurs.
Aujourd'hui, le prophète Isaïe, fait comme le bilan du passé d'Israël: il évoque l'indéfectible fidélité de Dieu, l'Exode, la sortie d'Egypte, l' Alliance qu'il renoue sans cesse et de manière nouvelle. « Voici que tu es descendu et les montagnes ont fondu devant toi ». Mais au moment où les exilés reviennent de captivité, ils sont mal accueillis, trouvent des maisons détruites ou occupées, le temple à reconstruire.
« plus de lieux où t'offrir des sacrifices » Et leur joie de revenir se change en déception, puis en repentir et en prière à Dieu Père de ce peuple, aimé, élu et choisi et qu'il peut encore sauver.
Nous pouvons entendre cette ardente supplication du prophète comme celle de Marie elle-même « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, si tu venais, les montagnes fondraient devant toi ». Et le prophète demande à Dieu une grâce de renouvellement et de conversion: « Tu es Seigneur notre Père, notre rédempteur depuis toujours, reviens pour l'amour de tes serviteurs. Le prophète qui sollicite le pardon de Dieu pour son peuple obstiné et laissé au pouvoir de ses péchés, ne compte que sur la fidélité de Dieu pour se convertir: « Tu viens à la rencontre de celui qui pratique la justice avec joie et se souvient de toi en suivant ton chemin ». « Reviens Seigneur et fais nous revenir ».
L'Avent est un temps de conversion. C'est le temps de nous accorder à Dieu : « Ne laisse pas nos cœurs s'endurcir, durer dans le péché ». Ici, c'est le peuple tout entier qui est appelé, à « revenir au Seigneur », car si Dieu est déjà venu, il est attendu d'une manière toujours nouvelle, et la supplication d'Isaïe est déjà toute pénétrée de l'attente du Messie. Il ne dépend pas de nous qu'il vienne, oui, le Seigneur vient. Mais il dépend de nous de l'attendre par une véritable décision de conversion: «jamais plus nous n'irons loin de toi, fais nous vivre et invoquer ton nom ». Dieu ne cesse de venir et notre prière est déjà sa venue en nous: « reviens Seigneur et fais nous revenir" ». Et le fils prodigue s'est levé et a fait retour vers le Père et le Père Ta vu de loin et a couru vers lui. Qu'avons-nous à convertir pour donner à Dieu plus de place, toute sa place en nos vies, le reconnaître et l'aimer comme Père. Vais-je lui donner davantage le temps de la confiance, de l'écoute de sa parole, les rendez-vous nécessaires d'une prière personnelle, et lui offrir la chance et le temps de me refaire comme son enfant. Quels obstacles, quelles priorités sont les miennes.
Veillez ! L'Avent est le temps de l'éveil. Quand Jésus demande aux disciples de veiller, il est déjà à Jérusalem, face au temple, avec quatre de ses disciples. Son départ est proche, mais c'est son retour qu'il annonce, « Soyez vigilants, tenez vous prêts ». La consigne est pour tous ceux qui sont en responsabilité et nous le sommes tous en la mission qui nous est confiée. Quand le tsunami, le raz de marée provoqué par un énorme glissement de terre dans les profondeurs de la mer, a fait un nombre considérable de victimes (2005 ) les sismographes avaient enregistré et signalé le tremblement de terre, mais il n'y avait pas de veilleur. « Veillez, - dit Jésus - pour ne pas vous laisser surprendre ».
Dans la parabole de l'évangile, un seul, le portier veille pour tous, mais c'est à chacun qu'il est demandé de veiller avec la vigilance de celui qui porte la responsabilité de beaucoup. « Quand reviendra-t-il ? Le soir, a minuit, le matin ou au chant du coq » ? Ce sont les quatre veilles du soldat romain en faction. Le soir, ce fut l'heure de l'agonie de Jésus au jardin et les trois disciples pris de sommeil n'ont pas veillé. Et Jésus leur dit « veillez et priez » On ne peut être vigilant sans la prière. A minuit, ce fut l'arrivée des soldats et de la cohorte, et les disciples on fui. Pierre a suivi de loin avant de renier. Au chant du coq, Jésus , a porté son regard sur Pierre et l'a réveillé de son sommeil... il avait veillé et pourtant il s'est laissé surprendre comme absent de lui-même. "C'est lui le Seigneur qui nous fera tenir fermement jusqu'au bout" "Marie, ND de l'Avent, accorde-nous cette joyeuse vigilance qui discerne dans la frame du quotidien les passages et la venue du Christ Seigneur."

2ème Dimanche de l'Avent B  

 

Commentaire du P Cérou :

Dimanche dernier, nous avons accueilli l'appel de Jésus à garder le cœur éveillé dans la foi. Tout le sens de l'Avent tient en ces mots: « Le Seigneur vient ». Aujourd'hui, Les prophètes Isaïe et Jean Baptiste, nous pressent de préparer une route aplanie, désencombrée, pour le Seigneur qui vient. Isaïe s'adresse à ses compatriotes qui ont beaucoup pleuré, en leur exil au bord des fleuves de Babylone. Mais voici, Dieu lui-même vient consoler le peuple qui avait compris l'exil, la désolation comme un rejet et une sanction du péché et qui reçoit maintenant la révélation de la miséricorde, pour lui-même, et bien au-delà, pour tous les peuples. Ils ne reviendront pas comme ils étaient partis. Ils le comprennent maintenant, ce temps qui leur fut donné comme épreuve était le temps de la purification et de la conversion. « Heureux ceux qui pleurent ils seront consolés ».
« Consolez, consolez mon peuple », crie le prophète « parlez au cœur de Jérusalem proclamez que son crime est pardonné ». C'est la Bonne Nouvelle du salut. Elle est pour nous. Ne serions nous pas nous-mêmes désolés et inconsolables, si nos péchés nous étaient comptés ? Il nous faut « tressaillir de joie », car « le Seigneur vient, il vient pour nous sauver ». Il n'est pas de plus grand événement de l'histoire humaine que l'Incarnation du Verbe annoncé pour le futur par Isaïe, et maintenant accompli pour nous ; « comme un berger, il conduit son troupeau ». Jésus lui-même se reconnaîtra dans la prophétie d'Isaïe: « Je suis le bon berger, je donne ma vie pour mes brebis ». Le désert qu'il nous faudrait traverser pour aller à la « montagne de Dieu » est infranchissable, mais Dieu lui-même a franchi la distance : « Voici votre Dieu, voici le Seigneur Dieu, il vient avec puissance ». Et la gloire du Seigneur que chanteront les Anges de Noël sera manifestée pour tous les peuples.
Que devons nous faire sinon désirer ardemment la venue du Seigneur, préparer ses chemins, désencombrer nos cœurs et nos vies de tout ce qui est futile ou inutile, ou qui prend trop de place, et préparer ainsi un cœur libre pour la fête de sa venue. Quels petits ou grands travaux de déblaiement sont nécessaires pour accueillir celui qui vient pour apporter la paix et, par delà notre confort, le salut à ceux qui le cherchent. Le psaume 84 nous rappelle à quelle sainteté de vie nous sommes appelés et combien il est nécessaire de vivre dans la justice et la vérité, pour permettre au Seigneur qui vient, de prendre toute sa place en nous. Quelle contribution allons nous apporter pour construire la paix. Nous n'aurons peut-être que notre bonne volonté, une vie digne et droite, et notre prière pour abaisser des montagnes d'orgueil, combler des ravins d'indifférence, annoncer la paix, ouvrir des chemins pour la justice qui est le nouveau nom de la paix , comme le disait Paul VI à l'ONU.
Nous ouvrons aujourd'hui l'évangile de Marc. Le prophète Isaïe avait annoncé « la voix qui proclame: préparez le chemin du Seigneur ». Jean Baptiste est là, il accomplit cette mission. H le sait. « Je suis la voix », et il élève la voix pour annoncer et préparer la venue de Celui qui est la Parole vivante au cœur de l'homme et pour les nations. En ce début de son évangile, la Bonne Nouvelle la plus importante pour l'humanité, Marc rapproche deux événements: au commencement, la première création a été abîmée par le péché, mais voici un nouveau commencement: le Seigneur vient lui-même en notre terre, en notre temps, en notre histoire. « Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, Fils de Dieu ». Dieu vient renouveler l'Alliance, il se fait Emmanuel, Dieu avec nous, pour être sauveur et rédempteur de l'homme.
L' « évangile des catéchumènes » le premier des évangiles, écrit vers les années 70, s'achèvera sur la proclamation du centurion romain « Vraiment cet homme était le fils de Dieu. Il est l'Alliance, il est la bonne nouvelle vivante, présente et éternelle. En sa vie, sa parole ses signes, en son aimable fraternité, Jésus va nous révéler combien Dieu est Père. Nous n'allons pas à Lui; il vient à nous et il nous faut lui permettre d'être Emmanuel, Dieu avec nous. Isaïe et Jean Baptiste, une même voix nous presse d'accueillir aujourd'hui le salut de Celui qui est, et qui vient nous donner la vraie vie qui demeure. Il vient nous rejoindre en l'aridité de nos déserts, nous libérer de tout ce qui est futile, et combler le vide intérieur de nos surabondances, nous libérer de nos peurs et nous offrir de créer avec lui les conditions de la paix. Laissons nous renouveler par le souffle de l'Esprit Saint. Vivons de l'espérance du monde déjà là et qui vient en notre mystère eucharistique. Nous attendons un monde nouveau et une terre nouvelle où régnera la justice. Il dépend de nous de l'accueillir avec le pardon de nos péchés, et de le construire en notre adhésion au Christ de nos fraternités. « Dans l'attente de ce jour, frères bien aimés, faites donc tout pour que le Christ vous trouve nets et irréprochables dans la paix »

3ème Dimanche de l'Avent B  

 

Commentaire du P Cérou :

Nous recevons aujourd'hui le témoignage de F « envoyé de Dieu venu rendre témoignage à la lumière » Jean Baptiste continue de nous guider sur le chemin de l'Avent. Nous l'avons entendu comme la voix annoncée par Isaïe qui appelle à la conversion, il nous annonce aujourd'hui le Messie qui se tient au milieu de nous comme la lumière du monde. Jean a préparé la venue et la manifestation du Seigneur, annoncé par les prophètes. Et c'est maintenant sa venue, l'événement attendu, le plus important de l'histoire. « Le peuple était en attente ».
L'homme du désert inquiète les autorités de Jérusalem qui l'interrogent. Tous vont à lui. Qui donc est ce baptiseur qui baptise sans mandat ? Prêtres Lévites, pharisiens à leur tour mènent l'enquête: « Que dis-tu de toi-même ».Non, Jean Baptiste n'est pas le Messie ..., pas non plus Eli, dont on attendait le retour, ni le grand prophète annoncé par Moïse. Mais Jean baptiste sait très bien qui il est:, il sait sa mission, tout comme Marie qui la reçoit de Dieu et que « toutes les nations proclameront bienheureuse ». l\ en reconnaît la grandeur, et sa joie est parfaite, semblable à celle de l'ami de l'époux qui, dans la tradition d'Israël, a la mission de préparer les noces, avant de s'effacer. Car voici en effet les noces de l'Agneau. « Moi, je baptise dans l'eau, mais au milieu de vous tient celui que vous ne connaissez pas ». Maintenant, baptisés nous-mêmes dans l'Esprit, nous le connaissons. A l'image de Jean Baptiste, nous sommes appelés à être pleinement nous-mêmes, dans le désir de Dieu, en la mission qu'il nous donne à chacun, et la pleine liberté de l'accomplir. La sainteté de Jean Baptiste dont Jésus fait l'éloge comme celle du puys grand des enfants des hommes, c'est d'être pleinement nous-mêmes dans le vouloir de Dieu.
La première lecture au livre d'Isaïe est toute vibrante d'espérance et de joie. Elle s'adresse pourtant à des hommes blessés, qui ont subi l'injustice, connu l'exil, la maltraitance, le manque et la pauvreté, et en qui beaucoup pourraient se reconnaître aujourd'hui. Mais le prophète voit loin, sa vision englobe le futur de l'humanité, et annonce celui qui vient, en la gracieuse bonté de notre Dieu, pour le salut de tous les hommes des pauvres de cœur, de ceux qui ont faim de la justice de Dieu, de sainteté et de vérité de vie, ceux-là aussi qui restent captifs de servitudes et qui ont besoin d'être guéris et sauvés. Le prophète Isaïe annonce de très loin et avec grande allégresse le Messie de Dieu qui vient sauver son peuple. Son annonce a déjà les accents et les mots de Marie dans son Magnificat: « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu ». Dieu vient combler le cœur des pauvres et Marie l'accueille en son humanité, en notre humanité, « mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur ». Et St Paul nous presse de vivre dans la joie de l'Esprit. En cet Esprit où nous avons été baptisés. « Frères soyez toujours dans la joie », car le Seigneur vient. Il vient parce que nous ne pouvons pas nous guérir et nous sauver nous-mêmes, il vient parce qu'il nous aime et « la joie de notre coeur vient de lui ». La joie de ce jour, la joie qui demeure, c'est le premier témoignage que nous avons à porter de la présence vivante du Seigneur en nous, et, « en toutes circonstance » .
En nos baptêmes, nous avons reçu bien plus qu'une année de bienfaits et chacun de nous peut le dire: « il m'a revêtu du manteau de l'innocence, il m'a fait revivre ». Si notre vie, notre terre demeurent le jardin offert à la divine semence de la Parole, Dieu y fera germer sa justice qui est sainteté, et nous vivrons notre mission pour le monde: « priez sans cesse ». Il nous faut être ici la voix cachée et ardente de la prière au cœur de l'Eglise, en notre union à Celui qui s'est fait l'époux de l'humanité et qui, en son Esprit, est aussi l'époux de nos âmes. Notre prière est sa prière et son offrande est la nôtre, et elles passent les limites de nos murs.
Entendons le souhait de St Paul: « que le Dieu de la paix vous sanctifie tout entier et garde parfaits et sans reproche, votre esprit, votre âme et votre corps pour la venue de Notre Seigneur Jésus-Christ ». En invoquant le Dieu de la paix nous rejoignons l'invitation de Pax Christi pour ce dimanche de la paix. Parce que le Seigneur est venu et parce qu'il vient, nous croyons que l'amour peut vaincre la haine, mais nous ne pourrons pas croire à la paix si nous ne croyons pas à cet amour là. Notre credo est un acte de foi en la puissance de l'amour de Dieu qui a sauvé le monde par son Incarnation, et nous a réconciliés en lui par la croix et qui nous donne son Esprit pour le témoignage et le combat de la paix. « Heureux tous les artisans de paix: ils seront appelés Fils de Dieu ».
« Rayonnons de la paix de Dieu et ainsi, brillons de sa lumière et éteignons dans le monde et dans le cœur de tous les hommes, toute haine et tout amour du pouvoir... la paix commence par un sourire. Souriez cinq fois par jour à quelque un à qui vous n'avez vraiment pas envie de sourire . Faites le pour la paix ». Mère Térésa.

 

4ème Dimanche de l'Avent B  

 

Commentaire du P Cérou :

Trois jours nous séparent de Noël. Le Seigneur vient en notre monde. Il vient pour nous, il vient pour demeurer, Il se fait enfant d'homme, Fils de l'homme pour que nous devenions avec Lui, Fils de Dieu. Tout au long de l'Avent, notre voix et notre désir ont été portés en la prière suppliante de l'Eglise: « Viens Seigneur apporter la joie et la paix à notre monde où tu as pris ta place ». Et nous avons demandé à Dieu un cœur converti ( 2enie dimanche ), pour que s'établisse en nous le règne de Dieu, règne de la justice et de la paix dans la vérité de l'amour de Dieu désiré d'un grand désir et accueilli dans la joie de sa présence annoncée et déjà là. ( 3eme dimanche). « Etre atteints par la présence de Dieu qui s'est fait proche de nous à Noël est un don inestimable, un don capable de nous faire vivre dans l'étreinte universelle des amis de Dieu, dans ce réseau d'amitié avec le Christ qui relie le ciel et la terre ». B.XVI . La Vierge Marie est au cœur de la liturgie de ce jour. Elle a donné au monde, « non pas une idée, mais Jésus, le Verbe incarné. Nous l'invoquons afin que l'Eglise annonce encore aujourd'hui, le Christ Sauveur ...et que chaque chrétien, chaque communauté ressente la joie de partager avec les autres, la Bonne Nouvelle que Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que le monde soir sauvé par lui ».
Quelle maison allons offrir à Dieu pour qu'il vienne l'habiter ? David, le berger devenu roi d'un royaume
important, à qui tout a réussi et qui habite un palais, veut construire une maison pour Dieu, dire ainsi sa
reconnaissance et asseoir son pouvoir. Mais Dieu qui avait sa tente au désert, veut demeurer au milieu de son peuple et plus encore prendre place en la lignée des hommes. Dieu aime l'humanité. Il veut être « Emmanuel, Dieu avec nous ». Le Messie est annoncé, il sera de la lignée, de la maison de David, il sera « appelé Fils de Dieu ». Avec lui, c'est tout un peuple qui a et aura Dieu pour Père. En le ps. 88 nous pouvons entendre I' annonce du Christ éternel, et de l'alliance nouvelle: « II me dira - tu es mon Père, sans fui - dit le psaume -je lui garderai mon amour ». « Et il a demeuré parmi nous ». Il faudra attendre dix siècles pour que « le mystère resté dans le silence...soit manifesté et porté à la connaissance de toutes les nations », comme nous le dit St Paul. Dieu prend corps d'humanité pour que l'humanité devienne famille de Dieu. Depuis la Pentecôte, la maison de Dieu, c'est l'humanité que Dieu vient
rassembler dans l'Esprit et dont le Christ veut faire l'extension de son corps.
Dieu a désiré de tout son amour nous élever jusqu'à Lui. Il vient, non pas en son Temple comme pour l'annonce de la naissance de Jean Baptiste à Zacharie, mais en la maison de Marie, « comblée de grâce », Immaculée en sa conception et de ce fait, entièrement libre de dire à Dieu le oui, l'acceptation en notre nom, et l'accueil de l'humanité au « Verbe fait chair », qui veut devenir « Dieu avec nous ». « Le Seigneur est avec toi ». La même parole fut dite par le prophète Nathan à David. Et Dieu lui révèle alors son projet qui va bien au-delà de ses désirs, il lui promet une postérité qui « subsistera toujours ». Et l'ange annonce à Marie qu'elle deviendra mère de son Seigneur dont « le règne n'aura pas de fin ». La liturgie du jour, en ce récit de l'Annonciation, oriente notre contemplation sur « Marie mère de Dieu ». Et nous murmurons la salutation de Pange: « le Seigneur est avec vous ». Si Marie est tout entière en Dieu, c'est que Dieu est tout entier en elle. Et de telle manière que le Verbe est déjà tout entier en son âme au moment où il prend chair de son humanité. Si nous entrons dans l'adoration de Marie pour le Verbe incarné, nous pouvons vivre la même adoration pour la bienheureuse Trinité qui nous habite . L'incarnation du Verbe venu pour faire en nous sa demeure, nous permet de vivre une réelle communion avec Dieu « plus intime à nous que nous-mêmes » dit St Augustin, et en réelle communion avec tout homme entièrement solidaire de l'humanité du Christ. Et de telle manière qu'il ne peut y avoir deux amours: un amour pour Dieu et un amour pour les hommes. Le mystère, l'événement de l'Incarnation a des conséquences inouïes pour le présent et l'avenir de l'humanité, appelée à devenir maison de Dieu et corps du Christ. Le Seigneur est avec nous ! Construire
« C'est à nous de t'aider et de défendre jusqu'au bout la demeure qui t'abrite en nous... Je veux t'aider mon Dieu à ne pas t'éteindre en moi... tu connaîtras sans doute des moments de disette où ma confiance ne te nourrira plus aussi richement, mais, crois-moi, je continuerai à œuvrer pour toi, je te resterai fidèle et ne te chasserai pas de mon enclos...Toi qui m'as tant enrichie, mon Dieu, permets moi de donner à pleines mains...Où que je sois, j'essaierai d'irradier un peu d'amour, de ce véritable amour du prochain qui est en moi...Et je te le promets je te le promets mon Dieu, je te chercherai un logement et un toit dans le plus grand nombre de maisons possible. C'est une image amusante: je me mets en route pour te chercher un toit. Il y a tant de maisons inhabitées où je t'introduirai comme invité
d'honneur » . Etty Hillesum (une vie bouleversée)

Nuit de Noël B  

Lectures :

Livre d'Isaïe 9,1-6.

Psaume 96(95),1-2a.2b-3.11-12.13.

Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,1-14.

Commentaire du P Cérou :

Jour de Noël B  

Lectures :

Livre d'Isaïe 52,7-10.

Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4.5-6.

Lettre aux Hébreux 1,1-6.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,1-18.

Commentaire du P Cérou :

Au deuxième dimanche de l'Avent le prophète Isaïe nous a fait ressentir le besoin de la miséricorde de Dieu et il a éveillé en nous l'espérance du salut: « consolez, consolez mon peuple, dites lui que son péché est pardonné ». Aujourd'hui, le même prophète nous annonce la joie du pardon: « éclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple... il a montré la force divine de son bras aux yeux de toutes les nations. Et d'un bout à l'autre de la terre, elles verront le salut de Dieu ». Nous l'avons déjà entendu en cette heureuse nuit de Noël: « sur le peuple qui habitait le pays de l'ombre, une lumière a resplendi ». Non plus la lumière des luminaires qui éclairent le jour et la nuit, mais la « lumière véritable qui éclaire tout homme en venant en ce monde ». Il s'agit du Verbe fait chair que nous proclamons en notre credo: « lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu » « En lui tout fut créé; en lui était la vie et la vie était la lumière des
hommes »...

En l'étonnante méditation qui ouvre son évangile, St Jean nous suggère que la lumière qui éclaira la nuit des bergers est déjà et maintenant la lumière du Christ pascal, dont le psaume 97 annonce la victoire: « La terre entière a vu le Sauveur que Dieu nous donne, il s'est assuré la victoire ». La lumière du Christ dissipera nos ténèbres et la gloire du ressuscité resplendira sur le corps tout entier de l'humanité ou le Verbe a pris chair. En lui, Dieu s'est fait homme pour que nous devenions avec lui Fils de Dieu ». C'est l'enseignement de St Jean : « à tous ceux qui l'ont reçu il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu... et nous avons part à sa plénitude ». « Chrétien prends conscience de ta dignité - clame St Léon le grand -... Puisque tu participes maintenant à la nature divine, ne dégénère pas... Rappelle toi à quel chef tu appartiens et de quel corps tu es membre. Souviens toi que tu as été arraché au pouvoir des ténèbres pour être transféré dans la lumière et le royaume de Dieu ».

« Nous avons vu sa gloire ... nous avons touché le Verbe de vie », s'étonne St Jean. La gloire qu'il tient de son Père comme fils unique, plein de grâce et de vérité, il est venu pour nous y associer, nous appeler à entrer dans le jour de Dieu, la lumière véritable « car ce fils qui porte toute chose par sa parole puissante, ayant accompli la purification des péchés est maintenant assis à la droite de la majesté divine, bien au dessus des anges, possédant par héritage un bien plus grand que les leurs » L 2. C'est donc en son humanité que le Christ est glorifié. Et nous sommes faits « héritiers de Dieu, héritiers avec Lui ». L'enfant de Marie, Fils de Dieu avant les siècles est né pour nous, il veut naître en nous pour que nés de la chair et du sang selon notre nature, nous soyons avec lui « Fils de Dieu ». « Le Verbe de Dieu a habité en l'homme et s'est fait fils d'homme pour habituer l'homme à recevoir Dieu et habituer Dieu à habiter dans l'homme, comme cela paraissait bon au Père » écrit St Irénée. Dans les combats, les désordres et les épreuves du monde, avec lui nous sommes vainqueurs du mal de péché et de la mort: « le vainqueur - annonce l'apocalypse - je le ferai siéger près de moi sur mon trône, comme moi-même après ma victoire, je suis allé siéger près de mon Père ». Apo. 3.20 . « Vos noms sont inscrits dans le ciel ».

Il nous faut rester fermes et déterminés dans la foi. Nous avons tant de prix aux yeux de Dieu . Le « roi de Gloire » est venu dans l'enfant, il est venu en frère pour nous le dire. Il est venu en sauveur et rédempteur de l'homme pour que nous vivions en sa lumière, il est venu pour être avec nous et y demeurer. Vivons en cet amour de Dieu dont nous sommes aimés, vivons réconciliés, éveillés et vigilants et illuminés: « pour toi, Dieu s'est fait homme, pour toi, en sa condescendance, il a pris ta chair de péché et tu serais dans une misère sans fin s'il ne t'avait pas fait miséricorde dit encore St Augustin. En lui, « resplendissement de la gloire du Père, image parfaite du Dieu invisible » He. nous sommes faits nous-mêmes temples véritables et nous pouvons adorer le Père en esprit et en vérité. C'était le motif de son Incarnation afm que nous ayons part à la gloire qui doit être manifestée en nous quand reviendra le Seigneur de gloire.

Verbe fait chair, parole vivante en qui tout fut créé, viens à la rencontre du monde de notre temps pour lui apporter la paix promise aux hommes de bonne volonté, afin que s'établisse en ce monde le règne de Dieu pour les hommes de bonne volonté.

Solennité de la Ste Mère de Dieu

Lectures :

Livre des Nombres 6,22-27.

Psaume 67(66),2-3.5.6.8.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4,4-7.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,16-21.

Commentaire du P Cérou :

« Marie comblée de grâces, Mère de Dieu », Ainsi nous la saluons, jour après jour, en son unique maternité par qui le Verbe à pris chair et « s'est fait homme ». Les vœux que nous offrons en ce premier jour de l'année, nous les confions à Marie Mère de Dieu et aussi mère des disciples, de la famille humaine de ce temps, et de chacun de nous. « Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse ».Ps 66. Toute bénédiction, tout bien véritable, tout don parfait nous vient de Dieu. Aujourd'hui, après les Fils d'Israël, les enfants de l'Eglise reprennent les mots de bénédiction de l'Alliance avec le Dieu vivant que nous reconnaissons dans le visage humain de Jésus Fils de Marie et Fils de Dieu. Cette bénédiction qui appelle les bienfaits de Dieu, nous la demandons pour chacun de nous, comme une illumination de l'esprit et du cœur : « que le Seigneur se penche vers toi et fasse briller sur toi son visage », nous la demandons pour tous nos frères et sœurs en humanité : « que ton salut parvienne à toutes les nations et y apporte la paix ». Oui, ce premier jour de l'année est un jour de prière pour la paix des nations. Que soit donnée au monde la paix, pour ceux qui nous sont proches et pour ceux qui sont loin, et que le salut annoncé aux bergers et la paix promise aux hommes de bonne volonté soit pour tous, selon les mots du psaume : « que ton chemin soit connu sur la terre et ton salut parmi toutes les nations ».
Près de la crèche, nous restons dans la lumière et l'émerveillement de Noël. En sa lettre aux Galates, St Paul nous rappelle avec étonnement l'événement inouï de l'Incarnation du Fils de Dieu en notre chair. « II est né d'une femme » » dit-il sobrement, une femme nommée Marie, « Bénie entre toutes ». « Les temps sont accomplis » : Le Messie annoncé au long de 15 siècles d'Alliance, c'est Dieu lui-même en la Personne du Fils, le Verbe fait chair, « venu racheter ceux qui étaient sous la loi, esclaves du péché », pour faire de nous des fils, membres par adoption de la famille divine. Tel est le don de Dieu offert à la famille humaine. Fils avec le Fils nous le sommes aussi de la même mère de Jésus, du fait de l'Incarnation, et par le don même du Christ à l'heure de la Croix. « Au disciple bien aimé, Jésus dit « voici ta mère » et dès cet instant le disciple la prit chez lui ( Jn 19-27) où selon une traduction plus précise « parmi ses biens », parmi les dons précieux que le Maître lui avait laissés » Jn Paul II. Quels sont ces biens et ces dons précieux ? St Paul évoque ici celui qui les rassemble tous : « envoyé de Dieu, l'Esprit de son Fils est dans nos cœurs et prie le Père en l'appelant « Abba ». Et nous sommes faits « héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ ». C'est ainsi que nous avons été bénis, comblés de biens spirituels.
Avec les bergers, les premiers qui reçoivent la Bonne Nouvelle du salut, allons d'esprit et de cœur à Bethléem, et regardons avec le regard et le cœur de Marie « qui retenait tous ces événements et les gardait dans son cœur». « Et la Mère de Dieu, écrit Vatican II, leur montra heureuse son Fils premier-né ». Aujourd'hui et dans la foi de l'Eglise depuis le concile d'Ephèse en 432, notre attention se porte avec étonnement sur la mère de Jésus que nous nommons « Mère de Dieu », « Théotokos », celle qui a engendré Dieu qui préexiste éternellement, et qui en son Incarnation « a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme ». « Marie est la Mère de Dieu parce qu'elle a conçu et enfanté selon la nature humaine la personne de Jésus en qui « réside la plénitude de la divinité »
Marie « reçoit cet immense don et cette dignité d'être mère du Fils de Dieu, don d'une grâce unique et exceptionnelle qui la met bien au dessus de toutes les créatures dans le ciel et sur la terre » (LG 53) Du fait de l'Incarnation, Marie est Mère de Dieu étant mère du Fils qui est Dieu » JN ;P II . Cependant, c'est dans foi que Marie accueille en la personne de Jésus, le Fils du Très Haut, une foi donnée par la « servante du Seigneur », et qui restera en progrès tout au long de sa vie jusqu'à la Résurrection et à la Pentecôte. Marie ne connaît vraiment Jésus que par un acte de foi semblable au nôtre. En cela aussi elle est notre mère. Avec elle, jour après jour nous recevons et méditons les mystères, les réalités inépuisables de notre salut acquis par Jésus Fils de Marie et Verbe fait chair. Vierge Marie, Mère de Dieu et notre mère guide nous vers la rencontre du Christ. En cette journée de la paix, qu'il soit pour tout homme chemin de vérité et de justice, qu'il nous obtienne un nouveau don de l'Esprit et pour l'année qui s'ouvre, la paix pour le monde.

 

Dimanche de la Sainte Famille B  

 

Commentaire du P Cérou :

Dimanche de l'Epiphanie B  

Lectures :

Livre d'Isaïe 60,1-6.

Psaume 72(71),2.7-8.10-11.12-13. .

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,2-3a.5-6.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,1-12.

Commentaire du P Cérou :

                    Aujourd’hui, en cette fête de l’Epiphanie qui est la manifestation du Seigneur, la lumière qui a enveloppé les bergers s’étend aux limites du monde et accomplit la prophétie d’Isaïe « les nations marcheront vers ta lumière  et les rois vers la clarté de ton aurore. ».Accueillons l’enfant de la crèche comme lumière des nations. Par delà la ville de Jérusalem, c’est déjà le rassemblement des peuples qui est annoncé, selon les mots de l’Apocalypse : « la cité n’aura besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illuminera, son flambeau, c’est l’Agneau ».(Ap. 21-23)

                    En ses homélies  à Cologne, le pape Benoît  XVI a longuement évoqué le récit des mages et il y voit  sous la conduite  de l’étoile de la foi, la marche de tout chrétien et de tout homme éclairé par l’Esprit  vers la personne du Christ  et l’Agneau de Dieu. Ces mages qui étaient des astrologues et des devins de religions étrangères à la révélation, reçoivent la nouvelle de la naissance de Jésus méconnue des prêtres juifs et des chefs du peuple de Dieu, mais accueillie par les nations.  L’étoile suggère que Dieu appelle chacun de nous , en quête de vérité, là où il est : les pêcheurs du lac de Galilée en leur profession  et c’est par une &étoile qu’il fait signe aux astrologues. Et tout homme en chemin est en marche vers Celui qui est la lumière de tout homme venant en ce monde.

                    L’Epiphanie est donc la fête de la révélation et de la mission universelle  Le roide la paix apportant la Bonne Nouvelle aux pauvres annonce des temps nouveaux où sera réalisée l’unité du monde Ce projet de Dieu ne se réalisera pas sans nous mais avec nous. De sa prison de Rome, où il se dit « prisonnier  du Christ » St Paul écrit aux chrétiens d’Ephèse : « Les païens - non juifs- sont associés au même héritage, au même partage, au même corps, à la même promesse ans le Christ par l’annonce de l’Evangile » de même le psaume annonce de bien loin la Bonne Nouvelle « proclamée d’une mer l’autre » et les rois des nations les plus lointaines figurées par Tarsis et les îles apporteront les richesses de leurs civilisations  et feront leur offrande. Ainsi les nations sont appelées en ce qui est leur diversité  et leur propre. Culture.

                    « Venus d’Orient, ils arrivèrent à Jérusalem». Figures emblématiques dit Benoît XVI, ils nous disent que nous sommes aussi en chemin. Ils sont les premiers d’un long cortège d’hommes et des femmes qui ont cherché du regard le Dieu proche de nous et qui nous indiquent la route. Ils sont l’occasion…d’approfondir la signification de l’existence humaine comme pèlerinage accompli  sous la conduite de l’étoile, à la recherche du Seigneur.

                    Jérusalem d’où fut proclamé l’Evangile pour la première fois, sera pour eux  le lieu de l’épreuve. Ils y  rencontrent l’indifférence des scribes et des chefs des prêtre sui savent où doit naître le Messie, mais ne bougent pas…Ce sera aussi le lieu de la passion  et de la complicité des autorités religieuses et civiles qui vont condamne le juste. L’évangéliste Mathieu  annonce ici la suite des événements de son Evangile: la mission de Jésus passera par le rejet et la mort

                    «Les rois mages ne trouvent pas tout de suite. Il faut parcourir un long chemin pour trouver la trace de ce qui est plus grand.  Où  et comment le trouver au milieu des images séduisantes de ce monde, mais aussi au milieu des situations de souffrance  et de détresse  que les hommes peuvent traverser ? Où est-il ?  Le Christ est parfois difficile à trouver  On peut perdre l’étoile parce que le ciel y est très lumineux , illuminé par les enseignes publicitaires et les éclairages des marchés,parce que souvent nous éclairons la nuit au point  de masquer les étoiles…C’est à la lumière de la Parole de Dieu qu’ils retrouveront leur chemin.

 

Dimanche du Baptême du Seigneur B  

 

Commentaire du P Cérou :

1er Dimanche TO B

 

Commentaire du P Cérou :


2ème Dimanche TO
B


3ème Dimanche TO
B

Lectures :

Livre de Jonas 3,1-5.10.

Psaume 25(24),4-5ab.6-7.8-9.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 7,29-31.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,14-20.

Commentaire du P Cérou :

PARLE SEIGNEUR, TON SERVITEUR ECOUTE
. Depuis son tout jeune âge, l'enfant Samuel vit dans le temple de Silo où le Seigneur l'appelle L'enfant n'a pas rêvé, mais le grand-prêtre Héli doit l'éveiller à la présence du Seigneur qui lui parle dans le temple et au cœur de la nuit. Il faut apprendre à écouter pour entendre la voix du Seigneur « Samuel ne connaissait par encore le Seigneur ». L'enfant fut offert au temple dès qu'il fut sevré est-il écrit « C'est au Seigneur que je l'ai demandé ...le Seigneur m'a accordé ce que je lui demandais. A mon tour je l'offre au Seigneur » dit la mère au prêtre Héli. Nos efforts et notre présence à Dieu sont nécessaires, mais c'est lui qui nous cherche. Le texte nous dit la disponibilité de l'enfant et son obéissance. « II se leva et courut vers Héli » II faut nous rendre présents au Seigneur « plus intime à nous que nous-mêmes ». « Laissez vous surprendre par le Christ, accordez lui le droit de vous parler » (Benoît XVI, aux J.M.J).
« Et le Seigneur vint se placer près de lui ». Toute prière est présence à Dieu qui nous a appelés et aimés le premier et nous pouvons nous tenir en sa disposition selon les mots du psaume 39. « Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté ». Non point une volonté pesante si nous connaissons Dieu comme Père. Il demande à chacun d'être soi-même en sa présence Rien hors de nos forces et de la vérité de notre vie filiale. « Tu ne voulais ni sacrifices ni victimes » « tu as ouvert mes oreilles. Donne moi un cœur qui écoute ». L'auteur de l'épître aux Hébreux mettra ces paroles sur les lèvres de Jésus venant en ce monde pour y accomplir la volonté du Père. « Et j'ai dit : me voici mon Dieu pour accomplir ta volonté ».
QUE CHERCHEZ-VOUS ?
La première parole de Jésus dans l'évangile de Jean est une question que l'on retrouve tout au long de l'évangile « Que cherchez vous ? Ceux pour qui il a multiplié les pains le cherchent pour le faire roi, d'autres pour ses guérisons, les femmes au matin de la résurrection, pour embaumer son corps et il leur demande de ne pas le chercher parmi les morts, mais chez les vivants. «Il faut chercher Jésus pour lui-même» dit St Augustin. La question est pour chacun de nous : quel est ton désir ? Ce que tu cherches,le veux-tu vraiment ? Devenir disciple c'est l'engagement de toute une vie et celui qui a trouvé cherchera encore. La relation à Dieu se construit jour après jour avec l'Esprit Saint et comme une intimité humaine
VOICI L'AGNEAU DE DIEU .
.Les disciples de Jean ont entendu cette parole peut-être murmurée, et ils ont vu. Celui qu'ils cherchaient s'est retourné. Et ils suivirent Jésus. C'est le début d'une longue fréquentation, d'un long compagnonnage, une amitié humaine se noue, se vit, devient partage et intimité et avec le Christ, bien davantage, une communion dans un même esprit. Et « celui qui s'est uni au Christ n 'est plus qu 'un seul esprit avec lui ». Les paroles que Dieu nous dit sont toujours nouvelles. Jean a pu désigner l'Agneau de Dieu en le voyant dans la foi, car il annonce ici son sacrifice L'Agneau que le Père donne au monde pour que nos péchés ne nous soient pas comptés, nous le reconnaissons en chacune de nos eucharisties. Il ne s'agit plus de l'agneau symbole que l'on mangeait pour la Pâque pour faire mémoire,ni de celui que l'on immolait chaque jour au temple, mais de celui qui nous a lavés par son sang, et à qui nous demandons notre guérison « Dis seulement une parole »

OU DEMEURES-TU ?
Et ils ont marché avec lui. Jusqu'à la maison .Nous ne saurons rien de l'échange de ce jour là. Jésus ici ne parle pas aux foules, il se communique seul à seul et l'intimité divine n'est quelque peu transmissible qu'à celui qui en a fait l'expérience, -du P Boismard, bibliste :-« suivre et chercher Jésus, ce sont les conditions pour être disciple ; le trouver et demeurer avec lui, c'est la récompense de ceux qui ont su le chercher et le suivre » L'invitation acceptée fait de nous un disciple II y faudra la confiance renouvelée et la fidélité. Le disciple n'est pas une girouette pour marquer d'où vient le vent. Enraciné dans la vérité, il accepte les consignes qui le conduiront toujours plus loin dans l'identification au maître « demeurez dans ma parole » « demeurez dans mon amour ». «comme le Père demeure en moi et moi dans le Père ». «demeurez en moi comme moi, je demeure en vous». Le dernier mot est à l'adhésion de cœur à la volonté du Père en laquelle nous reconnaissons le meilleur bien pour nous,car « celui-là qui demeure dans la volonté du Père demeure dans mon amour ».
NOUS AVONS TROUVE LE MESSIE.
La découverte du disciple se continuera tout au long de l'évangile où Jésus est nommé Agneau de Dieu, Rabbi, maître, Messie de Dieu, Fils de Joseph, roi d'Israël, Fils de l'homme. Un demi siècle après cette rencontre des premiers disciples avec Jésus, Jean se souvient et tout son évangile est acte de mémoire et il témoigne «c'était environ la I0eme heure » ( 4 heures du soir) Nous faisons mémoire des événements marquants de la famille, il faut célébrer les anniversaires et l'Eglise ne cesse pas de faire mémoire des événements de la vie du Seigneur Mais il faut aussi que nous soyons nous-mêmes mémoire vivante pour être témoins de celui qui est présence vivante au cœur de nos vies. C'est ainsi que « André amena son frère à Jésus» Quels relais nous ont conduit à lui et à qui avons-nous ou allons nous porter la nouvelle ?
JESUS POSA SON REGARD SUR PIERRE
« Tu es Simon fils de Yonas tu t'appellera Képhas, :Pierre rocher. Dans la tradition biblique c'est Dieu qui est appelé « rocher » « Le Seigneur est mon rocher ». Et le Seigneur en son Eglise donne à Simon ce nouveau nom, comme pour lui dire à lui qui reniera : tu es ce que tu deviendras avec moi, car «j'ai prié pour toi et ta foi ne faillira pas ». Pierre en son union au Christ lui devient semblable comme il est écrit pour chacun de nous appelés à devenir « pierres vivantes ». « Laissez vous construire en édifice spirituel : votre corps est le temple de l'Esprit ». « Glorifiez Dieu dans votre corps » Si, pour les corinthiens et nombre de nos contemporains, qui disent « mon corps m'appartient et j'en dispose », pour le chrétien, le corps est temple de Dieu comme il le fut pour le Christ lui-même Et promis à la résurrection. Pour le monde grec et bien de nos contemporains, la liberté est un point de départ qui permet de dire « tout est permis », pour Paul et le chrétien, c'est bien plus un don du Seigneur pour un accomplissement, un e vie digne de notre condition humaine et de l'appel que nous avons reçu une conquête, et parfois un combat « vous avez été appelés à la liberté.» Que ce ne soit pas pour le mal
De l'imitation de Jésus-Christ : « Donnez moi, Seigneur la sagesse céleste afin que j'apprenne à vous chercher, à vous trouvera goûter votre présence, à vous aimer en toute chose et à regarder le reste des choses selon votre sagesse et suivant ce qu'elles sont ».


4ème Dimanche TO
B

Lectures :

Livre du Deutéronome 18,15-20.

Psaume 95(94),1-2.6-7ab.7d-8a.9.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 7,32-35.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,21-28.

Commentaire du P Cérou :

« Ils pénètrent à Capharnaum ». C'est un gros bourg au Nord-Ouest du lac de Galilée. Jésus y appellera le douanier Mathieu à sa suite et un centurion romain le suppliera de guérir son serviteur : « dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri » Jésus est là en sa ville. Il vient de proclamer l'avènement du règne de Dieu tout proche et dès le premier sabbat, il enseignait dans la synagogue, accompagné de ses 4 premiers disciples. Selon l'usage, on fait deux lectures : la loi et les prophètes. La liturgie juive célèbre la création du monde, la libération du peuple de sa captivité, la loi donnée à Moïse ; elle écoute la voix des prophètes qui appellent à la conversion et annoncent le salut que Dieu seul peut donner à son peuple tant de fois libéré et qui ne compte que sur lui.
La prophétie de Moïse faite dans les temps anciens ( Dt 18,15) vient de s'accomplir: « au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi et vous Fécouterez». Dt 18. Il était attendu. Il est là. «Jésus enseignait» Nous saurons peu de chose de l'enseignement de Jésus en St Marc. Il nous est bien connu par les paraboles du Royaume, et de la miséricorde ( St Luc), le sermon sur la montagne, le discours après la cène. Pour Marc, la Bonne Nouvelle est celle de la toute puissance de la Parole de Jésus, qui a autorité sur les éléments du monde ( tempête apaisée) et les puissances du mal.- de guérir, de libérer, de remettre les péchés - C'est l'autorité d'une parole neuve, libre et créatrice qui libère du mal, renouvelle l'homme lui redonne sa dignité originelle, qui a fait «se lever» la belîe-mère de Pierre, «se dresser» le paralytique et la femme courbée. Cette « autorité » pose la question de l'identité de Jésus « Qu'est-ce que cela veut dire » « D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles accomplis par ses mains » ; et les scribes : « qui t'a donné autorité par quelle autorité fais-tu cela ».
« II y avait dans la synagogue, un homme tourmenté par un esprit impur ». Au désert où Jésus fut tenté, il a déjà engagé le combat vainqueur contre Satan. « II n'a aucune prise sur moi » dit Jésus, à quelques heures de sa Passion. Il n'en a pas non plus sur nous et, si nous restons profondément attachés à Jésus « rien ne pourra vous nuire» ( Luc 10,19 ) La seule présence de Jésus dévoile Fauteur du mal et aussi Fétendue de son pouvoir. Depuis le jardin de la Genèse, il croit avoir des droits sur l'humanité. Désignant Jésus comme « le Saint de Dieu » qui seul est Saint, « eux savaient qui il était » écrit st Marc, mêlant le je et le nous, dans la confusion, le Satan voit en Jésus la fin de son pouvoir. « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth es-tu venu pour nous perdre ?» - rien de commun de toi à nous î En le nommant il voudrait prendre pouvoir sur lui, et faire échec à sa mission en la révélant trop tôt et la réduisant à un pouvoir magique, temporel. Mais seul le Père peut révéler qui est Jésus et sa mission de salut. Son mystère ne sera dévoilé que par la Croix, l'heure décisive où dit Jésus « le Prince de ce monde va être jeté dehors ». Il y a dans ce seul premier chapitre trois consignes de silence En 1,34 « II ne permettait pas aux démons de parler parce qu'ils le connaissaient ».1,34 Et plus loin au lépreux guéri : « garde toi de rien dire à personne » 1,44. C'est seulement après la Résurrection qu'il faudra dire et porter la Bonne Nouvelle aux nations.
La seule parole que Marc donne à entendre est un parole d'autorité : « Silence, sors de cet homme ( sois muselé) La parole du Seigneur fait de l'homme libre un homme nouveau et Fétonnement de la foule : « nous n'avons jamais rien vu de pareil ». Nous reconnaissons la parole et l'autorité de Jésus à l'œuvre en tout sacrement. C'est lui qui agit en nos baptêmes qui nous associent à sa vie, en son pardon qui nous renouvelle en l'Eucharistie qui nous rassemble maintenant où il se fait Pain de vie. Nous nous offrons à son pouvoir. Il guérit nos blessures et nous renouvelle
Avec Lui nous pouvons vivre libres et rester vainqueurs dans le combat du mal : le règne de Dieu est arrivé pour nous dans notre union à Jésus. Avec Lui, nous demandons au Père : « délivre nous du mal et que ton règne vienne ». Nous prions le Seigneur pour le monde encore captif de tant d'aliénations, de servitudes, d'égoïsmes mortels et d'injustices dont il ne peut se libérer lui-même.et qui pourtant ignore ou même repousse Jésus. Nous nous offrons nous-mêmes, en nos solidarités universelles, à la guérison spirituelle qui est dans le Corps du Christ, livré pour le salut du monde. La puissance de Dieu ne manque pas : le Seigneur veut changer le visage et le cœur du monde : nous lui offrons notre prière et notre espérance : « Seigneur fais advenir ton règne au milieu de nous ».

 


5ème Dimanche TO
B

Lectures :

Livre de Job 7,1-4.6-7.

Psaume 147(146),1-2.3-4.5-6.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 9,16-19.22-23.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,29-39.

Commentaire du P Cérou :

 


6ème Dimanche TO
B

Lectures :

Livre du Lévitique 13,1-2.44-46.

Psaume 32(31),1-2.5.11.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,31-33.11,1.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45.

Commentaire du P Cérou :

Que l'Esprit du Seigneur soit en nous pour accueillir sa Parole. Elle s'adresse à nous aujourd'hui si nous avons besoin de guérison. La prière du psaume nous introduit à une attitude juste devant Dieu. Elle a pu être la prière d'un homme malade qui demande d'être guéri, d'un pécheur qui demande d'être purifié. S'il s'agit d'un lépreux, il doit cacher son visage « jusqu'aux ïèvres » aux yeux des hommes, mais il peut parler à Dieu, à visage découvert et lui dire sa confiance : « Toi ne me caches pas ton visage, mes jours s'en vont en fumée, mais toi tu es là pour toujours pour entendre ma prière »
Le lépreux anonyme de l'Evangile n'était pas aux portes de la ville où beaucoup de malades ont été guéris. Jésus a quitté le gros bourg de Capharnaiim pour les villages et les campagnes. Sans doute il est en route quand le lépreux, exclu de toute vie sociale, vient le rejoindre sans signaler sa présence. 11 ne le rencontre pas par hasard : « un lépreux vint à Jésus ». Nous le voyons près de lui, face à face, visage découvert. Aucune lèpre ne rebute Jésus. Et « II tombe à ses genoux et le supplie, il demande la guérison et plus encore : « si tu veux, tu peux me purifier ». Il dit seulement sa confiance : il le sait : Jésus peut le purifier. Il le demande comme une grâce qu'il ne mérite pas : « si tu veux ». Venu pour guérir et sauver, Jésus n'a pas seulement besoin de notre confiance, mais aussi de notre désir et du besoin ressenti, exprimé, d'être purifiés, renouvelés par l'amour sauveur et miséricordieux. C'est pour cela qu'il est venu : sauver les pécheurs que nous sommes.
« Pris de pitié devant cet homme Jésus étendit la main et le toucha ». Geste interdit par la loi. Ce sont nos plaies qu'il est venu toucher en sa main humaine. Nous dirons bientôt : je ne suis pas digne que tu viennes à moi, mais dis seulement une parole. Elle fut dite pour toujours et pour tous les temps : « Je le veux, sois purifié». Touchant le lépreux, Jésus s'exclue lui-même de la communauté des hommes et « il ne lui était plus possible d'entrer ouvertement dans une ville, mais de partout, on venait à lui ». Tl sera condamné hors de la ville II a pris sur lui nos péchés. Il s'est fait péché pour nous, dit St Paul. En lui, Jésus, c'est Dieu qui touche l'homme. Mais ce n'est pas un acte du passé. L'événement du salut c'est maintenant en tout acte sacramentel qui est un acte du Christ lui-même, en son pardon, en son Eucharistie où lui-même vient en nous et veut y demeurer. En la personne humaine de Jésus, c'est Dieu qui dit « JE » « Je le veux ». Remonté vers le Père, il nous est plus présent que jamais, en son présent éternel, l'aujourd'hui de Dieu. Bien sûr ce n'est pas la maladie qui nous rend impurs devant Dieu, mais la lèpre du péché qui nous exclue de nous-mêmes, et de la communion avec Dieu et avec nos frères.
La lèpre est le symbole de tout ce qui nous dégrade. Nous la voyons dans la drogue, les dépravations les violences, toutes les formes d'égoïsme personnel ou collectif. Nous ne la voyons pas toujours en nous-mêmes et nous nous protégeons de toute contagion. Notre pleine conversion est dans le regard de Jésus sur nous-mêmes. Dès lors nous pourrons regarder tout homme avec le regard du Christ, en sa compassion pour nous et pour le frère, la sœur si défigurés qu'ils soient. « Mon modèle à moi, c'est le Christ». Sa compassion pour moi m'engage au-delà du raisonnable, me libère de tout intérêt personnel exclusif. Et l'homme qui a fait reconnaître sa guérison proclame l'événement comme une nouvelle parmi d'autres, de Jésus le guérisseur qui n'est pas venu seulement pour guérir mais bien plus, pour sauver l'homme. C'est de lui dont nous vivons et que nous que nous annonçons.
Tu es Seigneur mon salut. En ta divine fraternité, tu me permets de nommer Dieu et de l'appeler Père. Avec toi, mon humanité est devenue filiale et tu la veux fraternelle sans exclusion. De toi j'ai reçu mon nom, ma filiation, ma dignité d'enfant de Dieu. Sauvé de l'exclusion, de l'exil de Dieu, de l'enfermement sous le voile du deuil, tu as rétabli ce qui fut brisé par le refus d'amour, tu m'as purifié du péché personnel et collectif dont je fus complice. Tu as rétabli ma communion avec le Père. Accorde-moi de rechercher ton regard qui purifie, et d'aimer tout homme pour lui-même, en sa relation première et unique avec son Créateur et son Sauveur, toi Jésus-Christ, mon Sauveur.


7ème Dimanche TO B

Lectures :

Livre d'Isaïe 43,18-19.21-22.24b-25.

Psaume 41(40),2-3.4-5.13-14.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,18-22.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,1-12.


Commentaire du Père Cérou :

 


8ème Dimanche TO B

 

Commentaire du Père Cérou :

« Mon épouse infidèle, je vais la séduire et je parlerai à son cceur. Tu seras ma fiancée et ce sera pour toujours » Ce sont les paroles du prophète Osée trompé par son épouse . En cette trahison de l'amour, cette douloureuse infidélité, le prophète nous révèle que Dieu lui demeure fidèle, même si nous sommes infidèles. Le fiancé dont il est question ici, est Dieu lui-même, la bien aimée, c'est le peuple d'Israël à qui il fut dit « tu es un peuple saint, un peuple consacré. Je serai votre Dieu et vous mon peuple. » « De tout ton être, tu aimeras le Seigneur ton Dieu. » Le poème est une révélation par laquelle Dieu se fait connaître comme amour en lui-même et dont nous sommes aimés, comme un époux peut aimer une épouse, dans la justice et le droit, le plein respect de chacun dont l'Alliance est le signe, mais aussi dans une tendresse et une fidélité engagée.

L'amour de Dieu pour son peuple « est un amour d'élection. Le Dieu unique auquel Israël croit, aime personnellement. Il choisit Israël et il l'aime avec le dessein de guérir par là toute l'humanité. » « Israël a rompu l'alliance, Dieu devrait le juger et le répudier, mais l'amour passionné de Dieu pour son peuple est en même temps un amour qui pardonne Il est si grand qu'il retourne Dieu contre lui-même, son amour contre sa justice. C'est là le mystère de la croix. Dieu aime tellement l'homme, qu'en se faisant homme lui-même, il le suit jusqu'à la mort et il réconcilie de cette manière -en sa personne- justice et amour ». Benoît XVI

En la personne de Jésus, Dieu a donné son Fils au monde et s'est donné lui-même. C'est la Bonne Nouvelle du Royaume, tellement surprenante qu'elle en scandalise beaucoup. Serai-elle trop belle pour être vraie ? Le lépreux est purifié, le paralytique est pardonné avant même d'être guéri. Jésus vient d'appeler à sa suite Lévi un publicain, et on lui reproche vivement de s'asseoir à la table des publicains et des pécheurs. Et ils ne jeûnent pas ! Jésus dérange une organisation sociale fondée sur la loi -humaine, trop humaine-. » Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas » ? Il est passé le temps de l'attente du Messie. En une brève parabole, Jésus évoque une noce juive et rappelle que le jeûne est signe de pénitence et de deuil. Et on ne jeûne pas au temps des noces.

Jésus se révèle ici lui-même et se fait connaître comme l'époux de l'humanité. Les temps sont accomplis, il inaugure un temps nouveau. L'amour de Dieu est tel qu'il a voulu prendre corps en notre humanité. C'est l'événement décisif de l'histoire humaine et qui définit le contenu de notre foi qui est « rencontre avec un événement, une personne qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive ». Benoît XVI. « Et nous avons cru, et nous avons reconnu que l'amour de Dieu est parmi nous ». « Nous avons cru à l'amour de Dieu. C'est ainsi que le chrétien peut exprimer le choix fondamental de sa vie ». Benoît XVI. Et nous avons été revêtus de l'habit neuf de nos baptêmes. Et nous buvons le vin nouveau de l'Alliance Nouvelle. Dieu ne raccommode pas, il fait du neuf.

L'alliance de Dieu avec l'humanité, elle est d'abord en Jésus lui-même. En sa personne, il unit l'humanité et la divinité. Dieu et l'homme ne font qu'un. En Lui, le Père a mis tout son amour. Et nous sommes aimés nous-mêmes du même amour. « Comme le Père m'a aimé, je vous aimés » dit Jésus aux disciples. Le Fils de Dieu est donné au monde comme l'époux est donné à l'épouse : ce don est sans réserve et sans reprise. L'Alliance est pleinement consentie dans le don du corps et du sang, dans l'extrême de l'amour manifesté à la croix.
Heureux invités au festin des noces de l'Agneau ! Nous faisons mémoire du dernier repas de Jésus pour nous y associer comme invités et partenaires de l'Alliance. Toute communion eucharistique est comme un acte nuptial dont le Christ a eu l'initiative au dernier repas pour que nous vivions par lui. « Dans sa mort sur la croix, s'accomplit le retournement de Dieu contre lui-même, dans lequel il se donne pour relever l'homme et le sauver. A cet acte d'offrande, Jésus a donné une présence durable par l'institution de l'Eucharistie. La Sagesse éternelle est vraiment devenue nourriture pour nous, comme amour. L'image du mariage entre Dieu et Israël devient réalité de manière proprement inconcevable. Ce qui consistait à se tenir devant Dieu devient maintenant à travers la participation à l'offrande de Jésus, participation à son corps et à son sang, devient union ». Benoît XV

« Dieu a tant aimé le monde » Et cet amour là est pour chacun de nous qui le savons et qui l'acceptons, et nous pouvons le vivre en notre accueil quotidien et le prolonger en la merveilleuse communion des saints tout comme en nos activités au quotidien. « L'union au Christ est en même temps union avec ceux auxquels il se donne. Je ne peux lui appartenir qu'en union avec ceux qui sont devenus ou qui deviendront siens » Benoît XVI Et nous vivons notre Alliance en l'Eglise vivante et sainte en son union au Christ de qui nous la recevons.

« L'époux leur sera enlevé. Ce jour là ils jeûneront. » Jésus annonce une séparation brutale et douloureuse. « L'époux leur sera enlevé ». Le jeûne change de sens. Jésus a bien marché avec les disciples et maintenant c'est aux disciples qu'il confie sa mission. Notre vie chrétienne en lui est une marche dans la foi, une attente dans l'espérance, une charité vivante et une endurance dans l'épreuve. Il faut vider nos coeurs du superflu et les renouveler sans cesse dans notre union vitale au Christ, en son amour de charité qui est don de soi. « L'Esprit est la puissance intérieure qui met le coeur au diapason du coeur du Christ et les pousse à aimer leurs frères comme lui nous a aimés quand il s'est penché pour laver les pieds de ses disciples et surtout quand il a donné sa vie pour tous ».

 


9ème Dimanche TO B

 

Commentaire du Père Cérou :



10ème Dimanche TO B
11ème Dimanche TO B

Lectures :

Livre d'Ézéchiel 17,22-24.

Psaume 92(91),2-3.13-14.15-16.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,6-10.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4,26-34.

Commentaire du P Cérou :


Dans l'Evangile de Marc, Jésus inaugure son enseignement sur le Royaume de Dieu par des paraboles qui annoncent sa croissance irrésistible dans l'histoire, jusqu'à son achèvement. C'est un « enseignement nouveau », à la fois par le contenu : près de 100 fois Jésus annonce le Royaume déjà présent et en devenir, comme la Bonne Nouvelle qui accomplit en la personne même de Jésus, toutes les promesses des prophètes. C'est aussi un enseignement nouveau par des paraboles qui dévoilent avec des images, des comparaisons, une réalité spirituelle, invisible mais bien réelle, « cachée aux sages et aux savants, mais révélée aux enfants ». Réalité mystérieuse à la fois du présent : « le royaume de Dieu est au milieu de vous » et pourtant son achèvement est dans !e futur et l'au-delà : « Mon royaume n'est pas de ce monde ». Inaugurant son enseignement sur le Royaume, Jésus s'interroge lui-même, en même temps que ses disciples : « à quoi allons nous comparer le Royaume de Dieu par quelle parabole allons nous le représenter ? ». Peut-être pourraient-ils, pourrions nous nous-mêmes inventer des paraboles pour signifier le Royaume de Dieu : « à vous — leur dit-il - il est donné de connaître le mystères du Royaume de Dieu ( Cf. François de Sales). Mais il faut toutes les paraboles comme autant de facettes d'un diamant, pour en révéler le sens que Jésus seul, en se personne même, peut dévoiler « en particulier, il expliquait tout à ses disciples ».Laissons-nous instruire : les trois lectures que nous venons d'entendre nous invitent à la confiance et à l'espérance.
La parabole du grain semé qui pousse tout seul et de la graine de moutarde qui devient un grand arbre évoquent le progrès du règne de Dieu dans l'histoire et au cœur du monde. Le grain semé est vivant : il germe il pousse seul jusqu'à produire de grain plein l'épi. Le Semeur, l'homme qui a semé est aussi celui qui met la faucille, qui récolte les gerbes. Il nous est dit que nous sommes en croissance dans le champ du monde. La force, le dynamisme qui anime l'Eglise c'est la foi, la confiance en la parole semence et l'espérance des biens à venir. Nous y sommes en croissance. Jésus veut donner confiance à ses disciples. Il n'existe pas de si petite graine qui donne naissance à un grand arbre, mais Jésus veut nous faire comprendre qu'il est lui-même le grain tombé en terre, notre terre à chacun et que sa parole mûrit en nous jusqu'à la vie éternelle. Les paraboles de la croissance nous appellent à la patience et à la joyeuse et ferme espérance. Le semeur n'a pas semé pour rien. La Parole semée est féconde. Les épreuves, l'adversité les bourrasques, les persécutions ne peuvent faire échec au projet de Dieu venu lui-même donner sa parole et sa vie au monde.
A travers ses multiples paraboles Jésus nous fait familiers de ce monde beau et bon. Il se révèle comme un pédagogue éveilleur qui donne sens à toute chose et ouvre notre regard aux beautés du monde. Il y voit l'homme au travail et aussi au repos, la femme en sa maternité, ses soins et son ouvrage, le jardinier le paysan et le pécheur, le vigneron et le vendangeur, le négociant et le berger, le mendiant le chômeur, ïl est attentif à l'embauche des ouvriers et invite à le suivre des artisans pécheurs et un collecteur d'impôts. Il s'associe aux deuils et à la joie des noces ; il regarde les anémones du printemps de Galilée et les oiseaux du ciel qui nichent dans les arbres et que nourrit le Père du ciel, et il appelle près de lui les petits enfants qui grandissent et qui sont signes du Royaume de Dieu. Rien de ce qui est humain ne lui est indifférent. Il n'est pas le Dieu de la puissance et de la gloire terrestre mais du respect, de l'amour, de la miséricorde et du pardon II veut donner à l'homme un regard neuf, émerveillé, un regard d'enfant et rendre libre l'homme suffisant, enfermé sur ses biens et sur lui-même, indifférent aux autres
La fragilité d'un rameau ( L.l ) transplanté est le signe de l'humilité et de la force de l'action de Dieu à l'œuvre dans ce 'monde et de Jésus en lien avec ses disciples. Ne sommes nous pas chacun comme un rameau greffé sur le Christ. « La force de Dieu se déploie dans notre faiblesse » écrit St Paul. Quel peut être le poids d'une prière, d'une vie de prière pour la vie et l'avenir du monde ? Oui, « nous cheminons dans la foi, nous cheminons sans voir », mais nous sommes sûrs de la promesse. En chaque moment de notre vie le Seigneur est présent et il vient et nous attendons sa venue dans la gloire. Que « notre seule ambition soit de plaire au Seigneur ».

 

 


12ème Dimanche TO B

 

La liturgie de ce 12ème dimanche après la Pentecôte nous ramène au récit continu de l'Evangile de Marc, concret, vivant, comme à un reportage de l'événement dont Pierre a gardé le souvenir inoubliable. Par temps calme, le lac de Tibériade est comme un miroir d'opale ( bleuté ) Mais aujourd'hui encore de nombreux pèlerins racontent ses colères: « Le 11 avril 1971, j'arrivai à Tibériade avec des pèlerins. Quelle journée et quelle nuit. De mémoire d'homme, peut-être en remontant jusqu'à Pierre et ses compagnons, on n'avait connu pareille tempête. Des pluies torrentielles s'abattaient dans la cuvette du lac et le couloir du Jourdain. La violence était telle que les vagues atteignaient jusqu'à sept mètres de haut. Plusieurs embarcations furent fracassées. Toute la nuit les vents ne cessèrent de hurler comme une meute de fauves » ( P. Amédée Brunot ). Les courants d'air froid qui descendent du Golan, et la descente d'air brûlant qui vient du désert et descend des falaises, provoque des tempêtes subies et violentes.
Les récits évangéliques ne sont pas des vues de l'esprit. L'évangile nous donne à penser que Jésus a pu vivre une journée épuisante parlant toute la journée en paraboles. La mission d'évangéliser pour Jésus comme pour les disciples, aujourd'hui, n'est pas de tout repos. « Le soir venu, il dit aux disciples: passons sur l'autre rive ». (ordonna ) dit Mt. Pendant la traversée, il s'endort. « On a pu douter de sa puissance - écrit St Augustin, pas de sa faiblesse ». Ce sommeil pourtant nous étonne. Nombre d'icônes de la tempête apaisée représentent le Christ dormant les yeux mi-ouverts et évoquent les paroles du psaume (121.4 ) « Non, il ne dort pas, il ne sommeille pas le gardien d'Israël ». La barque s'emplissait d'eau. Jésus dormait sur le coussin et les disciples lui crient: Maître, nous sommes perdus, cela ne te fait rien ». Et tout comme Jésus interpelle le démon, il s'adresse à la mer « Tais-toi, sois muselé ». Et le vent tomba, et il se fit un grand calme ». Les disciples avaient-ils raison d'avoir peur. Jésus s'étonne de leur manque de foi: « comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ». N'est-il pas avec eux ? N'ont-ils pas vu les signes ? Vont-ils garder la foi pour l'autre traversée ?
« Passons sur l'autre rive ». « Laissant la foule,ils le prennent avec eux tel qu'il était ». Le P. Lagrange commente: « comme un de ces pauvres toujours prêts à se déplacer sans rien emporter avec eux ». Ainsi, Jésus s'est fait passager sur notre rive du monde pour se faire passeur, vers l'autre rive. Aujourd'hui, comment ne pas penser à tant de pauvres qui prennent des risques extrêmes pour passer d'un monde à un autre. L'autre rive, c'est le changement de monde, d'horizon. Jésus y rencontrera le démoniaque qu'il va libérer. L'autre rive c'est dominer une passion, dépasser un échec ou un handicap, surmonter le découragement. L'autre rive ce sont ceux qui « ne sont pas de notre bord », remplis de préjugés sur le Dieu des chrétiens qu'ils ne connaissent pas. Ce sont aussi nos préjugés et nos peurs qui nous ferment sur nous-mêmes et construisent des murs au lieu de construire des ponts (Jn P II ). A la suite de Jésus et avec lui, l'Eglise dont nous sommes, n'a de raison d'être que pour cette mission de révéler l'autre rive et d'aider chacun à vivre sa traversée.
Dans toutes les langues, la tempête est symbole de l'épreuve. La peur ou l'insécurité sont en nous-mêmes. Jésus ne dispense pas du combat contre les puissances du mal et les tempêtes intérieures, mais il répète à ses disciples «n'ayez pas peur...ne craignez pas petit troupeau». La peur pourrait nous conduire à vivre en Eglise comme en un refuge frileux, la foi au Christ est notre force de vivre le combat de l'Evangile pour que le monde devienne image de Dieu, fraternel et juste.
Où sont nos peurs ? Quelle est notre foi ? Peur de la nouveauté, crispation sur des traditions, peur de soi-même, de n'être pas à la hauteur, d'affirmer ce qui nous fait vivre comme chrétiens, peur de prendre des engagements durables. « mais il est avec nous, le Seigneur de l'univers », embarqué avec nous jusqu'à la fin, présent à nos épreuves, à nos combats. Il a passé par la tempête de la mort, mais ressuscité, il nous précède sur l'autre rive et il demeure avec nous jusqu'à la fin dans la puissance de 1' Esprit. L'épreuve peut nous grandir ou nous couler. Elle est purificatrice. Appel à vivre dans la constance et la fermeté de la foi. Rien - dit Jésus aux disciples - ne pourra vraiment vous nuire. « Ayez confiance, j'ai vaincu le monde ».
« N ayez pas peur, ouvrez toutes grandes vos portes au Ressuscité, n'ayez pas peur d'affirmer votre personnalité et votre identité chrétienne dans le monde d'aujourdhui, n'ayez pas peur de donner au monde actuel le visage du monde nouveau par la charité et la justice ». JN;P.II L'Eucharistie nous fait témoins d'Espérance.

 


13ème Dimanche TO B

Lectures :

Livre de la Sagesse 1,13-15.2,23-24.

Psaume 30(29),3-4.5-6ab.6cd.12.13.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 8,7.9.13-15.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,21-43.

Commanentaire du Père Cérou :


Trois évangélistes nous ont fait le récit que nous venons d'entendre en St Marc et que nous comprenons à la lumière du Christ ressuscité qui nous dit : « je suis venu pour que vous ayez la vie et que cette vie demeure ». Et il prit par la main la jeune fille, comme il prit par la main la belle-mère de Pierre et la fit se lever, comme au premier jour du monde, il souffla sur l'homme et l'homme devint un vivant. Car Dieu n'a pas fait la mort, nous dit le livre de la sagesse : « il a créé l'homme pour une existence impérissable ». Celui qui me crée et me garde en sa bonté toute puissante est aussi celui qui me sauve de la mort et nous dit : « ne crains pas, crois seulement ».Et lui-même, à l'heure de la croix, a remis au Père son esprit, pour nous dire que nous allons vers la Vie, qui est déjà en nous vie éternelle.
Les deux gestes de Jésus nous dévoilent son cœur humain et sa toute puissance divine, son attention à toute souffrance, à toute détresse qui le bouleversent jusqu'aux larmes, devant le tombeau de Lazare. Ils nous révèlent aussi le pouvoir créateur de celui qui nous dit « je suis la Résurrection et la vie ». Le chef de synagogue et la femme malade ont épuisé tous les recours. La femme, qui se croit impure du fait de sa maladie, veut seulement toucher les vêtements de Jésus sans être reconnue. Dans ce geste de confiance, Jésus reconnaît un signe de sa foi : « ma fille, ta foi t'a sauvé, va en paix ». Quel a été à ce moment l'échange des regards ? Jésus crée avec elle une relation nouvelle, personnelle, unique, de paternité, de filiation, par le lien de la foi. La foi nous établit dans la famille de Dieu. Et par delà le trouble d'un moment, il lui est fait le don personnel de la paix. C'est le don de Jésus aux disciples, eux aussi troublés au matin de la résurrection.
Deuxième scène : « Cris et chuchotements ». Cris des pleureurs qui se lamentent ; cris du monde de la fatalité et de la nécessité face à la mort et que Jésus dois chasser, pour ne garder près de lui que les trois disciples témoins de la Transfiguration et de l'agonie, et le père et la mère de l'enfant, comme pour un engendrement nouveau, de la « petite fille de Jaïre » à qui Jésus dit en sa langue maternelle, non pas « petite fille », mais « jeune fille, je te le dis, lève toi ». Libre, autonome comme donnée à elle-même ; « Car elle avait 12 ans, précise Marc, l'âge adulte dans îe judaïsme. Chuchotement à l'oreille de Jaïre : « ta fille vient de mourir, à quoi bon déranger encore le maître ». Plus question de guérison. Comme pour Marthe et Marie au tombeau de Lazare, c'est l'heure du total dépassement de l'évidence, par la pure foi. «Ne crains pas, crois seulement». Ce passage de la confiance à la foi est-il possible à la seule volonté, au désir de l'homme ? A moins que l'amour du père pour sa petite fille et l'amour de Jésus pour elle, se rejoignent dans un même désir : « qu'elle vive »
« Tu as changé mon deuil en une danse, mes habits funèbres en parure de joie » ( PS 29) Le Christ en qui tout fut créé et en qui tout subsiste est encore aujourd'hui sur nos chemins : il vient à notre rencontre. Il est et il sera de toutes nos traversées. Nous lui demandons de renouveler notre foi, mais aussi notre charité, si nous avons reconnu la générosité sans limite du Christ qui « s'est pauvre pour nous enrichir du fait de sa pauvreté ».jusqu'à déposer sa vie pour nous. De lui nous avons tout reçu gratuitement : le don de la foi, la Parole de Dieu, la connaissance de Dieu, le salut et dès maintenant, la vie éternelle. En S'adressant aux chrétiens de Corinthe qui sont dans une situation convenable, sinon aisée, Paul leur demande de venir en aide aux chrétiens et à la population de Judée, qui, dans les années 45 (?) a connu une période grande sécheresse et de grande pénurie. C'est bien ainsi pour les chrétiens du premier siècle comme pour nous aujourd'hui, que « la foi agit par la charité ».( Ga. 5.6)


14ème Dimanche TO B


15ème Dimanche TO B

 

La Parole de Dieu, pour ce dimanche s'ouvre avec le prophète Amos, qui vivait au 8ème siècle avant J.C. « Le Seigneur m'a saisi ». « Va tu seras prophète pour mon peuple Israël ». Et Amos accepte la mission. Il n'invente pas la Parole. Elle l'habite et il doit la porter loin de son village,Téqoa, près de Bethléem, vers le Nord, vers Israël, à Béthel, où Amarias, prêtre de Béthel, exerce une sorte de religion d'état, dans un sanctuaire royal. Le prophète en est chassé, comme nous venons de l'entendre. « Pars d'ici, retourne en ton pays, c'est là bas que tu pourras gagner ta vie, en faisant ton métier de prophète». Un métier ? Amos en avait un. « Je n'étais ni prophète, ni fils de prophète ; j'étais bouvier, éleveur de bétail, et je soignais les figuiers ». Amos se défend d'être un professionnel de la religion, comme l'étaient alors des prophètes entretenus par les rois, pour approuver leur politique. Il sera traité d'agitateur public, pour avoir condamné le luxe des dirigeants, l'injustice criante, la vanité des courtisans, et des nouveaux riches, et le simulacre d'un culte de façade. Un message rude que celui d'Amos, porté par le témoignage de la vérité de sa vie, qui réveille les consciences étouffées par le profit, et les intérêts personnels ou nationaux, ou par l'indifférence. La religion qui n'est pas au service de l'homme, ne sert pas non plus la gloire de Dieu.
Un prophète, un envoyé ne se donne jamais sa mission. « Jésus appelle les 12, et pour la première fois, il les envoie ». Ils ont été près de lui lors de nombreuses guérisons et libérations, ils viennent d'être témoins du mauvais accueil qui lui a été fait, dans son pays et sa famille, ils entrent maintenant dans sa mission. « Comme le Père m'a envoyé, je vous envoie ».L'Evangile de Marc nous les présente prêts au départ, sandales aux pieds, bâton à la main, comme pour une marche d'endurance, mais aussi en condition d'exode, comme au moment où le peuple va quitter l'Egypte, pays de l'esclavage, après avoir mangé, debout, l'agneau pascal. « Ils partirent et proclamèrent qu'il fallait se convertir ». Le temps presse, il y a urgence: les temps sont accomplis, le Messie est là, les lépreux sont guéris, la Bonne nouvelle est porté aux pauvres. « Et ils chassaient beaucoup de démons et guérissaient de nombreux malades ». La mission de Jésus est déjà leur mission.
Les consignes de Jésus sont pour les disciples et l'Eglise de tous les temps. Détachement absolu. « N'emportez rien pour la route ». La Parole suffit, avec la vérité du témoignage de celui qui la porte. Paul que l'on peut deviner perpétuel improvisateur et inspiré, renoncera au prestige de l'éloquence, « afin que votre foi ne repose pas sur la sagesse humaine, mais sur la puissance de Dieu ». Simplicité des moyens « Un seul vêtement ». « Revêtez vous du Christ » et de l'esprit des béatitudes. Il faut être soi-même « dans le Christ » pour être ses témoins, et porter avec lui les fruits de l'Esprit : rayonnement de la paix, la bonté, l'humilité, la confiance dans les autres ». Esprit communautaire. Les disciples sont envoyés deux par deux, pour le soutien mutuel, mais aussi pour attester de la vérité, de l'importance et de la solidité du message -il fallait être deux pour témoigner validement au tribunal.- Mais les envoyés sont aussi les témoins d'une parole qu'ils ont eux même accueillie, vécue et partagée. L'Eglise depuis ses origines est une communauté de vie. Il en fit les 12, pour être avec lui. Les communautés contemplatives, les communautés de vie apostolique en sont les témoins pour notre temps, et depuis toujours, dans l'Eglise. Libres et libérateurs. « Si on vous refuse dans une ville, allez dans une autre. ». Jésus vient d'en donner l'exemple en quittant Nazareth pour aller en d'autres lieux. L'Evangile est proposition et témoignage de ce que nous vivons et que nous avons, d'une certaine manière vu et entendu. Même refusé, le témoignage est nécessaire. Dieu seul change les cœurs et à son heure. Le mystère de Dieu réjouit le mystère de l'homme et sa liberté, selon la grâce faite à chacun.
« Et il leur donna autorité sur les esprits mauvais ».Nous pouvons être surpris et déroutés par la puissance du mal qui subsiste, que nous subissons, plus que nous le voulons, et qui parfois déferle sur le monde. Jésus l'a subi. C'est le scandale de la croix, où le Christ ne surmonte le mal qu'en en devenant la victime. La passion est pour lui, l'heure de vérité. « Maintenant l'adversaire n'a plus aucun pouvoir sur moi » dit-il. Le pouvoir du Christ, c'est de nous délivrer du mal absolu, qui est le péché délibéré et de la damnation.. La croix, voulue par le Christ, c'est l'heure où il retourne le mal en bien, en le prenant sur lui. C'est l'acte d'amour suprême qui nous délie, nous permet de demander d'être délivrés du mal, de tout mal et d'abord de celui qui nous condamne, et s'oppose à notre salut et au projet de Dieu sur nous.
Le témoignage du chrétien, si nécessaire au monde, ne peut reposer que sur l'immense gratitude et reconnaissance que nous devons à Dieu, pour notre salut, pour la fraternité de Jésus-Christ, pour notre filiation en Lui. C'est ce que dit St Paul aux chrétiens d'Ephèse, de manière saisissante, leur montrant l'immense charité du Christ qui, en son Incarnation saisit et rassemble l'univers tout entier, du ciel et de la terre, en son corps. Le premier entré dans la gloire, la vie même de Dieu où nous sommes les invités. Nous savons qu'un jour, et c'est là le contenu de notre espérance, tous les hommes, juifs ou païens, de toutes langues peuples et nations, seront réunis dans le Christ pour être un seul corps avec Lui. Et chacun de nous peut dire, je suis créé, voulu et aimé de Dieu, de manière unique et personnelle, pour permettre à Dieu de réaliser son projet pour moi, et donc être saint et immaculé en sa présence. Parce que je suis appelé, dès maintenant, à vivre en sa présence.
Chaque Eucharistie nous unit réellement au Christ pour cela, et nous donne mission de le dire. Il y a une parole que le Christ ne peut dire que par moi, en ma prière personnelle et universelle, en mon réseau de relations, en ma vie sociale, familiale et fraternelle. Notre mission c'est d'abord en toute situation « d'être avec le Christ », de vivre en lui toutes nos réalités humaines et de porter le rayonnement de notre espérance, que nous puisons maintenant à la source eucharistique, en communiant au Corps du ressuscité.

Ecouter l'homélie du même jour du Fr Denis Foucher op


16ème Dimanche TO B

 

Le prophète Jérémie (L.l ) est tout le contraire d'un homme violent. C'est un homme doux à la fois prophète et pasteur, profondément irrité par amour de son peuple qui a été égaré, trompé par des rois successifs, qui devaient être les intendants de Dieu, mais pour qui l'alliance de Dieu avec son peuple ne comptait pour rien et qui ont conclu des alliances politiques qui ont attisé les rivalités des coalitions, et conduit le peuple à la ruine, au pillage, à la destruction et à la déportation vers l'étranger. Jérémie est l'un d'eux. Présent et solidaire de ce peuple de l'alliance, que Dieu aime et accompagne. Combien sont-ils aujourd'hui qui recherchent le profit personnel, construisent des armes ruineuses et sans doute inutiles. Et la terre ne donne pas son fruit, tandis que les ressources naturelles sont pillées au profit de quelques uns. Et l'histoire se perpétue sous des formes différentes, avec les mêmes conséquences douloureuses. Le prophète Jérémie est le prophète de l'espérance certaine pour son peuple désolé. Il annonce le règne nouveau du bon et vrai pasteur selon le cœur de Dieu. Il viendra lui-même rassembler ce qui a été dispersé. « On le nommera: Le Seigneur est notre justice » II sera « berger de paix ». l'Evangile nous révèle combien il est proche en son amitié pour les disciples, son peuple, sa maison; en sa compassion pour les foules sans berger.
L'Evangile nous appelle à la fois à entrer en son intimité et à élargir notre regard vers les foules sans berger. Jésus, lui-même se retire souvent à l'écart pour prier le Père et recevoir de lui sa mission. Il invite ses disciples à faire de même; « il les appela pour à être avec lui », en vue de leur confier sa mission. « Venez à l'écart dans un endroit désert et reposez vous un peu ». Avec Lui. « Je n'ai de repos qu'en Dieu seul » dit le ps 62. Les disciples ont dû revenir fatigués de la mission. Nombreux aujourd'hui, ceux qui ne comptent ni leur temps ni leur peine au service de Dieu. Jésus veut des disciples en bon équilibre humain pour porter la paix et la donner. Au cours de la traversée - un angle du lac - ils ont dû vivre un grand moment de partage, d'amitié et de communion et de fraternité avec le Seigneur. « Venez à l'écart ». Réserver des temps pour la prière, se garder aussi de la dispersion et pour de nombreux chrétiens aujourd'hui prendre le temps de haltes pour faire le point et chercher un accompagnement spirituel. Le psaume 22 est une prière de confiance et de reconnaissance au Seigneur d'un jeune serviteur du temple ( lévite) qui se réjouit d'habiter la maison du Seigneur « pour la durée de ses jours ». Ne sommes nous pas nous-mêmes comblés des biens du Seigneur, invités à sa table. Ce sont les sacrements de notre vie chrétienne qui sont ici évoqués: notre baptême : « il me mène vers les eaux tranquilles, le don de l'Esprit, « tu répands le parfum sur ma tête », et l'Eucharistie : « tu prépares la table pour moi ». Et nous pouvons repartir chargés de mission de porter la paix.
Jésus voyant la foule qui l'a précédé reprend les mots de Jérémie : « II fut saisi de pitié parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger ». « dispersées à tout vent de doctrine » et par des bergers mercenaires, pour qui les brebis « ne comptent pas vraiment ». Jésus, vrai berger ne sera pas pour eux un marchand d'espoir, il ne leur propose pas un programme « il se mit à les instruire longuement ». Et sa Parole toujours nouvelle nous rejoint et nous appelle à construire avec Lui, le royaume inauguré par la résurrection et le don de son Esprit pour devenir autonomes, libres et responsables en fils du Père unique qui est le sien et dont il fit le nôtre, avant de multiplier le pain pour cette foule qu'il rassemble, à laquelle il fait le don de lui-même, « je donne ma vie pour mes brebis ». Et il invite les disciples qui ont partagé son intimité à continuer sa mission: « donnez leur vous-mêmes à manger ». Il nous demande d'être les uns pour les autres, pour nos frères et sœurs, ce qu'il est lui-même pour nous.
« Le Christ est notre paix ». En chaque Eucharistie, nous la recevons de Lui et nous la partageons. Nous en sommes les messagers. St Paul évoque « le mur de la haine » et fait allusion à « la cloison de clôture » , la barrière à l'intérieur du temple de Jérusalem qui sous peine de mort, interdisait l'entrée des païens, non juifs, dans le temple. Il y avait bien exclusion et même haine, et Paul lui-même a persécuté les chrétiens - juifs et païens convertis avec rage. Mais du haut de la croix Jésus regarde et englobe dans le même pardon juifs et romains qui se sont unis pour le condamner. « En sa personne, il a tué la haine ». Et en sa personne, par lui, nous avons accès auprès du Père, dans un seul Esprit ». Notre Eucharistie est reconnaissance et action de grâces au bon et vrai berger qui a préparé la table pour nous. Avec Lui la paix et l'unité du monde nous est donnée à construire, et elle nous est donnée en espérance. Nous la demandons en notre affirmation de la foi et notre prière universelle.

 


17ème Dimanche TO B
18ème Dimanche TO B
19ème Dimanche TO B
20ème Dimanche TO B
21ème Dimanche TO B

Lectures :

 

Commentaire du

 

 


22ème Dimanche TO B

Lectures :

 

Commentaire du P Cérou :


23ème Dimanche TO B

 

Récit propre à Marc. Jésus vient de multiplier le pain pour la foule. Parti de Capharnaûm, il monte vers le Liban dans la région de Tyr et de Sidon où il guérit la fille de la Syrophénicienne qui lui dit: pour moi, une miette suffit. En ce long voyage en terre païenne - plus de 180 km - il instruit ses disciples. « II traverse les frontières de la Décapole et s'avance vers la mer », comme pour signifier l'effacement des frontières et anticiper l'annonce de la Bonne Nouvelle aux Nations. Jésus est sans doute déjà connu en territoire de la Décapole - 10 villes - Sud Est de la mer de Galilée, au delà du Jourdain. Il a libéré le possédé démoniaque ( Me 5 ) et on lui amène un sourd muet pour un geste de puissance: « on le prie de poser la main sur lui ». Mais Jésus l'amène à l'écart, loin de la foule et toute son attention, son affection se concentre sur l'homme en des gestes humains: « il lui mit la main dans les oreilles et prenant de la salive, il lui toucha la langue », comme pour signifier une consanguinité. Puis, il lève les yeux vers le ciel, vers le Père dont il accomplit les œuvres, et le soupir exprime qu'il agit dans l'Esprit. Ainsi la guérison du sourd muet apparaît comme un acte trinitaire, signe de vie nouvelle accomplissant la prophétie d'Isaïe. (L. 1) « Les oreilles des sourds s'ouvriront et la langue du muet criera de joie ». Jésus ne guérit pas seulement l'infirme qu'on lui amène. Il lui parle, il lui dit l'une des rares paroles gardées en araméen, la langue de Jésus « ouvre-toi », « ouvre toi pour naître ». Et sorti de son isolement, de son enfermement, l'homme « parlait correctement ». Au baptême le prêtre a tracé une croix sur nos oreilles et sur nos lèvres et prononcé le mot de Jésus « Ephata ». Il nous est fait le don de la foi et nous pouvons proclamer jour après jour la louange de Dieu : nous lui parlons, nous le lui demandons « Seigneur ouvre mes lèvres et ma bouche publiera tes louanges ».
La première lecture nous en faisait la promesse « voici votre Dieu, il vient lui-même, il va vous sauver ». La promesse s'adressait à un peuple qui allait sortir de sa captivité à l'étranger, mais pour nousje salut annoncé par le prophète est bien plus qu'une libération matérielle. En l'Incarnation du Verbe, Dieu vient lui-même nous libérer de nos captivités spirituelles par « la rémission de nos péchés ». Luc 1.77. Mais le but de l'Incarnation de Dieu qui vient lui-même, n'est pas la rémission de nos péchés, mais bien plus, l'union au Père par lui, le Christ, comme nous le demandons chaque jour: « puissions nous être unis à la divinité de Celui qui s'est uni à notre humanité ». Le Christ ne nous unit à Lui que pour nous unir avec Lui au Père. Nous ne sommes pas « au pays de la soif et des terres arides » Dieu « nous fait riches de la foi, et héritiers du Royaume ». L.2
En ce temps de reprise d'activité scolaire, sociale, économique , nous entendons les paroles du prophète : « dites aux gens qui s'affolent: prenez courage, ne craignez pas ». Nous sommes solidaires de ce monde où bien des situations peuvent nous inquiéter: le climat social qui se dégrade, le chômage, les risques d'épidémie, les désordres mondiaux: des inégalités, des pauvretés criantes, et la perte du lien social; mais en tout cela on peut redouter plus encore, la dégradation du lien vital avec le Dieu de vérité qui fait justice. De la lettre de Benoît XVI. « C'est dans le choix décisif de la vérité que l'homme devient libre: c'est la vérité qui crée le dialogue et donc une communication et une communion sans lesquels on assiste à des conflits d'intérêt...sans vérité, sans confiance et sans annonce du vrai, il n'y a pas de conscience ni de responsabilité sociale et l'agir social devient la proie d'intérêts privés et de logiques du pouvoir qui ont pour effet d'entraîner la dégradation de la société et cela d'autant plus dans une société en voie de mondialisation ». Mais ajoute Benoît XVI: « la conscience de l'amour indestuctible de Dieu nous soutient dans l'engagement rude et exaltant en faveur de la justice et du développement des peuples ».
La lettre de St Jacques le Mineur, appelé « frère » de Jésus, originaire de Nazareth, s'adresse à la communauté chrétienne de Jérusalem dont il est le premier responsable. Il y sera lapidé vers l'an 62 sur l'instigation du grand-prêtre. L'homme aux vêtements rutilants et aux bagues en or peut nous apparaître plus ridicule qu'enviable aux côtés du pauvre assis par terre. On peut y voir aussi une sorte de parabole du riche et du pauvre pour le monde présent. Il nous est dit que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes: le pauvre Lazare et le riche Zachée sont l'un et l'autre « les frères biens aimés de Dieu ». Le riche peut être étouffé et aveuglé par sa richesse et le pauvre amer de sa pauvreté. Aussi le livre des proverbes nous fait demander à Dieu la vraie liberté : « ne me donne ni richesse ni pauvreté, donne moi seulement ma part de pain ». Pro.30.8. Et St Jacques pour finir nous révèle notre vraie richesse : « Dieu n'at-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde: il les a faits riches de la foi et héritiers du Royaume promis à ceux qui l'auront aimé ». Quelle richesse est la nôtre ? Nous pouvons rendre grâces pour la fidélité du Seigneur avec le psaume 145 et lui demander d' ouvritr nos cœurs à sa présence au milieu de nous et de nous donner la force et la joie de le rendre présent à nos frères.

 

 


24ème Dimanche TO B

Lectures :



Commentaire du P Cérou :

Qui est ce « serviteur de Dieu » ( L . 1 ) qui reste ferme dans sa confiance et son obéissance face à des ennemis qui le frappent et l'humilient ? Dieu est sa force dans l'épreuve et il ne l'abandonnera pas au pouvoir de ses adversaires. Il sait en qui il a mis sa foi: il ne sera pas confondu avec les pécheurs ni déçu en son espérance. Toute la tradition chrétienne a vu en ce « serviteur fidèle », la figure et l'annonce du Christ qui ne s'est pas dérobé à la souffrance mais s'est fait obéissant jusqu'à la mort et la mort sur la croix. Aujourd'hui, en Israël et dans le monde, de nombreux « juifs messianiques », relisent les Ecritures, et reconnaissent, en ce passage d'Isaïe plus particulièrement, l'annonce prophétique de Jésus qui n'a pas protégé son visage des outrages et des crachats, qui a présenté son dos à ceux qui le frappaient et qui lui arrachaient la barbe ».
Et désormais, maintenant, le peuple d'Israël peut le dire et aussi chacun de nous : « il est proche celui qui me justifie ». Et Saint Paul le dit avec force « Si Dieu lui-même justifie, qui pourrait condamner ? Il n'a pas hésité à nous donner son Fils, il l'a livré pour nous tous ». Aujourd'hui, en notre pays, nous vivons en paix. Combien sont-ils dans le monde, en de nombreux pays, persécutés, exécutés ou expulsés qui peuvent se reconnaître dans le « serviteur souffrant » ? Vivant dans l'espérance certaine du Seigneur qui vient. « Voici, le Seigneur Dieu vient prendre ma défense: qui donc me condamnera » ? Le psaume 114 exprime toute la confiance du juste persécuté et des martyrs de tous les temps, sûrs de l'indéfectible fidélité du Seigneur: « II fait justice, il entend, il écoute, il défend les petits, il m'a sauvé de la mort, je n'ai pas trébuché. Il est le Dieu de mon espérance et je marcherai en sa présence, vers la terre des vivants ».
Un long voyage a conduit Jésus, accompagné des disciples, au sud Liban, Tyr et Sidon. Revenu au Nord de la Galilée, en la région de Césarée appartenant à Philippe, fils d'Hérode le Grand et de Cléopâtre, aux sources du Jourdain, il marche avec ses disciples et les instruits avant sa « montée » vers Jérusalem. C'est un moment de paix et de formation spirituelle, un temps de retraite, loin des intrigues des opposants qui ont décidé de le perdre, qui demandent un signe dans le ciel et refusent de voir ceux qui leur sont donnés ( pain multiplié ). Le récit se trouve juste au milieu de l'Evangile de Marc. Et Jésus questionne les disciples. Pour les gens, il est reconnu comme prophète, tout comme Elie ou Jean Baptiste. Prophètes du passé. Et Jésus s'adresse alors aux disciples comme à chacun de nous: « Vous, que dites vous, pour vous qui suis-je ». Pierre donne la bonne réponse, au nom de tous: « Toi, tu es le Messie ». Bien sûr, le Messie-Roi, l'annoncé des prophètes, le libérateur politique, véritable fils de David, triomphant, pour qui les disciples qui sont là sont prêts à engager leur vie. « Tu es le Messie ». Le mot est prononcé pour la première fois en l'évangile de Marc. « Et pour la première fois, il leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cela ouvertement ».
Pierre ne peut pas comprendre. Il comprendra plus tard. Il ne peut pas non plus détourner Jésus de sa mission comme le Satan du désert a voulu le faire. Jésus sait sa mission de « Fils de l'homme », semblable en tout point à notre humanité mortelle, - hormis le péché - pour laquelle il est l'envoyé du Père, pour 1' œuvre décisive et unique de notre salut, que lui seul peut accomplir. Bientôt, à quelques jours de là, trois des disciples seront faits témoins de sa gloire, annoncée par la transfiguration. Jésus ne veut rien de la gloire du monde. La gloire de Dieu, la vérité sur lui-même, sera révélée sur la croix comme signe élevé de l'amour de Dieu pour nous les hommes et pour notre salut. Pourrions nous donner sens à notre vie sans la croix de Jésus. Il nous appelle à le suivre, à construire notre vie avec lui, à marcher avec lui en l'écoutant, à nous laisser instruire. La croix est aussi sur notre chemin, en Lui, elle est notre chemin, mais elle n'est pas le terme. Elle nous est donnée comme le signe de l'amour qui va au bout de lui-même.
Le terme, c'est la gloire de Dieu qui doit être manifestée par la Résurrection à laquelle il veut bien nous associer si nous le suivons. Heureux, nous le sommes dans le don accueilli au présent et dans l'espérance de la Vie éternelle. Heureux avec Lui, celui qui en le suivant accepte de perdre sa vie, de la donner, pour lui et pour l'Evangile. A la suite des saints innombrables et de Jacques, proche parent de Jésus, que Marc et Mathieu appellent le « frère du Seigneur », le premier responsable de l'Eglise de Jérusalem qui a été lapidé en témoin de sa foi et aussi de sa charité, vers les années 62, dont il nous donne le témoignage concret en sa la première lecture, « toi, tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique ». Que le Seigneur nous renouvelle en cette foi vraie, vivante et qui « agit par la charité ».

 

 


25ème Dimanche TO B

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26ème Dimanche TO B

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Commentaire du P Cérou :

 


27ème Dimanche TO B

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28ème Dimanche TO B

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« Dieu des Pères et Seigneur des miséricordes, par ta Parole tu as fait l'univers, par ta sagesse du as formé l'homme » Nous demandons en la prière du psaume 89 « que nos cœurs pénètrent la Sagesse », afin que la Parole de Dieu qui « juge des intentions et des pensées et du cœur » ne reste pas en surface mais nous pénètre au « plus profond de l'âme, éclaire et inspire notre vie. « J'ai prié et l'intelligence m'a été donnée ». Pour l'auteur du livre de la sagesse l'intelligence qui est « donnée » en réponse à la prière, est celle qui apprécie toute chose selon sa valeur réelle et par rapport à ce que Jésus appelle « les biens véritables » et qui aux yeux mêmes du Roi Salomon étaient supérieurs à la santé, à la beauté, à la gloire d'un trône royal et à ses richesses. Mais plus encore que l'intelligence obtenue par la prière, « la Sagesse est venue » en réponse à l'ardent désir et supplication : « J'ai supplié et l'Esprit de la_Sagesse est venu en moi ». La Sagesse est ici nommée comme une personne vivante désignée par ailleurs ( 7. 25-26 ) « effluve de la puissance de Dieu », « reflet de la Lumière éternelle » et « image de sa bonté ». La Sagesse » est « donnée » comme relation vivante et personnelle avec Dieu. Le Testament nouveau nous révélera que cette Sagesse est tout entière en Jésus-Christ, « Sagesse éternelle du Dieu vivant». « Sagesse de Dieu» ( 1 Co 1.24-30 ) « resplendissement de la gloire de Dieu » « effigie de sa substance » He 1. 3 ). Au dernier repas qu'il prit avec ses disciples, Jésus annonce le « Don » qui sera fait à chacun des disciples : « l'Esprit Saint viendra en vous, il vous guidera, vous acheminera à la vérité tout entière ».
Touchant de sincérité juvénile le jeune homme qui court, qui se prosterne et demande d'avoir, en héritage la vie éternelle. Quel est vraiment son désir ? « Une seule chose te manque ». Le regard aimant et la parole de Jésus qui pénètre au plus profond de l'âme le révèle à lui-même. Il veut être parfait, selon la loi qu'il a observée dès sa jeunesse. Il peut sans doute se reconnaître dans les paroles du psaume 119 :« Je cours dans la voie de tes commandements. Je les observe, ils m'ont donné l'intelligence, ils sont la joie de mon cœur. Oui, j'aime tes commandements plus que l'or le plus fin ».Mais les derniers mots du psaume l'ouvrent déjà sur un autre désir : « toutes mes voies sont devant toi, c'est de toi seul Seigneur que j'attends le salut ».Et Jésus brise le rêve de perfection de cet homme qui veut être parfait. Nul n'est parfait sinon Dieu seul ! Et la vie éternelle n'est pas un acquis, mais une marche à la suite de Jésus et avec Lui, le seul chemin vers la vie éternelle. Et le plus important n'est pas le « trésor», mais l'invitation unique et personnelle à suivre, dans la seule confiance, Jésus qui a pris la route vers Jérusalem et lui offre de pouvoir marcher avec lui à sa suite vers la perfection de l'amour dans le don, mais aussi vers la perfection de son humanité, invité à se configurer à Lui dans la liberté et la joie parfaite. Il n'est pas question de « faire pour avoir », mais de quitter pour suivre, et entrer dans le royaume de Dieu.
Au jeune homme comblé de biens et en quête de perfection, Jésus a énuméré les commandements de la loi qui ont trait à S'agir humain et qui sont le bien commun de toute conscience droite: « ne commets pas de meurtre, pas d'adultère, pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère ». Mais il a omis le premier et le plus grand commandement du Deutéronome qui s'adresse explicitement à Israël « Ecoute Israël, tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout toi-même, de tout ton cœur de toute ton âme, de tout ton esprit, et - c'est ainsi que le comprenaient les rabbins du temps de Jésus - de tous tes biens ». Lui seul Jésus peut honorer Dieu et l'aimer de cette manière là et nous associer, nous unir à Lui dans ce don total qu'il fait au Père pour nous. Il accomplit la Loi et la porte à se perfection. Et ce qui est impossible sans lui, nous le pouvons avec Lui et par l'Esprit Saint, l'Esprit même du Seigneur que Jésus a promis à ceux qui le lui demandent et qui nous a été donné. ( Cf. J.M. Lustiger : la promesse )
« A qui ressemble donc l'homme de notre époque, de notre siècle, ici, en Europe ? N'est-il pas semblable à ce jeune de l'Evangile qui s'en alla tout triste, car il avait de grands biens. L'homme de ce temps, en Europe a, lui aussi de grands biens, inégalement partagés il est vrai, mais plus abondants que pour beaucoup de ses frères dans le monde ; il s'y attache, il emploie beaucoup des ses forces à les augmenter. Il a aussi les biens de sa sensibilité, et trop souvent il se détourne de Dieu et de son prochain pour satisfaire ses désirs qui l'enferment en lui-même, il a les biens du savoir et trop souvent, il reste sourd à la sagesse de Dieu qui dit la vérité de l'homme et, au fond, il est seul »Jn Paul II)

 


29ème Dimanche TO B

Lectures :

   
 

Commentaire du P Cérou :


30ème Dimanche TO B

Lectures :


Commentaire du P Cérou :

Jésus sort de la ville de Jéricho. C'est pour l'humanité l'heure décisive de la montée vers Jérusalem où il va offrir sa vie pour le salut du monde. Les disciples qui le suivent ont peur. « Ils étaient effrayés » dit Pévangéliste.. Les foules raccompagnent, et sans doute, parmi eux des pèlerins qui montent à Jérusalem pour la fête de Pâques. Sur ce chemin, un mendiant aveugle qui étend devant lui son manteau pour recevoir l'aumône. Sans doute aux aguets, éveillé et attentif à tout ce qui se passe, il a entendu la rumeur inhabituelle, et apprenant que c'était Jésus de Nazareth, il se mit à crier.
Le mendiant aveugle est bien connu à Jéricho. Fils de Tirtiée, dont le nom peut évoquer la crainte, comme si l'aveugle était né pour craindre les écueils, les risques du chemin. On le connaît bien et il ne suscite pas la compassion de la foule qui suit son chemin. Il doit crier pour être entendu. C'est le cri du cœur, de l'audace, de la confiance. « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ». L'aveugle crie sa foi de croyant, de voyant, il reconnaît en Jésus le Messie, envoyé, annoncé des prophètes, la Consolation d'Israël, et il reprend le cri des générations: ps 86 « Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, regarde moi,, tourne-toi vers moi et prends pitié de moi », C'est notre prière en chaque Eucharistie : « Seigneur prends pitié, kyrie eleison ». Et Jésus s'arrête. Seul, iï a entendu. Et il dit « appelez-le ». On lui dit : « confiance lève toi, il t'appelle » et « on appelle l'aveugle ». Lève-toi. , éveille toi, surgis. C'est le même mot pour dire que Jésus s'est éveillé, relevé des morts, ressuscité.
Et l'aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. 11 jette son habit de mendiant et court vers Jésus comme vers une nouvelle naissance Que veux tu que je fasse pour toi ? La même question était posée aux disciples, Jacques et Jean, qui demandaient les places d'honneur dans le Royaume annoncé par Jésus. L'aveugle demande la lumière. Il a déjà en lui F illumination de la foi. II a reconnu le Messie de Dieu, Mais maintenant, arrivé près de Lui, sa foi n'est pas un cri, Biais une prière portée par l'affection, la confiance, la vénération, avec les mots de la tendresse, comme Marie Madeleine au matin de la Résurrection. « Rabouni, que je voie ». Il demande une seule chose : VOIR. Et sa foi devient rencontre personnelle qui engage sa vie et le met en chemin. ET Jésus lui dit : va, ta foi t'a sauvé. Aucun geste ici de Jésus, mais seulement la révélation de 1*homme à lui-même. C'est ta foi qui t'a qui t'a sauvé. Cette lumière qui est en lui est bien le premier don de Dieu, et c'est en même temps la révélation du salut pour l'homme devenu disciple , qui écoute sur le bord du chemin, qui entend, qui crie qui se lève, bondit et court.
Et il se mit à voir et il suivait Jésus sur la route. L'aveugle voyant sera-t-il de ceux qui vont étendre leurs manteaux sur îe chemin de Jésus à l'heure du triomphe éphémère des Rameaux. Sa foi le conduira bien plus loin à la suite de Jésus, et il peut entendre ses paroles : « Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jn 8.12)
Que pourrions nous demander au Seigneur si rien ne nous manque ? Il faut bien se savoir aveugles pour quêter la lumière. Saurons nous entendre les souffrances muettes et ne pas étouffer les cris qui dérangent ? Saurons nous lire les événements de la vie avec le regard de la foi. Dorme moi Seigneur, de croire pour voir, ouvre mes yeux sur mes entraves, mes sécurités, mes peurs, mes paralysies, fais de moi un disciple, un relais pour conduire mes frères vers toi. Si tu me donnes de te voir, de te nommer, de te reconnaître en chaque Eucharistie, donne moi aussi de te reconnaître en toute circonstance et en chacun des mes frères sur le chemin de chaque jour.

 


31ème Dimanche TO B

Lectures :

 

Commentaire du P Cérou :

 

 


32ème Dimanche TO B

Lectures :

Premier livre des Rois 17,10-16.

Psaume 146(145),5-6a.6c-7ab.8bc-9a.9b.10.

Lettre aux Hébreux 9,24-28.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,38-44.

Commentaire du P Cérou :

L'évangile de Luc nous interpelle sur le geste de la veuve pauvre que Jésus admire. Après sa réponse aux questions pièges sur l'impôt à César, le plus grand commandement de la loi, Jésus est dans le temple, alors tout neuf, à peine achevé, encore impayé, face au trésor, c.à.d. face aux treize troncs situés dans le parvis des femmes. De nombreux pèlerins juifs venus de l'empire romain, sont à Jérusalem pour la fête de Pâques. Certains déposent de grosses sommes dans l'un des troncs et il arrivait que les prêtres fassent sonner de la trompette pour attirer l'attention sur un généreux donateur !
L'attention de Jésus se porte sur le geste d'offrande d'une femme qui jette dans le tronc 2 leptes - deux sous - la plus petite des monnaies. Nous savons seulement qu'elle est veuve, sans appui. Et que le peu qu'elle possède, elle le donne. Geste humble, discret, insignifiant par son contenu, sans doute pas désespéré, et qui retient toute l'attention de Jésus. « Elle a tout donné ». « Elle a donné tout ce qui lui était nécessaire pour vivre ». Le geste fait l'admiration de Jésus qui « ayant appelé ses disciples leur dit : en vérité je vous dis que cette pauvre veuve a jeté plus que tous ceux qui ont jeté dans le Trésor car tous ont jeté de leur superflu, mais elle de son indigence »...
Quand Marc écrit son Evangile, le temple somptueux qui était la gloire d'Israël n'existe sans doute plus, détruit par les romains en 70. Et Marc veut attirer l'attention sur le regard de Jésus qui voit le cœur, au delà les apparences, et appelle à s'en remettre à Lui dans la totale confiance. Au geste caché de la veuve, Jésus oppose l'attitude de scribes et pharisiens avides d'honneurs, d'argent et de considération publique. Il appelle les disciples à vivre et à être en vérité face à Dieu, à Lui seul qui « voit dans le secret ». Là où rien n'échappe au regard du Père.
Nous sommes peu avant la Pâque, la dernière Pâque de Jésus. Il va « déposer sa vie » la remettre aux mains du Père pour nous, et il a voulu recevoir de cette femme comme le modèle de ce qu'il doit faire lui-même. Jésus à la fois si humain et fraternel veut apprendre de cette femme ce que lui-même doit faire, tout comme en sa divinité, il l'apprend du Père qui « en nous donnant son Fils nous a tout donné ».Et le dernier don de Jésus en la nudité de la croix, ce sera sa mère dont il fait notre mère.
A quelques jours de la Passion, Jésus conduit les événements qu'il annonce avec sa totale et souveraine liberté de Fils du Père : « ma vie, personne ne me la prend, je la donne .Si le Père m'aime c'est que je donne ma vie : je la donne de moi-même ». A la veuve de Sarepta à qui il reste seulement un peu d'huile et de farine, il est dit « n'aie pas peur ».I1 lui est demandé de donner sa totale confiance à Dieu qui fait vivre. Et le Christ se prépare à offrir sa vie pour la multitude d'hommes et de femmes, petit peuple discret des béatitudes, qui de manière si différente, vivent d'aimer et font le don d'eux-mêmes, avec discrétion, jour après jour. Jésus appelle le disciple à sa suite à cette générosité du don de soi. En la Croix où il veut nous élever avec Lui vers le Père, il nous révèle tout l'amour de Dieu qui « a tant aimé le monde » et qui est vécu en une multitude de ceux qui acceptent de suivre le Christ sur le chemin de l'amour.
L'épître aux Hébreux nous le rappelle ; le Christ s'est offert lui-même pour le péché et il demeure le don incomparable pour nous. Dieu qui est amour en lui-même est totale charité et miséricorde pour nous. Sous le plus modeste des signes, le pain que nous allons partager, il se donne lui-même pour nous configurer à Lui. Acceptons l'invitation à « faire de notre vie une vivante offrande à sa gloire ». Que sa divine charité nous élève et nous fortifie à sa suite pour que nous partagions nous-mêmes, dans les plus modestes de nos gestes humains, tout ce que nous recevons de Lui pour le donner.


33ème Dimanche TO B

Lectures :

Livre de Daniel 12,1-3.

Psaume 16(15),5.8.9-10.11.

Lettre aux Hébreux 10,11-14.18.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 13,24-32.

Commentaire du P Cérou :

L'évangile de Luc nous interpelle sur le geste de la veuve pauvre que Jésus admire. Après sa réponse aux questions pièges sur l'impôt à César, le plus grand commandement de la loi, Jésus est dans le temple, alors tout neuf, à peine achevé, encore impayé, face au trésor, c.à.d. face aux treize troncs situés dans le parvis des femmes. De nombreux pèlerins juifs venus de l'empire romain, sont à Jérusalem pour la fête de Pâques. Certains déposent de grosses sommes dans l'un des troncs et il arrivait que les prêtres fassent sonner de la trompette pour attirer l'attention sur un généreux donateur !
L'attention de Jésus se porte sur le geste d'offrande d'une femme qui jette dans le tronc 2 leptes - deux sous - la plus petite des monnaies. Nous savons seulement qu'elle est veuve, sans appui. Et que le peu qu'elle possède, elle le donne. Geste humble, discret, insignifiant par son contenu, sans doute pas désespéré, et qui retient toute l'attention de Jésus. « Elle a tout donné ». « Elle a donné tout ce qui lui était nécessaire pour vivre ». Le geste fait l'admiration de Jésus qui « ayant appelé ses disciples leur dit : en vérité je vous dis que cette pauvre veuve a jeté plus que tous ceux qui ont jeté dans le Trésor car tous ont jeté de leur superflu, mais elle de son indigence »...
Quand Marc écrit son Evangile, le temple somptueux qui était la gloire d'Israël n'existe sans doute plus, détruit par les romains en 70. Et Marc veut attirer l'attention sur le regard de Jésus qui voit le cœur, au delà les apparences, et appelle à s'en remettre à Lui dans la totale confiance. Au geste caché de la veuve, Jésus oppose l'attitude de scribes et pharisiens avides d'honneurs, d'argent et de considération publique. Il appelle les disciples à vivre et à être en vérité face à Dieu, à Lui seul qui « voit dans le secret ». Là où rien n'échappe au regard du Père.
Nous sommes peu avant la Pâque, la dernière Pâque de Jésus. Il va « déposer sa vie » la remettre aux mains du Père pour nous, et il a voulu recevoir de cette femme comme le modèle de ce qu'il doit faire lui-même. Jésus à la fois si humain et fraternel veut apprendre de cette femme ce que lui-même doit faire, tout comme en sa divinité, il l'apprend du Père qui « en nous donnant son Fils nous a tout donné ».Et le dernier don de Jésus en la nudité de la croix, ce sera sa mère dont il fait notre mère.
A quelques jours de la Passion, Jésus conduit les événements qu'il annonce avec sa totale et souveraine liberté de Fils du Père : « ma vie, personne ne me la prend, je la donne .Si le Père m'aime c'est que je donne ma vie : je la donne de moi-même ». A la veuve de Sarepta à qui il reste seulement un peu d'huile et de farine, il est dit « n'aie pas peur».Il lui est demandé de donner sa totale confiance à Dieu qui fait vivre. Et le Christ se prépare à offrir sa vie pour la multitude d'hommes et de femmes, petit peuple discret des béatitudes, qui de manière si différente, vivent d'aimer et font le don d'eux-mêmes, avec discrétion, jour après jour. Jésus appelle le disciple à sa suite à cette générosité du don de soi. En la Croix où il veut nous élever avec Lui vers le Père, il nous révèle tout l'amour de Dieu qui « a tant aimé le monde » et qui est vécu en une multitude de ceux qui acceptent de suivre le Christ sur le chemin de l'amour.
L'épître aux Hébreux nous le rappelle ; le Christ s'est offert lui-même pour le péché et il demeure le don incomparable pour nous. Dieu qui est amour en lui-même est totale charité et miséricorde pour nous. Sous le plus modeste des signes, le pain que nous allons partager, il se donne lui-même pour nous configurer à Lui. Acceptons l'invitation à « faire de notre vie une vivante offrande à sa gloire ». Que sa divine charité nous élève et nous fortifie à sa suite pour que nous partagions nous-mêmes, dans les plus modestes de nos gestes humains, tout ce que nous recevons de Lui pour le donner.

 


Christ Roi
B

Lectures :

Livre de Daniel 7,13-14.

Psaume 93(92),1abc.1d-2.5.

Livre de l'Apocalypse 1,5-8.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 18,33b-37.

Commentaire du P Cérou :

 

 

 

 

CAREME

Cendres B

 

 

1er Dimanche de carême B


Lectures :

Livre de la Genèse 9,8-15.

Psaume 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9.

Première lettre de saint Pierre Apôtre 3,18-22.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,12-15.



Commentaire du P Cérou :

« Fais-moi connaître tes chemins Seigneur. Tu es le Dieu qui me sauve ». Faisons nôtre la prière du psaume de ce jour, demandons à Dieu de nous rendre disponibles pour ce parcours du Carême qui nous conduit à la fête de Pâques. « Dirige-moi par ta vérité ». La prière d'ouverture nous propose un programme : « progresser dans la connaissance de Jésus-Christ, nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle ». Pour cela, que la Parole de vérité qui vient de la bouche de Dieu soit notre pain de chaque jour. Nous pouvons compter sur la fidélité de Dieu : « son amour est de toujours pour qui garde son Alliance ». Cette Alliance est l'initiative et l'oeuvre de Dieu lui-même, son engagement sans réserve avec l'humanité, avec chacun de nous. Annoncée à Noé à l'aube des temps, elle sera toujours renouvelée. Elle est entièrement réalisée en la personne de Jésus homme et Fils de Dieu, (Ev.) Elle se vit en chacun de nous en notre condition filiale de baptisés, par le don de l'Esprit. C'est l'enseignement des trois lectures de ce jour.
L'Alliance î Cinq fois dans le texte de la Genèse que nous venons d'entendre, revient ce mot qui fait partie de l'expérience humaine la plus commune. « Moi j'établis mon alliance avec vous » « Oui, j'établis mon alliance avec vous, avec tous vos descendants et avec tous les êtres vivants qui sont autour de vous ». Le Dieu qui se fait connaître à Israël n'est pas un dieu justicier : II y a bien du mal dans le monde, mais Dieu ne l'a pas créé pour le détruire ou le punir, mais pour l'aimer et le sauver. L'intention, le projet de Dieu dès le premier instant de la création du monde, c'est de faire de l'homme créé à sa ressemblance un partenaire responsable, en une relation de confiance et d'amitié. Et malgré le péché et les ruptures d'Alliance, Dieu demeure fidèle Quand il relit son histoire à la lumière de la Révélation, Israël veut voir dans l'arc en ciel le signe de l'Alliance dont Dieu se souvient. Saurons-nous lire les signes de Dieu dans le cours de nos vies ? (Cf ordination de Joseph Ratzinger : un oiseau se mit à chanter dans l'église au moment de son ordination...)
Au baptême, Jésus vient d'entendre la voix du Père qui le reconnaît comme Fils unique, et l'Esprit qui est descendu sur lui le pousse au désert. Et « dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan ». C'est le temps des 40 années du désert qui est évoqué, le temps où s'est forgée l'Alliance du peuple faite d'infidélités et de conversions, le temps d'une génération en marche vers la terre promise. Jésus revit l'histoire de son peuple qui est aussi la nôtre, le temps de la tentation et de l'épreuve, et de la fidélité de Dieu à un peuple indocile et rebelle parfois jusqu'à la révolte. Seul, Fils unique, c'est en notre nom à tous qu'il affronte le mal et l'adversaire pour le vaincre. « Tout Fils qu'il était, il apprit, de ce qu'il souffrit l'obéissance ; après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel » ( He 5,8-9). « II a été éprouvé en tous points comme nous, mais il n'a pas péché» (He 4,15). La tentation fait partie de notre vie, mais avec Lui, le Christ, nous en sommes vainqueurs. Il nous apprend à la reconnaître, à la nommer, à l'affronter. En sa Personne humaine et divine, Jésus établit sur lui lui-même et pour nous avec lui, le règne de Dieu, en la totale fidélité au Père, dont il restera le Fils bien Aimé qui reçoit de lui tout son amour. Tout au long de sa vie, Jésus choisira la volonté de Dieu qui le rend libre et le fait serviteur de ses frères.
« Les temps sont accomplis ». La Bonne Nouvelle est celle de l'Alliance nouvelle et éternelle accomplie en Jésus : c'est le Règne de Dieu et de l'amour tout puissant qui veut nous atteindre en la Personne et en la Parole de Jésus. C'est Lui, et c'est en Lui qu'il faut croire : il n'y a pas de conversion hors de cette Parole à accueillir avec le don prodigieux qui nous est fait : le Don de Dieu qui est Dieu lui-même. Avec Lui, écrit l'Apôtre Pierre, « nous pouvons nous engager devant Dieu avec une conscience droite », sans illusion sur nous-mêmes, mais en acceptant jour après jour de nous convertir. Avec Lui, chaque jour est l'offre dune vie nouvelle, à vivre avec le Christ sous le regard du Père. Car « le juste est mort pour les coupables - que nous sommes- afin de nous introduire devant Dieu. Mis à mort dans sa chair, il a été rendu à la vie dans l'esprit ». L'épreuve fait partie du chemin ; elle n'en est pas le terme. La Pâque du Seigneur est annoncée. En son Alliance nous nous mettons en marche et le ressuscité est devant. Il est aussi avec nous si nous nous offrons chaque jour à sa Parole vivante pour vivre dans la vérité notre condition filiale. Nous le lui demandons : « Seigneur dirige moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu de mon salut »


2ème Dimanche de carême B

Lectures :

Livre de la Genèse 22,1-2.9a.10-13.15-18.

Psaume 116(115),10.15.16a.16c.17.18-19.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,31-34.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,2-10.

Commentaire du P Cérou :

Les lectures du 1er dimanche nous conduisaient au désert de la tentation et de l'épreuve que Jésus a subies pour nous. Sa victoire sur le mal est aussi la nôtre, avec lui. Aujourd'hui, sur la montagne, il nous révèle la gloire de sa résurrection, gloire qu'il tient du Père dès avant la création du monde, et à laquelle il veut nous associer. (L. 2 )
La première lecture au livre de la Genèse nous donne le récit étonnant de l'un des plus grands textes de l'A.T. que la tradition juive désigne sous le titre de « la ligature d'Isaac », trop souvent appelé « le sacrifice d'Isaac. « Dieu mit Abraham à l'épreuve ». Quelle épreuve, quel sacrifice, autrement dit, qu'elle offrande, quelle confiance quelle foi est demandée à Abraham. Entendons bien les paroles qui furent dites : « Abraham, prends ton fils, ton unique, ton Isaac, ton « sourire de Dieu ». Va t'en et, dit le texte hébreux, « monte le en montée sur une montagne que je te dirai ».Et l'homme et l'enfant montent, « eux tout seuls ». Le silence de la montée n'est interrompu que par une parole « Et l'agneau Père » ? « Dieu y pourvoira, fils ». Abraham a-t-il compris que Dieu lui demande son fils en sacrifice, le fils de la promesse ? Dieu peut-t-il à la fois donner la vie et la retirer ? Les sacrifices d'enfants étaient courants dans le monde païen ( Cf ïphigénie de Racine) et même dans la Bible ( parmi d'autres, le roi Achaz a sacrifié son fils aux idoles interrompant ïa lignée davidique d'où doit naître le messie ! ).
Mais c'est le sacrifice que Dieu interdit. « Abraham, Abraham, ne lève pas la main sur l'enfant : je sais maintenant que tu crains Dieu ». Fallait-il une telle épreuve pour aboutir à la « crainte » de Dieu ? Quelle crainte ! Celle de l'homme qui marche sous le regard de Dieu dans l'amour, la fidélité, la vénération, et l'obéissance de la foi. « Tu as frémi, tu as frissonné de ton Dieu » dit le texte. Et Jésus lui-même, sachant bien que son Père l'exauce toujours, a frémi face au tombeau de son ami Lazare et à l'approche de sa passion. L'obéissance de la foi d'Abraham l'a conduit à croire au Dieu qui donne la vie au-delà de l'épreuve de la mort. Et c'est cette foi qui lui vaut la bénédiction pour sa postérité dont nous sommes, et qui n'est plus seulement humaine, mais spirituelle : « En toi seront bénies toutes les nations». « Par la foi, Abraham offrit Isaac lorsqu'il fut mis à l'épreuve...il pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts, aussi, il retrouva son fils, ce qui est une préfiguration » He 11.17,19 Sur la croix où il sera exposé à la violence, Jésus, l'homme des douleurs, est habité de ce frémissement qui associe en sa personne l'amour de Dieu et l'amour des hommes. Ce n'est pas vrai que le Père demandait le prix du sang pour notre rançon, mais ce qui est vrai c'est que les hommes n'ont pas supporté la lumière et l'amour du Père tel que le révélait Jésus, qui a accepté de s'offrir en sacrifice pour nous révéler la vérité de l'amour de Dieu.
« II en coûte au Seigneur de voir mourir les siens, mais ne suis-je pas ton serviteur, moi dont tu brisas les chaînes »? PS 115. Abraham est sorti grandi de l'épreuve. Libéré d'une paternité possessive, il est fait père dans la foi de la multitude des croyants. Il nous apprend à regarder chaque personne humaine dans la foi et face à son Créateur de qui il reçoit la vie. Jésus la reçoit du Père et va la lui remettre pour nous la donner. C'est pour cela qu'il est venu. Dans l'évangile de Marc, la Transfiguration se situe entre deux annonces de la Passion. La voix venue du ciel est celle du Père que les disciples entendent comme un appel à !a confiance : « celui-ci, mon Fils bien aimé, écoutez le ». C'est donc le Fils de Dieu qui va souffrir pour nous et prendre sur lui en sa « passion bienheureuse » ( Canon romain) tout le poids de nos péchés. C'est lui qui est glorifié, désormais en son humanité, de la gloire qu'il possédait avant même la création du monde. La transfiguration est le seul moment où dans les évangiles, Jésus révèle la gloire cachée en son humanité. Mais c'est ici qu'est manifestée la vérité de l'homme créé image de Dieu et « appelé à partager sa gloire ». En sa personne, « il a fait resplendir la vie et l'immortalité » II Tim 1,10 et nous sommes appelés à partager sa gloire : « Quand le Christ paraîtra, nous paraîtrons nous aussi dans la gloire» Col3.4. Que cette Eucharistie nous transfigure. C'est lui le Fils de Dieu que nous écoutons et qui nous rejoint, en notre foi, en l'accueil de sa parole, en notre communion avec Lui à son Corps et à son sang qui nous purifient.


3ème Dimanche de carême B


Commentaire du P Cérou :


4ème Dimanche de carême B

Lectures :

Deuxième livre des Chroniques 36,14-16.19-23.

Psaume 137(136),1-2.3.4-5.6.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,4-10.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,14-21.

Commentaire du P Cérou :


Le chant d'ouverture de ce 4eme dimanche de Carême nous a invités à la joie. Réjouissez vous avec Jérusalem, vous qui l'aimez soyez pleins d'allégresse, vous qui portiez son deuil. Ce dimanche de la joie est une étape sur notre chemin avant de nous associer à la montée du Seigneur, et à sa Pâque Restons en marche : « voici que nous montons à Jérusalem ». Le motif de la joie de ce jour : l'amour et la générosité de Dieu, sa fidélité et sa miséricorde plus forte que nos infidélités : « Dieu est riche en miséricorde à cause du grand amour dont il nous a aimés » (Ll).
Le dernier chapitre du livre des Chroniques - un résumé d'histoire - oppose l'infidélité du peuple de l'Alliance à l'indéfectible fidélité de Dieu qui tire le bien du mal. Le peuple, ses prêtres, ses dirigeants ont ignoré et méprisé le Dieu de 1' Alliance, comme s'il n'existait pas ! Ils se sont livrés aux idoles, ont profané le temple, « tourné en dérision les envoyés de Dieu et ils se moquaient des prophètes ». « Finalement, il n'y eut plus de remèdes à la colère grandissante de Dieu contre son peuple ». Dieu peut-il punir ? Ou simplement laisser les hommes qu'il a créés libres, suivre leur propre chemin, choisir d'autres alliances et d'autres dieux? « Ils n'ont pas voulu de moi... Qu'ils aillent et suivent leurs vues ! ». Le texte nous décrit en peu de mots la réalité d'un désastre : Jérusalem assiégée, le temple incendié, la ville détruite et les habitants qui ont échappé au massacre, déportés, esclaves du roi de Babylone jusqu'à la domination des Perses.
.Quel enseignement pour nous ? 11 nous est dit que Dieu est fidèle à un peuple infidèle et qu'il demeure présent à l'histoire des hommes. C'est lui qui inspire à Cyrus l'étranger, d'accomplir la promesse de la libération annoncée par le prophète Jérémie : « Le Seigneur Dieu m'a chargé de lui bâtir un temple à Jérusalem, en Judée : tous ceux de son peuple, que le Seigneur soit avec eux et qu'ils montent à Jérusalem ! ». L'épreuve de l'exil, se révèle profitable : ce fut le temps où l'espérance se purifie, où s'approfondit l'alliance, le souvenir de la relation heureuse avec Dieu. La ville et le temple seront rebâtis et le peuple de Dieu qui a approfondi et mûri sa foi, reconnaîtra le prix de la fidélité et de l'amour du Dieu, unique et vrai, le bienfait même de l'épreuve comme temps de conversion, la connaissance de son Dieu dont la miséricorde s'étend à toutes les nations, en marche, elles aussi, vers la ville de Jérusalem devenue le symbole du ralliement des peuples : « lève-toi, Jérusalem, regarde ; ils viennent à toi tes enfants dispersés, ils reviennent de loin, portés comme des enfants royaux ». Comment ne pas penser aux exilés de tous les temps, à ceux d'aujourd'hui, à ceux qui le sont dans leur propre pays, comme étrangers à eux-mêmes et sans droits. Quelle espérance pour eux ?
Nous ne nous sommes pas éloignés de l'Evangile. « Dieu a tant aimé le monde » Oui, le monde ! « II a donné son Fils unique ». Tout le secret du mystère de l'Incarnation est là, révélé à Nicodème, venu de nuit à la rencontre de Jésus. « Dieu a tant aimé le monde ». C'est le cœur de notre foi. Est-ce vraiment repérable dans l'histoire de l'humanité, dans les événements de notre temps, de notre histoire ? Quel monde ? Pour Jean « le monde » n'est-il pas étranger, réfractaire à l'amour de Dieu. Nous connaissons bien ces paroles du disciple : « mes petits enfants n'aimez pas le monde ni ce qui est du monde ». Serait-ce donc un autre monde que Dieu a aimé ? C'est bien en ce monde dont nous sommes que le Fils de Dieu a pris chair, où il s'est engagé, auquel il s'est lié en son alliance personnelle, éternelle. Le salut est dans cette immersion de Dieu au cœur du monde, de notre histoire et au cœur de l'humanité à qui Dieu lui-même s'est lié d'un amour fidèle. « Voici que nous montons à Jérusalem ». « La ville « aux douze portes ouvertes vers toutes les nations », figure de la Jérusalem du ciel qui rassemble l'humanité au terme de l'histoire, et déjà maintenant en la personne du Christ. C'est à Lui que St Paul demande de donner notre foi et notre confiance. A Lui, « riche en miséricorde à cause du grand amour dont il nous a aimés » Laissons simplement retentir en nous ces paroles brûlantes de reconnaissance : « C'est Dieu qui nous a faits, il nous a créés en Jésus-Christ » « II nous a aimés, il nous a fait revivre avec le Christ, il nous a ressuscites, avec lui, il nous a fait régner aux deux ». Ce n'est pas « la foi qui nous sauve », mais sa pure grâce, le don inouï et gratuit que Dieu nous fait et que nous accueillons par la foi. Levons les yeux vers le Christ élevé de terre, pour nous élever avec lui vers le Père. Tout vient de lui. Que cette eucharistie nous associe à son offrande qu'il a faite au Père pour nous et qu'il veut faire avec nous.


5ème Dimanche de carême B

Lectures :

Livre de Jérémie 31,31-34.

Psaume 51(50),3-4.12-13.14-15.

Lettre aux Hébreux 5,7-9.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,20-33.

Commentaire du P Cérou :


La passion de Jésus est proche : la première lecture annonce une alliance nouvelle et universelle et dans l'Evangile les Grecs qui veulent voir Jésus sont la figure des peuples païens pour lesquels le Christ a « offert à Dieu sa supplication ». En ces jours là, « tous me connaîtront », annonce le prophète Jérémie.
L'alliance annoncée, elle est d'abord au cœur de Dieu, elle est en sa source dans la Trinité des trois personnes divines, elle est en Dieu qui est Amour en lui-même. Et les jours sont venus où elle est vécue au cœur de l'homme, au cœur de l'homme-Dieu, et avec Lui au cœur de tout homme qui accueille le don de l'Esprit, selon la promesse : « je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez ». Non, l'infidélité du peuple élu ne conduira pas le Seigneur à renoncer à l'amour d'alliance avec son peuple sa créature, mais à le renouveler d'une manière étonnante : elle ne sera pas une loi écrite sur la pierre et qui nous condamne :« Je mettrai ma loi au plus profond d'eux-mêmes, je l'inscrirai dans leur cœur ».
Le cœur, dans l'Ecriture n'est pas le lieu du sentiment et de l'émotion, c'est le lieu intérieur que Dieu veut habiter et qui est aussi le lieu du choix libre, que personne ne peut faire à notre place, lieu de décision, de vérité et de liberté, le souffle qui anime et oriente notre vie ; c'est le lieu où, nous dit St Paul « l'Esprit de Dieu s'unit à notre esprit », pour attester que nous sommes bien enfants de Dieu. C'est le lieu de notre communion personnelle et unique, de volonté et d'amour avec Dieu : « ils n'auront plus besoin d'instruire chacun son compagnon en disant : apprends à connaître le Seigneur, car tous me connaîtront ». Tous et chacun. En son Alliance, Dieu veut s'unir à lui tous les hommes par l'amour qu'il met en nos cœurs, par l'Esprit Saint qui nous a été donné. L'amour généreux et universel est l'inique loi de l'Alliance et le commandement nouveau : « aimez vous de l'amour dont je vous ai aimé ».C'est le don qui nous est fait et que nous demandons : « donne nous Seigneur un cœur nouveau un cœur filial et fraternel à l'image de celui du Christ. « Le Christ en nous, espérance de la gloire ».
Le passage d'Evangile que nous venons d'entendre nous situe peu avant la Pâque. La Passion, l'heure - annoncée- est venue où le Christ va s'offrir au Père pour donner sa propre gloire à tous ceux en qui il vit. Quelques jours plus tôt, Lazare a été ramené à la vie, Marie sa sœur a versé sur les pieds de Jésus un parfum de grand prix, signe de son ensevelissement et la foule de Jérusalem l'a acclamé comme le messie: « béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Grande affluence à Jérusalem ! Les autorités religieuses redoutent un mouvement populaire qui provoquerait une répression de l'occupant romain. C'est dans ce contexte que des grecs -païens, non juifs, venus à Jérusalem pour adorer Dieu durant la Pâque - demandent à Philippe qui porte un nom grec comme André : « Nous voudrions voir Jésus ». Il ne dit pas « venez et vous verrez ». Sa réponse surprend : « l'heure est venu pour le Fils de l'homme d'être glorifié ».
C'est alors seulement que tous les hommes —juifs ou non juifs - le connaîtront en vérité : « Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes ». Jésus annonce sa mort en croix, son élévation, son supplice qui le conduira avec tous ses frères, juifs ou grecs, à la gloire de la résurrection et de la vie éternelle. Il est lui, le grain tombé en terre qui donne beaucoup de fruit, il accepte de mourir pour nous donner la vie - nous sommes sa moisson-, et il appelle chacun de ses disciples à le suivre sur le chemin qu'il prend : « celui qui aime sa vie la perd, celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle ». Quelle est la vérité de l'homme, sa réussite humaine ou spirituelle. Le Christ nous a fait l'honneur de s'associer à notre condition humaine pour nous communiquer sa vie divine L'heure de la glorification est aussi celle de l'épreuve extrême et la prière de Jésus est poignante comme un cri vers le Père : « maintenant, je suis bouleversé : dirai-je : Père délivre-moi de cette heure, mais non, c'est pour cela que je suis parvenu à cette heure : Père glorifie ton nom ». Jésus ne demande pas la gloire pour lui-même, mais pour le Père. Il la demande aussi pour nous qu'il a libéré de la puissance du mal, « avec un grand cri et dans les larmes, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissant la cause du salut éternel ». L 2 « Que ta grâce Seigneur nous obtienne d'imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour le monde ».


6ème Dimanche de carême Rameaux B

Lectures :

 

Commentaire du P Cérou :

Les premiers mots en l'Evangile de Marc sont l'annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, Fils de Dieu, et les dernières paroles sur les lèvres du centurion qui a conduit l'exécution attestent: « vraiment cet homme était le Fils de Dieu ». Entre ces deux affirmations, le même Evangile nous a fait entendre le témoignage du Père, au Baptême et à la Transfiguration: « voici mon Fils Bien Aimé: en lui tout mon amour, écoutez le ». Ecoutons et comprenons.
Tout au long de l'Evangile de Marc, nous avons écouté la Parole qui annonce « le Règne de Dieu », advenu parmi les hommes: parole vivante qui renouvelle, qui recrée, pardonne et guérit, qui multiplie le pain, parole bienfaisante et fraternelle de l'Envoyé du Père qui a passé en faisant le bien. Et dès le 3eme chapitre de cet Evangile, pharisiens et hérodiens « se concertent pour voir comment faire périr Jésus ».
Pourquoi la révélation et la manifestation de l'amour de Dieu est-il si insupportable aux hommes, et pourquoi à l'heure de la trahison et de l'abandon des siens, le Père ne répond-il pas à la supplication du « Fils Bien Aimé » ? « éloigne de moi ce calice ». Comment ne pas être terrifiés par l'injustice d'un tel procès, la déréliction du Fils de Dieu, la mort du juste, la plus infamante qui soit ? Quels motifs ont amené Jésus à acceptera vouloir et jusqu'à désirer cette « Heure », comme celle du « Fils de l'Homme », comme une nécessité ?
« II faut que le Fils de l'homme souffre, qu'il soit rejeté et crucifié... » . Il fallait dira le ressuscité de Pâques aux marcheurs d'Emmaus qui s'éloignent de la ville du meurtre »... Quelle nécessité, sinon celle que Dieu s'impose à lui-même de nous sauver de la mort, de nous dire que en lui, l'amour est plus fort que la haine, et que la haine qui peut tuer l'homme ne peut tuer l'Amour qui est en Dieu et qui est Dieu lui-même, mais au contraire, le révéler.
Le Père a donné son Fils unique qui s'est offert jusqu'à l'épuisement et la destruction de lui-même en sa mortelle humanité semblable à la nôtre. « II faut que le Fils de l'Homme soit élevé ». Pour que nous soit rendues, en dépit de notre misère et de nos fautes responsables, notre dignité originelle de Fils et de Filles de Dieu, appelés à la vie et à la gloire éternelle pour laquelle nous avons étés voulus et créés.
Tout commentaire est superflu, qui tenterait de comprendre le mystère inouï de notre création, de notre rédemption, de notre salut en Jésus- Christ, le Rédempteur de l'homme. Il nous faut regarder la croix avec l'étonnement et l'adoration de Saint Paul, ne voulant connaître rien d'autre, sinon le Christ et le Christ crucifié ». « II s'est fait péché pour nous ».
En sa si douloureuse Passion, Jésus a pris sur lui ce qui serait, sans lui, notre totale détresse : « Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné » ? Mais aussi le cri de tous les hommes broyés par la souffrance, tous les abandons et toutes les injustices et les trahisons et l'horreur du mal dont l'homme est capable, et qui a traversé les siècles depuis Caïn jusqu'à nous. Afin que toutes nos épreuves puissent être changées en espérance.
OUI, «béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Il est venu, il vient. Avec nous jusqu'à la fin. En notre vie, en nos épreuves, en notre mort, qu'il nous fasse gardiens et témoins de la ferme espérance en la vie éternelle qu'il nous a acquise et annoncée en sa bienheureuse Résurrection.

 

 

Dimanche de Pâques B

Lectures :


Commentaire du P Cérou :


2ème Dimanche TP B

 

Lectures :

Livre des Actes des Apôtres 4,32-35.

Psaume 118(117),1.4.16-17.22-23.24-25.

Première lettre de saint Jean 5,1-6.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-31.

Commentaire du P Cérou :


« Le christ est ressuscité ». Marie Madeleine et les femmes venues au tombeau de grand matin ont porté la nouvelle aux disciples qui ne les ont pas crues. Pierre et Jean ont vu le tombeau vide et les linges restés là. Les disciples informés de l'événement sont donc au Cénacle et le Seigneur n'habite pas seulement leur mémoire, mais leur attente et leur désir. Et « il vint ». « II était là au milieu d'eux ». Non pas venu d'ailleurs ou par effraction. Lui qui fut et demeure l'un des leurs, se révèle, dès cette heure, comme « le Vivant pour les siècles » (Apo). Au dernier repas qu'ii prit avec eux, il leur fit le don de la paix comme le don parfait, la paix qu'il est sienne et qu'il est en lui-même. « Je vous laisse la paix: c'est ma paix que je vous donne ». « c'est Lu qui est notre paix » écrit St Paul obtenue par sa Passion et sa mort pour nous. La paix en notre condition de baptisés nés de l'eau et de l'Esprit, c'est 1' « être sauvé » par Lui qui nous a réconciliés avec Dieu et en nous-mêmes. La paix « obtenue par le sang de la croix ». C'est le don qu 'il nous fait, qu'il nous faut garder et transmettre et porter de maison en maison.
Aucun reproche aux disciples, il les rassemble, il les unit, il leur confie sa mission et dès les premières heures de l'Eglise, guéris de la peur, ils porteront, eux tous, et « avec force le témoignage de la résurrection de Jésus ». « Et les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur ». Elle leur avait été annoncée cette joie, elle serait parfaite après la traversée de l'épreuve: joie d'une vie nouvelle comme après un enfantement: « votre cœur sera rempli de joie et cette joie, personne ne pourra vous l'enlever ». « La joie du Seigneur est notre rempart » dit le psaume. Quand le trouble demeure en surface, que la paix et la joie demeurent dans les profondeurs de l'âme ». « Rien ne pourra vous nuire » car « tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde ». Sa victoire est la nôtre, non pas dans la béatitude déjà acquise mais dans le combat quotidien. Celui « en qui tout fut créé et qui remplit tout » en « la plénitude de sa divinité » nous a promis sa présence et donné son Esprit qui demeure en nous: don inouï du Père et du Fils qui est la réciprocité de leur amour. « II nous en fit le don ». Et par lui, nous avons reçu le témoignage de l'Eglise et des frères : « nous avons vu le Seigneur ». Nous sommes désormais dans ce « temps de l'Eglise qui vit de la foi « sans avoir vu », et qui la transmet comme son héritage le plus précieux, témoins de la Bonne Nouvelle.
Au dernier repas, les disciples ont bu à la coupe du sang « versé pour vous » leur dit le Seigneur. Et Jésus maintenant souffle sur eux l'Esprit de la nouvelle création. Ayant réconcilié le monde avec Dieu par le sang de la croix, il leur confie, pour la suite des siècles, le ministère de la réconciliation par lequel nous sommes faits « enfants de Dieu » « par l'eau et le sang », l'eau de nos baptêmes qui nous a purifiés, et le sang jailli du cœur dont la plaie est restée ouverte sur la croix. Lui, Jésus, qui est le Verbe de Dieu, en qui tout fut créé, en qui maintenant tout est renouvelé. En l'Esprit qui est la vérité, nous disons avec assurance, avec Thomas qui est l'un de nous, aux heures du doute et de l'épreuve...les mots de la confusion, de la reconnaissance et de l'adoration: « mon Seigneur et mon Dieu ». En notre enracinement dans la foi de Thomas, des Apôtres et de l'Eglise, gardant les commandements du soir de l'adieu... nous lui offrirons la fidélité d'un amour non pas crédule, mais croyant.
Nous n'aurons jamais asses de reconnaissance pour le don de la foi et la joie de croire. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Jésus suggère que la foi ne sera pas donnée à tous. Laissons nous porter par la foi des frères et acceptons à notre tour de les porter dans une foi et une charité qui ne faiblit pas. « Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements ». C'est la foi qui crée et fonde la communauté et c'est l'amour qui la construit comme il nous est dit aux Actes des Apôtres: « la multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme ». Que la foi transforme notre regard sur le monde réconcilié où nous sommes faits témoins de l'amour qui nous a réconciliés.
« Nombreux ceux qui trouvent dans l'Eglise et dans l'accueil de communautés fraternelles, un lieu de vie fraternelle, de respect, de liberté, un lieu où ils retrouvent soutien et stimulation, un lieu d'espérance et de paix » (Cathé.de l'E.C.) « Comme le Père m'a envoyé, je vous envoie ». La rencontre du premier jour de la semaine se renouvelle et chaque eucharistie où nous est donné mission avec l'Esprit « qui est la Vérité », de porter en nous mêmes et pour nos frères qui sont sur notre chemin, la si Bonne Nouvelle de notre réconciliation si nécessaire à notre monde.


 3ème Dimanche TP B

 

Commentaire du P Cérou :

« Le Seigneur est ressuscité. » La lumière d'un jour nouveau éclaire le monde. Lentement, les yeux se sont ouverts à la réalité d'une nouvelle présence. Il est vivant pour Marie de Magdala et Marie mère de Jacques et Salomé qui sont allées au tombeau, de grand matin. Il n'est pas parmi les morts. A leur témoignage, Pierre et Jean ont couru au tombeau dont la pierre a été roulée et ils ont vu les liges restés là. Au soir de ce premier jour, il a marché avec deux disciples, vers Emmaûs Ils rentraient chez eux, tout tristes. Ils savent, mais refusent de croire les femmes qui le disent vivant. Il les rejoint sur la route et il marche avec eux, à leur pas. Trop déçus dans leurs espérances, trop blessés pour le reconnaître Ils l'ont retenu à l'auberge, à la nuit tombante, et ils l'ont reconnu à la fraction du pain.. Mais il disparut à leur regard. C'était donc Lui ! En hâte, ils reviennent à Jérusalem ; et ils racontaient aux onze apôtres et à leurs compagnons ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain. Et, comme ils en parlaient encore, il était là au milieu d'eux.
Pourquoi alors cette stupeur et cette crainte, comme au jour où il les avait rejoint dans la tempête en marchant sur les eaux ? Stupeur bien humaine, comme quand on dit face à l'inattendu, à l'évidence qui s'impose : c'est pas possible ! Et puis, la crainte qui est peut-être aussi la fascination : « Ils croyaient voir un esprit ». Mais il leur parle et leur dit encore : « Paix à vous ». La paix qu'il leur a laissée au dernier repas, ils ne l'ont pas gardée. Trop lourde l'épreuve, trop déçus dans leur espérance humaine, et maintenant encore, verrouillés par la peur. Et « il leur montra ses mains et ses pieds. C'est bien moi, touchez moi. Un esprit n'a ni chair ni os comme vous voyez que j'en ai ». Ils voudraient comprendre. Jésus leur demande de voir, de reconnaître en la nouveauté de cette présence celui qui fut crucifié et qui garde la marque des clous de la Passion.
« Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire. Et ils restaient saisis d'étonnement » .11 leur faut entrer dans le mystère d'une présence nouvelle, libérée du temps et de l'espace. Réelle pourtant. Et annoncée trois jours plus tôt : je vous reverrai et vous serez remplis de joie. Avez-vous ici quelque chose à manger ? Ils lui offrirent du poisson grillé. A Emmaûs, il avait partagé le pain; maintenant il accepte le poisson qui lui est offert. Sa condition nouvelle où il est entré pour toujours ne l'éloigné pas de notre quotidien, de notre condition humaine. Acceptant la nourriture qu'on lui offre, il accepte la convivialité, la fraternité, la communion. Elevé dans la gloire du Père, il reste présent à notre temps, à nos rencontres, à nos joies et à nos peines. En Lui, en sa personne humaine et divine, l'univers est consacré, et pour nous, dans la foi certaine, sa présence universelle se concentre en ce pain et ce vin que nous partageons, ici et maintenant. Il leur faut passer de l'évidence matérielle à la foi. Ils avaient besoin de voir pour croire et maintenant il leur demande, comme à nous, de croire pour voir. Et il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Ecritures.
Il a fallu du temps et toute la patience du Seigneur. Il leur ouvrit l'esprit. C'est cette parole qu'il nous faut garder. Nous laisser instruire, nous laisser façonner intérieurement par la fréquentation des Ecritures, pour y trouver la joie et la paix du cœur, le souffle, et le motif et l'énergie de l'action et de la mission. Le fil conducteur des Ecritures, c'est la révélation de l'amour du Dieu, créateur du monde, présent au monde qu'il a créé, où le Fils s'est fait Serviteur, ayant pris sa place en notre temps, pour marcher avec nous, jusqu'à la fin, donner sens à la création, à notre présent et notre avenir, à l'existence personnelle de chacun de nous. Et nous avons part, dès maintenant à la vie éternelle.
La Passion et la mort du Seigneur, les plaies de son corps, nous révèlent l'excès du mal, l'imposture, l'insolence et l'horreur du péché délibéré et qui est ici dévoilé, comme en toute l'Ecriture, ainsi que l'exprime le livre de la Sagesse : « opprimons le juste qui nous gêne, condamnons le à une mort infâme puisqu'il dit qu'il sera visité ». Et Pierre le proclame au lendemain de la Pentecôte: « vous l'avez rejeté, lui, le saint et le juste, et vous avez demandé la grâce d'un meurtrier ».Etait-ce seulement légèreté et ignorance ? Pierre semble excuser le mal. « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » écrit St Paul. En Dieu, l'excès d'amour annule l'excès du mal. Là où l'homme donne la mort, Dieu donne la vie. Et Dieu l'a ressuscité des morts, accomplissant ce qui avait été annoncé par les prophètes que son Messie souffrirait, pour que nous soit révélée la miséricorde de Dieu et le pardon des péchés. Et nous avons un défenseur auprès du Père, Jésus Christ le juste, victime offerte pour nos péchés et plus encore pour ceux du monde entier.
Que l'Esprit Saint qui achemine à la vérité tout entière, ouvre nos esprits et nos cœurs à l'intelligence des Ecritures. Tant de chrétiens aujourd'hui ont une culture humaine élevée sans rapport avec leur culture chrétienne Mais l'intelligence des Ecritures est d'abord une affaire de cœur et d'amour du Seigneur. Et Dieu se révèle aux plus petits. Non pas aux sages et aux savants selon la sagesse du monde. « Mes petits enfants » écrit St Jean. Les petits qui aiment sont ceux qui instruisent les théologiens qui les écoutent comme au temps où des évêques venaient consulter Bernadette à Nevers.
Que l'Ecriture soit le pain de nos vies, notre mémoire des événements de la vie du Seigneur: elle éclaire le mystère de la création du monde, son présent et notre avenir. A travers ombres et lumières, l'Ecriture est le guide de nos pas quand nous cherchons notre chemin, elle nous est donnée comme nourriture, jour après jour, pour notre incessante conversion et notre progrès spirituel, notre illumination et notre transfiguration. Par elle, nous pouvons apprécier toute chose par rapport aux biens véritables et éternels. Par elle nous portons le fruit que Dieu attend de chacun de nous, et nous devenons témoins de ce nous avons vu et entendu, et que nous accueillons dans la prière. En notre fréquentation patiente de l'Ecriture, nous devenons porteurs du message de joie et de paix que le Seigneur dépose en nos vies, nous en sommes témoins pour le monde, et nous annonçons en nous-mêmes la conversion proclamée au Nom de Jésus-Christ par notre vie renouvelée. Car c'est bien le Christ lui-même qui nous parle sur la route et change nos cœurs pour porter avec lui le témoignage de la résurrection. « Vous êtes ressuscites avec le Christ, vivez une vie nouvelle »

 

 


 4ème Dimanche TP B

Lectures :

 

Commentaire du P Cérou :

5ème Dimanche TP B

Lectures :

 

Commentaire du P Cérou :

« L'Eglise se construisait et se multipliait avec l'assistance du Saint Esprit ». Confiée à des hommes qui peuvent dire, après le premier concile de Jérusalem: « l'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé ». Parmi eux, Saul, le violent persécuteur converti, que les disciples redoutent comme le loup dans la bergerie. Barnabé va le présenter aux Apôtres et leur raconte son retournement sur le chemin de Damas. Au chapitre 4 des Actes, le même St Luc écrit que « Joseph surnommé par les Apôtres Barnabé, ce qui veut dire « fils d'encouragement », lévite originaire de Chypre possédait un champ qu'il vendit, et apporta l'argent au pied des Apôtres ». B. est une belle figure de chrétien de notre Eglise des temps apostoliques: « homme de droiture rempli d'Esprit Saint et de foi ». Actes 11-24. II reçoit toujours dans les actes le nom d'Apôtre, tout comme Paul. C'est un homme de coeur, de fraternité qui crée des liens, stimule et encourage la jeune communauté d'Antioche où il est envoyé et reconnu comme « prophète et docteur ».

De là, il partira chercher Paul à Tarse où il le trouve et le ramène à Antioche. Ce sera le début d'une longue collaboration où les deux Apôtres « Paul et Barnabé », resteront associés en la même foi, le même combat pour l'annonce de l'Evangile aux juifs et aux païens, la même charité aussi. Paul et Barnabé portent à Jérusalem ( Grande sécheresse et famine vers 37 40 ? ) les fonds collectés à Antioche. Les deux apôtres qui n'ont pas connu Jésus de leur vivant, seront les porte parole des païens - non juifs- au premier concile de Jérusalem, et c'est à eux deux, « ces hommes qui ont voué leur vie pour le Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, que sont confiés les conclusions libératrices de l'assemblée de Jérusalem qui fait de l'Eglise, la maison ouverte à toutes les nations et à toutes les cultures. Nous sommes en ce siècle et ce temps qui sont les nôtres de cette Eglise fraternité, chargée de mission, témoins par notre joie et notre charité, du Seigneur ressuscité et rayonnante de l'espérance du jour où « la terre entière reviendra vers le Seigneur et où chaque famille des nations se prosternera devant lui ». Ps 21 C'est ainsi que Paul dès le moment de sa conversion à Damas... puis à Jérusalem se mit à annoncer avec assurance le nom de Jésus

La première prédication apostolique a été un message très fort annonçant le Seigneur ressuscité. Ces témoins y furent martyrs pour le témoignage de Jésus parvenu jusqu'à nous, et nous en sommes porteurs pour notre temps, avec l'assistance du même Esprit Saint, qui a continué de construire l'Eglise des siècles, l'Eglise des Conciles, l'Eglise de saints et de pécheurs, non pas comme une multitude de chapelles, mais un peuple appelé à l'unité, appelé à aimer « par des actes et en vérité ». En notre foi, en union au Christ, « nous appartenons à la vérité ». Par notre adhésion, et nous sommes son bien. Le bien de Celui qui est « la Vérité et la Vie » Et qui « nous a acquis par son sang ». Et nous pouvons nous tenir avec assurance devant Dieu. « Qui pourrait nous séparer de l'Amour qui est en Jésus Christ » questionne Paul. II se souvient avec grande douleur de sa rage de persécuteur, « oui, j'ai persécuté l'Eglise de Dieu » mais poursuit aussitôt avec infinie reconnaissance : « il m'a fait miséricorde, à moi le premier ».

C'est donc vers Lui qu'il nous faut regarder. Notre coeur, notre mémoire nous accusera toujours, « mais Dieu est plus grand que notre coeur ». Et il nous a fait le don de la paix et de l'Esprit qui demeure en nous. « Et ce que nous lui demandons, il nous l'accorde ». Nous pouvons tout demander, si nous appartenons à la Vérité, si celui qui est la Vérité demeure en nous. « Demeurer ». Huit fois ce mot cher à St Jean en ce passage, cette allégorie du cep et des sarments que Jésus a pu évoquer sous la vigne d'or qui ornait le fronton du temple et qui était le symbole d'Israël. De part l'amitié et la fraternité du Seigneur, nous sommes cette vigne d'or: « Je suis le cep et vous les sarments ». Un seul corps avec lui par le mystère d'amour et d'incarnation par lequel il a voulu faire de nous tous ensemble son corps et chacun de nous son temple.

« Demeurer » n'est pas en St Jean un verbe au passif. Le Christ instaure avec tout disciple une relation personnelle par le don de l'Esprit. « Demeurez en moi comme moi en vous ». Ce qui est premier c'est le don de Jésus « moi en vous », Et c'est avec lui et en lui que nous pouvons porter un fruit qui mûrit et qui demeure. Le cep a saigné sur la croix et nous pourrons nous offrir au traitement du vigneron vivant nos épreuves avec lui pour « son corps qui est l' Église ». « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ». Quelle promesse, quelle certitude » ! Le mystère le don de l'Eucharistie accomplit notre unité avec le Christ et par lui, bien autrement qu'une union nuptiale.

Témoignage : Michèle Clavier ( Nord ) in La Croix du 16 avril 09 - Comme une mère, c'est l'Eglise qui m'a fait naître le jour de mon baptême, comme une mère l'Eglise a pris soin de moi en accompagnant ma croissance et en m'invitant progressivement à prendre part à sa vie, à sa mission. Comme une mère, l'Eglise m'a fait confiance et m`a permis de grandir. Comme une mère, l'Eglise est là et me donne mon nom de famille . Je ne pourrais pas plus renier cette Eglise que renier ma famille. Et je l'aime plus encore quand elle est incomprise ou maladroite ou exigeante. Faite de femmes, d'hommes, d'enfants d'aujourdhui, cette Eglise rassemble mes frères et soeurs en Jésus-Christ. Comme Eglise du Christ, elle est l'assurance de vivre de son Esprit (Jn 14-16), l'Esprit qui tout à la fois l'assiste et la guide, l'éclaire et la soutient. Et c'est grâce à ce même Esprit de nos baptêmes que nous pouvons, que nous osons aujourd'hui rendre compte de l'espérance qui nous habite (1 P 3,15)

 

 


6ème Dimanche TP B

Lectures :

Livre des Actes des Apôtres 10,25-26.34-35.44-48.

Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4.

Première lettre de saint Jean 4,7-10.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,9-17.

Commentaire du P Cérou :

En la cinquantaine de la joie pascale qui précède la Pentecôte, nous entendons les paroles que le Seigneur nous adresse comme à ses disciples: « Ce n'est pas vous qui m'avez choisis, c'est moi qui vous ai choisis ». Et nous sommes là, en sa présence, répondant à ce choix de Dieu, qui nous a aimés le premier, nous qui ne nous croyons pas plus méritants que d'autres. Nous adorons la souveraine liberté de Dieu et l'immense bienfait de la foi. Qui est-il pour nous, qui sommes nous pour lui ? Nos ruptures d'alliance ne le dissuadent pas d'aimer, au point de se donner lui-même en nous donnant son fils, victime offerte pour nos péchés. Les lectures de ce dimanche nous pressent de reconnaître cet amour, d'y demeurer, d'en vivre en notre union et communion au Christ et dans la vivante espérance de la gloire qui doit être bientôt manifestée en nous .
Toute la Bible, depuis la création du monde nous dit l'initiative de Dieu qui se révèle et demeure présent aux événements du monde. Le long récit des Actes nous fait témoins d'une événement considérable. La jeune Eglise de Jérusalem s'ouvre aux païens - non juifs - et cette ouverture, ce premier pas est l'initiative et l'œuvre même de l'Esprit qui conduit Pierre de Joppé à Césarée pour le baptême du centurion romain en territoire juif occupé. Et nous assistons ici à une nouvelle Pentecôte.: « L'Esprit saint s'empara de tous ceux qui écoutaient la Parole ». Les Actes des Apôtres nous font part de la stupéfaction et même du scandale des juif qui accompagnent Pierre: « Tous les croyants qui accompagnaient Pierre étaient stupéfaits, eux qui étaient juifs de voir que même les païens avaient reçu a profusion l'Esprit Saint ». Ainsi Dieu ne fait pas de différence entre les hommes mais il accueille ceux qui l'adorent et font ce qui est juste ». La portée de cette parole est considérable: on peut y voir le fondement non seulement de l'œcuménisme en recherche et en marche vers la confession et le proclamation de la même foi, mais bien au-delà,, et plus explicitement depuis Vatican II, la certitude que Dieu sauve toute l'humanité de tous les temps et atteint tout homme de bonne volonté dans le respect de sa liberté, de son identité humaine, sociale et de son appartenance religieuse . Et il nous est demandé, à nous chrétiens qui avons la chance et le don inouï de la révélation et de la foi d'être « témoins pour le monde du salut de Jésus-Christ ». L'Eglise qui fait route avec toute l'humanité et partage le sort terrestre du monde, est comme le ferment et pour ainsi dire l'âme de la société humaine appelée à être renouvelée dans le Christ et transformée en famille de Dieu » (VII - Lumen Gentium). Deux verbes, en l'Evangile de St Jean que nous venons d'entendre, nous disent notre plénitude chrétienne de baptisés conscients de notre identité, et notre mission pour le monde : « Demeurer » et « envoyés ». Plus nous vivrons et apprécieront et approfondirons notre relation à Dieu, plus nous serons en mesure d'en porter le témoignage.
La révélation de l'Evangile de St Jean tient en trois mots: « Dieu est Amour ». Créés ressemblants, à son image, rien ne peut se vivre en vérité hors de cette relation d'amour à celui qui nous crée, et nous a appelés, en la personne de Jésus à aimer comme nous sommes aimés nous-mêmes. La première rencontre des premiers disciples avec Jésus s'ouvre par une question: « Où demeures tu »? Et ils virent où il demeurait... Mais c'est tout au long des l'Evangiles que Jésus leur révèle sa véritable demeure: il demeure dans l'amour du Père, en sa filiation divine comme Fils unique, il demeure avec nous jusqu'à la fin en sa totale et fraternelle solidarité d'incarnation. On ne peut demeurer dans l'amour de quelque un que s'il a réciprocité... Il nous est dit que l'engagement de Dieu est total et tout semblable à celui qui unit Jésus au Père et le Père à Jésus. « Comme le Père m'a aimé et que j'ai aimé le Père, moi aussi, je vous ai aimés, demeurez dans mon amour ». Les dernières paroles du dernier repas sont d'une grande intensité. Jésus n'a plus qu'une Parole et cette Parole est don de lui-même. Un seul commandement, un seul testament laissé aux disciples: « Mon commandement le voici: aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Ce mot comme revient trois fois. C'est l'amour dont le Père aime Jésus et qui le comble qui nous est donné. Et que nous sommes appelés à vivre et à rayonner en y demeurant. Il ne s'agit pas d'un amour passif, ou de sensibilité ou d'émotion, il est un choix, une décision, il nous décentre de nous-mêmes, il engage notre volonté libre et responsable, et toute notre existence. Nous sommes créés pour vivre en cet amour. Les époux le reçoivent et se le donnent l'un à l'autre, il se bâtit en toute communauté sur le fondement de la foi, le socle de l'humilité et du service, il se vit dans le pardon sans limite, le respect de chaque personne et la délicate et attentive charité fraternelle qui construit la communauté de vie. Jésus nous en a fait commandement pour notre bonheur et notre liberté. Nous ne pouvons le vivre qu'en acceptant et recevant du Christ notre croix de chaque jour pour nous configurer à lui dans le don de nous-mêmes. C'est cet amour à accueillir et à vivre et auquel nous communions qu'il nous faut porter non pas en serviteurs, mais en amitié avec celui qui nous envoie, en notre témoignage de fidélité, de reconnaissance de paix et de joie.

 

Ascension B

Lectures :

Livre des Actes des Apôtres 1,1-11.

Psaume 47(46),2-3.6-7.8-9.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1,17-23.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,15-20.

Commentaire du P Cérou :

Ascension du Seigneur ! L'Eglise est en fête. « Le Seigneur s'élève parmi les ovations, il s'élève aux éclats du cor - psaume - il s'élève au plus haut des cieux ». « Aujourd'hui Notre Seigneur Jésus-Christ est monté au ciel; que notre cœur y monte avec lui » ( St Augustin ). « II est descendu du ciel par miséricorde et lui seul y est monté., mais par sa grâce, nous aussi sommes montés en sa personne ». Nous célébrons la victoire du Christ mort, ressuscité, glorifié. « 11 s'était montré vivant après sa Passion ; il leur en avait donné bien des preuves ». Les disciples voudraient le retenir: « Est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël »? Il leur annonce leur mission, la naissance prochaine de l'Eglise, une présence nouvelle, et un nouvel état du monde : vous recevrez une force, celle de l'Esprit Saint qui viendra sur vous vous serez mes témoins pour toutes les nations. Son Ascension clôt le mystère de Pâques que St Jean et st Paul nous présentent comme l'exaltation et la glorification du crucifié « élevé dans îa gloire », et qui attire à lui tous les hommes ( Jn 12,32) « Dieu l'a exalté et lui a donné îe nom qui est au dessus de tout nom...afin que toute langue proclame : Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père ».
« II fut élevé au ciel », « ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux, dans la nuée ». C'est donc par le Père que le Christ est glorifié en son humanité : « entrée irréversible de son humanité dans la gloire, symbolisée par la nuée et par le ciel » C.B.C.659. Il n'y aura plus de nuée, qui dans la Bible, si souvent, révèle et dissimule à la fois la présence de Dieu à son peuple, sinon au dernier jour du monde où « ii reviendra dans la gloire sous les nuées du ciel et tous le verront ». Nous vivons de sa promesse et de l'espérance donnée aux disciples. Elevé dans la gloire, « il remplit l'univers » désormais présent à son Eglise comme autrefois dans la nuée qui accompagnait le peuple en marche vers la Terre Promise, et il demeure avec nous jusqu'à la fin selon sa promesse. C'est lui qui vient à nous en sa Parole, en son Eucharistie et dans les sacrements de l'Eglise, c'est lui encore qui construit son Eglise, à la suite des premiers disciples qui « s'en allèrent partout proclamer la Bonne Nouvelle, et le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient ». « II n'y a plus de ciel fermé : Dieu est accessible à l'homme : c'est à ce moment que le Fils de l'Homme fut réellement connu plus excellemment et plus saintement comme Fils de Dieu, étant entré dans la gloire de la majesté paternelle, il commença sous un mode nouveau — ineffable - à être présent par sa divinité, lui qui était devenu plus lointain par son humanité...c'est lorsque je serai monté vers mon Père que tu me toucheras plus parfaitement et plus véritablement » Cal Ratzinger
La fête de l'Ascension est, entre toutes, la fête de notre espérance. Non pas d'un espoir vague et incertain, mais bien, avec la foi et la charité un don spirituel, une vertu, une force et la certitude de foi par laquelle ce que nous vivrons dans l'éternité est déjà donné dans le temps. « L'ascension du Christ est notre propre élévation, et là où nous a précédée la gloire de la tête, là aussi est l'espérance du corps. Laissons éclater notre joie, bien-aimés. Aujourd'hui nous sommes déjà confirmés dans la possession du paradis, mais même nous avons pénétré avec le Christ dans les hauteurs des cieux » St Léon le Grand. « Je ne vois pas ce que j'aurai de plus après ma mort, que je n'aie déjà en cette vie. Je verrai le bon Dieu, c'est vrai, mais pour être avec lui, j'y suis déjà tout a fait sur la terre » Th. De Lisieux.
Comment rendre compte de l'espérance qui est en nous ? Nous vivons peut-être la mutation la plus importante de l'histoire humaine, un changement universel des modes de vie, une compénétration des cultures, une confrontation des civilisations. Le Christ nous a révélé notre identité spirituelle et notre destinée éternelle et il nous appelle non pas à regarder le ciel, mais à inscrire, dans le temps qui est le nôtre et dont nous disons qu'il est celui de la mondialisation, la Bonne Nouvelle de notre fraternité dans le Christ et de notre filiation avec Lui. Nous en sommes témoins. Chacun de nous est un don de Dieu pour ses frères en humanité que nous portons en notre prière universelle, autant que dans nos relations de proximité : « Soyez entre vous pleins d'humilité et de douceur, de patience, gardez l'unité de l'esprit par le lien de la paix ».
« Garde à ton peuple sa joie, Seigneur, toi qui refais ses forces et sa jeunesse. Tu nous a rendu la dignité d'enfants de Dieu, affermis nous dans l'espérance de la Résurrection » ( oraison pascale.)


7ème Dimanche TP B

Lectures :

Livre des Actes des Apôtres 1,15-17.20a.20c-26.

Psaume 103(102),1-2.11-12.19-20ab.

Première lettre de saint Jean 4,11-16.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,11b-19.

Commentaire du P Cérou :

« Entends notre prière Seigneur; nous croyons que le Sauveur des hommes est auprès de toi dans la gloire; fais que nous croyions aussi qu'il est encore avec nous jusqu'à la fin des temps comme il nous l'a promis » (Or.Ouv). Au lendemain de la fête de l'Ascension du Seigneur, l'Eglise se réjouit de l'élévation de son Seigneur exalté dans la gloire et nous vivons dans l'action de grâce : « Bénis le Seigneur ô mon âme, bénis son nom très saint tout mon être ! Le Seigneur a son trône dans les Cieux, sa royauté s'étend sur l'univers ». PS 102. En ces jours de préparation de la Pentecôte, nous nous disposons à accueillir la présence intérieure de l'Esprit selon les paroles du psaume qui ouvrent notre liturgie de ce jour : « écoute, Seigneur, je t'appelle...en mon coeur j'ai dit: je cherche ton visage, Seigneur je te cherche, ne détourne pas de moi ta face ». En cette attente, nous faisons mémoire de l'Eglise en prière, rassemblée au Cénacle avec Marie, gardant mémoire des promesses et des dernières paroles de Jésus. Accueillons les comme le testament spirituel du Seigneur qui demeure vivant parmi nous. Ses paroles du dernier repas s'adressent au Père, en même temps qu'à nous, et nous restons présents à sa prière sacerdotale.
Jésus demande d'abord au Père de garder les disciples qu'il lui a donnés et qu'il a reçus de lui, de les garder dans la fidélité, la fidélité à son Nom. Dieu nous a été révélé comme Père et nous avons été baptisés au Nom unique du Père du Fils et de l'Esprit. Notre unité est en lui. C'est l'ardente prière de Jésus: « Qu'ils soient un en nous ». Ee désir de Jésus c'est que nous restions avec lui Fils du Père dans la fidélité qui est la sienne: « Moi en eux, et eux en moi ». Jésus à cette heure, nous offre au Père comme un bien qu'il s'est acquis, pour que nous soyons en Lui « famille divine ». Et que ainsi, « ils aient en eux ma joie et qu'ils en soient comblés ».
« Ma joie ». La joie de Jésus, c'est son union au Père et elle est unique. C'est bien cette joie qui est la sienne qu'il nous a obtenue par son offrande et sa prière, et que personne ne peut nous ravir, dont il nous a fait le don. II nous faut la protéger. Ce qui peut la détruire, c'est l'égoïsme. « La joie que le Christ veut diffuser dans le monde, c'est la joie de la foi en Lui, de la vérité qui se communique à travers Lui » B.XVI. « Jésus-Christ, plénitude de la vérité attire à Lui le coeur de chaque homme, le dilate et le comble de joie, une joie qui agrandit les dimensions de l'âme humaine en la libérant des angoisses de l'égoïsme. C'est l'expérience de cette joie qui attire l'homme vers une libre adoration non en se prosternant, mais en inclinant son cœur, face à la vérité qu'il a rencontrée » Id. Véritas !
Jésus prie pour que nous soyons consacrés, sanctifiés dans la vérité. Non seulement façonnés par elle selon nos moyens, « enracinés dans la vérité », mais en union avec Lui, à sa ressemblance et comme en identification à son humanité offerte jusqu'à la perfection de l'amour, par le don de sa vie, « rendu parfait par son obéissance jusque dans la mort (He ). Et nous communions au Corps et au Sang du Christ pour avoir part à la sainteté de Dieu dont il nous fait le don. Jésus qui va quitter ses disciples est bien davantage avec eux en son Esprit: « nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous » L.2
C'est par ces mots très simples que Jean le disciple exprime sa foi et la foi de la communauté où il vit. Nous avons cru à l'amour de Dieu tel qu'il nous a été révélé et manifesté par Jésus et nous pouvons, animés de l'Esprit qu'il nous donne l'incarner, le vivre jour après joui" en nos relations humaines familiales, sociales et fraternelles. Croire en l'amour et y demeurer, « C'est ainsi que le chrétien peut exprimer le choix fondamental de sa vie » B. XVI. Choix décisif « qui devient possible parce qu'il n'est pas seulement une exigence », mais le don que Jésus fait aux disciples qui l'accueillent en l'Esprit qui nous est donné.
Le Seigneur ne peut nous faire le commandement de l'amour que parce qu'il nous en fait le don et nous y communions. Libres et désolidarisés de tout ce qu'inspiré le « Mauvais »: envie, jalousie, idolâtrie de la richesse et du pouvoir et tout ce qu'inspiré une publicité mondaine envahissante. Aujourd'hui, le Seigneur qui a prié pour Pierre, Jacques, Jean et Judas prie le Père pour nous. Que son Esprit demeure en nous pour ne rien préférer à Jésus Christ, chemin de vie et de vérité. Nous communions à sa vie, à son Corps, à son Sang. « II prie pour nous parce qu'il est notre prêtre, il prie en nous, avec nous parce qu'il est notre tête et notre frère » St Augustin. Et nous entrons maintenant en son Eucharistie.


Pentecôte B

Lectures :

Livre des Actes des Apôtres 2,1-11.

Psaume 104(103),1ab.24ac.29bc-30.31.34.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,16-25.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,26-27.16,12-15.

Commentaire du P Cérou :


Pentecôte ! « L'Esprit du Seigneur remplit l'univers, et lui qui englobe toute chose se fait comprendre de toutes les langues » (Ant. D'ouverture) Cinquante jours après la Pâque juive qui célèbre la sortie d'Egypte, on fait mémoire du don de la loi fait à Moïse sur le Sinaï. C'est aussi la fête des moissons : fête populaire d'action de grâce pour les bienfaits de la terre. La révélation et la manifestation de l'Esprit Saint est au cœur du mystère de ce jour : cf :les trois lectures. Pour nous, chrétiens, le temps pascal- une semaine de semaines- figure que le temps que nous vivons est déjà un présent d'éternité. La Pentecôte est l'octave de Pâques et son achèvement, son déploiement dans le temps qui fait de toute vie humaine, semaine après semaine, dimanche après dimanche, une liturgie pascale. « L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par son Esprit ( 2ème antienne d'ouverture ). La loi écrite dans les cœurs se vit dans toutes les langues pour construire l'unité et la fraternité universelles. La Pentecôte est la fête de la naissance de l'Eglise qui inaugure la mission que le Christ confie aux disciples pour la suite des siècles.
Les paroles de Jésus aux disciples du Cénacle sont pour nous aujourd'hui. Après trois ans de compagnonnage, Jésus va les quitter. Ils sont désemparés. Il les rassure : - « je ne vous laisserai pas orphelins ».- « Je vous enverrai, d'auprès du Père l'Esprit de vérité qui procède du Père ». Qui est cet Esprit? Jésus l'annonce comme une personne puisqu'il procède du Père lui-même et le nomme « Défenseur, Esprit de vérité » II leur révèle sa mission : il sera toujours avec eux, îl rendra témoignage à la vérité de Jésus qui a été condamné injustement : « il me glorifiera» : la croix : sommet de la glorification II confirmera le témoignage des disciples : « vous aussi vous me rendrez témoignage ».Enfin, sa mission n'est pas d'un moment et ne remplace pas le témoignage des disciples de tous les temps, mais l'accompagne : « il vous guidera vers la vérité tout entière ». Il n'y aura pas de nouvelle révélation. Il faudra se garder des faux prophètes qui ne manqueront pas., mais tout est dit par Jésus de la part du Père : « il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître » « Connaître » ! Un mot cher à St Jean : il s'agit d'une connaissance concrète de l'événement pascal qui se reçoit dans l'intelligence du cœur et que nous reconnaissons et proclamons comme « mystère de la foi ». L'Esprit qui a engendré le Verbe en Marie achève son Incarnation dans l'histoire des hommes, il nous achemine à la foi, nous conduit dans l'espérance et nous informe dans la charité. Il est à la fois une force intérieure qui nous unit intimement, personnellement au mystère du Christ et le souffle vivant qui conduit l'Eglise, siècle après siècle en sa marche terrestre. Aujourd'hui.
C'est sans doute au même Cénacle que les disciples son ensemble, en prière, « avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus ». et « soudain », « vint du ciel, un bruit pareil à celui d'un coup de vent et toute la maison où ils se tenaient en fut remplie ». « l'Esprit du Seigneur qui emplit l'univers » (ouverture) se révèle sous trois signes : le vent violent, le feu et les langues de feu. Et les disciples, renouvelés proclament avec force et sans crainte les merveilles de Dieu. Après le vent, - souffle = Esprit ; deuxième signe : le feu. Le désir de Jésus s'accomplit à cette première heure de l'Eglise : « Je suis venu allumer un feu en ce monde et combien j'ai hâte qu'il brûle ». Et « ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et se posait sur chacun d'eux ». « Alors, tous iurent remplis de l'Esprit Saint ». Et les paroles des Apôtres ne sont pas un discours soigneusement préparé au Cénacle, mais bien « un langage nouveau » compris par toutes les Nations qui sont sous le ciel, avec la proclamation des « merveilles de Dieu ». La Pentecôte, c'est l'Esprit au cœur de l'Eglise. Elle se continue pour nous, partout dans le monde, et ici même à Lourdes, comment ne pas évoquer tous ceux qui l'entendent en leur langue maternelle et depuis ce 11 février 1858 où Bernadette raconte : « je commençais à me déchausser ; à peine si j'avais ôté le premier bas, j'entendis un bruit comme si c'eut été un coup de vent ».Plus tard, ce sera cierge allumé au début d'une apparition continuera à brûler jusqu'au creux de sa main, sans qu'elle s'en aperçoive. Aujourd'hui.
« Vivez sous la conduite de l'Esprit Saint » « L'Esprit est votre vie laissez vous conduire par l'esprit ». Cf devise de notre Evêque) St Paul nous provoque à un examen de conscience intime: « Qu'avons-nous fait de la joie » ? Avec la paix, elle est le don fait aux disciples du soir pascal comme le fruit de l'amour répandu en nos cœurs. Viens Esprit Saint en nos cœurs pour vivre en notre union au Christ : « patience, bonté, bienveillance, fidélité, humilité, douceur et maîtrise de soi ».

 

Assomption de Marie B

Lectures :


Commentaire du

Toussaint B

Lectures :


Commentaire du P Cérou :

La fête de ce jour est celle de la communion des Saints, la plénitude de la vie de Dieu. C'est la fête et l'annonce et l'anticipation de notre espérance, la fête des élus de Dieu dont nous sommes en notre temps, en union avec tous ceux qui sont nous dans la gloire de Dieu, « Tous ensemble, nous célébrons ce jour de fête en l'honneur des » : ils sont notre de la terre et du ciel. Laissons nous par la Parole de Dieu. La vision de Jean le grand livre de l'Apocalypse nous dévoile le vrai de la Création et de l'histoire humaine en son terme, son achèvement. Il nous est dit le nombre de qui du : c'est tout le d'Israël les 12 tribus (12 X 12 X 1000 ), dont les 144,000 l'innombrable, la la réussite du projet de Dieu pour le peuple de la Alliance, témoin pour les nations du Salut de Dieu. Dieu n'est pas déçu par son : il a rempli sa mission. Il a révélé la miséricorde et le projet de Dieu pour son peuple et les nations. Mais voici un nouveau. A ce de la première Alliance s'adjoint la foule de les nations, et associés à la victoire de l'Agneau vainqueur. C'est Lui qui a subi la « grande épreuve » et par qui est donné le qui de Dieu. Et les Anges qui Dieu, s'associent toute l'humanité des vivants « en la cité du ciel » ( préface) pour l'unique action de à Dieu et à l'Agneau, pour le salut « qui est donné », — foule de ceux qui Dieu - que le Christ s'est en son Incarnation et sa Passion, et qui ont été « purifiés par le sang de l'Agneau ». Les qui vision du des élus, et de futur, nous sur où le Verbe de Dieu est vivre en
« Voyez comme il est l'amour le a comblés ». Comment traduire ? Un si amour, « hors de ce », au mot à « de quelle », ou mieux « de quel pays », dont il nous est fait le don, en et par « nous de Dieu » et nous le avec le Fils unique, né de Dieu « qui ne pas de
ses ». Heb. Il y a donc dès çn nous ce trésor inouï, caché de la grâce divine qui manifesté « lorsque le fils de Dieu et que'nous à Lui en le voyant tel qu'il est » à en et « purs, lui-même est pur ». La n'est pas pour que nous en ce n'est pas ou la perfection morale, le don de l'amour « nous », et « en nos cœurs par l'Esprit qui a été ». C'est le don de Dieu. Et c'est l'espérance qui nous fera traverser, à la des de tous les et des martyrs, les de la vie qui nous associent à la croix du Christ et à sa victoire. L'espérance. de 40 fois il en est les de St Paul : « de la gloire » « qui doit être en », « des biens à venir », « qui ne pas », « ». dont il est question fois en St Jean, et qui est « de devenir à Lui, le Fils de Dieu, nous le verrons tel qu'il est ». Que nous de et de joie.
Nous aujourd'hui ces disciples que Jésus veut comme autrefois sur la montagne. le pour recevoir de Dieu les de la loi. « Jésus ouvrit la bouche » pour un nouveau Aucune ici. Les ne pas un souhait, ou une II n'est pas dit au des : « la justice »... Elles le don de Jésus qui est là, à heure, et qui fait corps avec les disciples qui f écoutent et le en nouvelle qu'il renouvelle en sa Personne. Les le visage du Christ pauvre doux et de cœur, et persécuté pour la justice, la vocation des qui, en le lui et avec Lui « Fils de Dieu ». Jésus n'annonce pas que les pauvres deviendront riches ou que les doux le pouvoir, il le de l'homme et le guérir, lui révéler le Véritable du qui la aux pacifiques, la consolation à qui pour la justice, la divine à qui Les l'humilité du quotidien de la condition humaine, unie à de Jésus, lui-même est uni au Père, disent la vérité de l'homme en et au de Dieu, dès à sa vie qui est dès vie Elles nous nous à des choix « ne rien préférer à Jésus-Christ », elles unissent la les de volonté...

 

 

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